jeudi 4 juin 2026

ToPeSA et la réconciliation nationale : vérité, mémoire et guérison au coeur du Congo nouveau

ToPeSA et la réconciliation nationale : vérité, mémoire et guérison au cœur du Congo nouveau

Quand la reconstruction de l’État rencontre le devoir de mémoire et la guérison des consciences

Alors que la réflexion autour de ToPeSA continue de susciter de nombreuses réactions à travers le pays, un colonel-major a souhaité enrichir le débat en attirant l’attention sur une dimension souvent négligée des processus de réconciliation : la mémoire collective et la guérison spirituelle. Cette contribution ouvre une réflexion essentielle sur la place de la vérité, du deuil et de la réparation dans la reconstruction du Congo. En réponse, je rappelle que ToPeSA entend précisément créer les conditions institutionnelles et politiques permettant à la nation de se réconcilier durablement avec elle-même.

Une nation ne se reconstruit durablement qu’en regardant son histoire en face et en réparant les blessures de son peuple

Une réflexion qui dépasse les clivages

Les réactions affluent de toutes parts à la suite de la présentation de la vision portée par ToPeSA, notamment celle d’un colonel-major qui connaît particulièrement bien le système qui sévit au Congo.

Cela démontre qu’au-delà des sensibilités, des appartenances et des origines, les Congolaises et les Congolais demeurent profondément préoccupés par les conséquences des actes qui ont été posés au cours de notre histoire récente.

Désormais, il ne suffit plus d’affirmer : « J’assume tout » de la Conférence nationale souveraine de 1991, sans préciser ce qui est réellement assumé. Il ne peut davantage être question de considérer que le pardon accordé à un ministre violent envers son épouse ou, dans d’autres circonstances, à l’occasion de détournements de fonds publics, efface les responsabilités ou dispense de réparer les préjudices causés.

Le pardon a sa place dans la vie des hommes. Il contribue parfois à apaiser les consciences. Mais il ne saurait se substituer à la vérité, à la justice, à la responsabilité et à la réparation.

Reconnaître les souffrances pour reconstruire la nation

La question qui se pose aujourd’hui est celle de la reconnaissance des souffrances endurées par les populations.

Il ne s’agit ni d’excuses de circonstance ni d’actes symboliques destinés à tourner une page sans l’avoir lue. Il s’agit de reconnaître le mal qui a été fait afin d’engager un véritable processus de guérison, de résilience et de reconstruction nationale.

C’est précisément l’ambition de ToPeSA :

  • Reconstruire la République ;
  • Guérir la population ;
  • Stimuler la jeunesse ;
  • Développer les régions ;
  • Permettre au Congo d’assumer pleinement son ambition africaine, notamment dans la construction du marché intérieur de l’Afrique centrale.

Une contribution qui interpelle toute la nation

Ci-dessous, je reproduis in extenso le texte par lequel j’ai été une nouvelle fois interpellé. J’ai fait le choix de le rendre public parce qu’en réalité, ce message ne s’adresse pas seulement à une personne, mais à l’ensemble des Congolaises et des Congolais.

Je vous remercie de le lire avec toute l’attention qu’il mérite, car il touche à l’essentiel : notre mémoire collective, notre capacité à nous réconcilier et notre volonté de reconstruire durablement le vivre-ensemble.

Texte reçu d’un colonel-major le 02 juin 2026 à 13h36

« Contribution complémentaire à la réflexion de ToPeSA : la dimension spirituelle et mémorielle de la réconciliation nationale

Je salue la profondeur de l’analyse présentée par le Président Modeste Boukadia à travers ToPeSA. Toutefois, il me semble qu’un aspect fondamental mérite d’être davantage mis en lumière : la dimension spirituelle de la réconciliation nationale ainsi que le traumatisme collectif subi par le peuple congolais au cours de son histoire récente.

En effet, les différentes guerres fratricides qui ont endeuillé notre pays ont laissé des blessures profondes dans les cœurs, les familles et les communautés. Des milliers de Congolais ont perdu des êtres chers sans avoir véritablement accompli le travail du deuil. Beaucoup portent encore en eux des souffrances silencieuses, des rancœurs et des blessures non cicatrisées.

Une véritable reconstruction nationale ne peut se limiter aux dimensions politiques, institutionnelles ou économiques. Elle doit également passer par une guérison intérieure de la nation.

Cette guérison exige :

  • La reconnaissance des souffrances vécues par les populations ;
  • Un devoir de vérité sur les événements douloureux de notre histoire ;
  • Une démarche sincère de pardon et de repentance de la part des acteurs politiques qui ont exercé des responsabilités dans la conduite du pays ;
  • La réhabilitation de la mémoire nationale.

À cet égard, il est nécessaire de revisiter notre histoire afin de rendre justice à la mémoire de plusieurs grandes figures nationales dont les circonstances de disparition continuent d’interroger la conscience collective.

Comment construire une nation réconciliée lorsque certains de nos dirigeants historiques ne reposent pas encore dans des sépultures dignes de leur rang et de leur contribution à la République ?

Je pense notamment à Fulbert Youlou, premier Président du Congo, dont la mémoire continue d’appeler une reconnaissance nationale à la hauteur de son rôle historique.

Je pense également à Émile Biayenda, figure spirituelle majeure de notre pays, ainsi qu’à Alphonse Massamba-Débat et à d’autres personnalités dont les familles et la nation entière aspirent encore à connaître pleinement la vérité sur leur destin.

La réconciliation nationale suppose aussi une réconciliation avec notre mémoire collective.

Une nation guérit lorsqu’elle honore ses morts.

Une nation se relève lorsqu’elle assume toute son histoire.

Une nation se fortifie lorsqu’elle transforme ses blessures en leçons pour les générations futures.

Ainsi, la reconstruction du Congo nouveau devra s’appuyer sur quatre piliers :

  • La vérité ;
  • Le pardon ;
  • La justice mémorielle ;
  • La guérison spirituelle et psychologique du peuple.

Car il ne suffit pas de réconcilier les institutions ; il faut également réconcilier les consciences.

Le Congo a besoin non seulement d’une renaissance politique, mais aussi d’une renaissance morale et spirituelle.

C’est à cette condition que pourra émerger une nation véritablement unie, apaisée et réconciliée avec ELLE-MÊME. Nous continuons la réflexion tout en restant convaincus des lendemains meilleurs.

Dieu bénisse le Congo et tous les enfants de la République. »

Ma réponse à cette interpellation

Colonel-major,

L’aspect spirituel et mémoriel de la réconciliation nationale n’a nullement été relégué au second plan dans la réflexion portée par ToPeSA. Il s’inscrit naturellement dans la vision d’ensemble du projet, qui place toutefois au premier rang le processus devant permettre au pays de recouvrer l’autorité de l’État et de restaurer les institutions de la République.

Restaurer l’État pour restaurer la confiance

Sans État véritablement républicain, il est difficile de garantir la vérité, la justice et la réparation auxquelles aspire légitimement notre peuple.

De la même manière, le dédommagement des victimes innocentes participera au travail de deuil que tant de familles n’ont jamais pu accomplir après la perte de leurs proches.

Vous avez cité plusieurs figures illustres de notre histoire nationale. Elles méritent naturellement toute l’attention de la nation. Mais elles ne sont pas les seules.

Sur l’ensemble du territoire, de nombreuses femmes et de nombreux hommes ont marqué l’histoire de leurs communautés et de notre pays. Il appartiendra aux historiens, aux chercheurs et aux institutions compétentes d’en établir l’inventaire et d’en préserver la mémoire.

Une démarche politique au service de la réconciliation

Comme vous le savez, je ne suis ni historien ni juriste. Ma contribution se situe sur le terrain politique. Elle consiste à proposer des solutions susceptibles de permettre au Congo de se réconcilier avec lui-même, de restaurer le vivre-ensemble, de renforcer le respect mutuel entre les citoyens et de garantir que la loi protège effectivement les plus vulnérables, notamment l’enfant et la femme, parce qu’il s’agit avant tout de protéger l’avenir.

La mémoire, la vérité, la justice et la réparation ne s’opposent pas à la reconstruction de l’État ; elles en constituent au contraire les fondations les plus solides. Car une nation ne peut se projeter sereinement vers l’avenir qu’après avoir regardé son histoire avec lucidité et assumé collectivement les enseignements qui en découlent.

ToPeSA, le pont vers le Congo nouveau

Plus que jamais,

ToPeSA est l’Après.

ToPeSA est la voie pour la restauration de l’État.

ToPeSA est le pont vers le Congo nouveau.

ToPeSA

Modeste Boukadia
Président du CDRC – Une Nation Pour Tous
Initiateur de ToPeSA

Le 04 juin 2026 – 13h16

L'abrogation du "Code Noir" en France

 Abrogation du "Code Noir" en France. Près de 200 ans après l'abolition de l'esclavage et cette loi était toujours en vigueur sur tout le territoire français...



 

mardi 2 juin 2026

ToPeSA : "Baninga bo yaka" pour le Congo, l'unité nationale et la paix entre tous les enfants de la République

 

ToPeSA : « Baninga bo yaka to solola » pour le Congo, l’unité nationale et la paix entre tous les enfants de la République

ToPeSA : « Baninga bo yaka to solola » pour le Congo, l’unité nationale et la paix entre tous les enfants de la République

« Baninga bo yaka to solola » : venez que nous parlions du Congo. À travers le message d’un compatriote qui interpelle ToPeSA sur les conditions d’une véritable réconciliation nationale, cette réflexion ouvre un débat fondamental sur l’avenir du pays. Comment restaurer la confiance entre les Congolais, réconcilier les régions, reconstruire la République et faire du Congo une nation où nul ne craindra plus son voisin ? Une contribution à l’union nationale pour l’unité, la paix et le vivre-ensemble.

I. La mémoire du Congo qui rassemblait

Mes chères compatriotes,

Mes chers compatriotes,

« Baninga bo yaka to solola » (Chers amis, venez que nous échangions).

Cette invitation de Samba Ngo dans Mi Mvuka résonne aujourd’hui avec une force particulière.

Au Congo, il fut un temps où nous nous retrouvions avec fierté à l’occasion de la Semaine culturelle pour partager ce qui nous unissait à travers nos différentes cultures, lesquelles constituaient notre richesse nationale.

Nous étions fiers de nos traditions, de nos danses, de nos langues, de nos chants et de nos histoires.

À cette époque, les attributs culturels n’étaient ni des instruments de domination politique ni des symboles de pouvoir destinés à impressionner ou à exclure l’autre. Ils étaient l’expression naturelle de ce que nous étions et de ce que nos ancêtres nous avaient transmis.

La Semaine culturelle était le rendez-vous de la rencontre.

La rencontre des cultures.

La rencontre des régions.

La rencontre des générations.

La rencontre de la nation avec elle-même.

Chacun s’y reconnaissait.

Chacun s’y projetait.

Chacun y trouvait sa place.

C’était l’un des visages les plus beaux du vivre-ensemble congolais.

II. L’interpellation d’un compatriote

C’est dans cet esprit que j’ai reçu le message d’un compatriote, une véritable bibliothèque de chez nous, dont la réflexion mérite d’être entendue par toutes et tous.

Ce message exprime avec sincérité une inquiétude profonde, mais aussi une attente forte de reconstruction nationale.

Le voici :

« Bonjour mon cher compatriote. Merci pour ces partages qui éclairent notre chemin. Le Congo, pays géré par ceux qui semblent avoir le parjure dans l’ADN, tant au plan des traditions congolaises — toutes jumelles parce que fondées sur le bon sens — et des valeurs qui nous furent imposées, bien qu’elles rejoignent souvent les traditions, religions et spiritualités africaines. Comment sortir de là sans nous remettre courageusement en cause ?

Les maçons tuent, mentent et volent, détruisant les fondamentaux de la nation et du vivre-ensemble. Les initiés dans les diverses spiritualités congolaises renient leurs engagements tout en allant se pavaner de manière ostentatoire avec en mains les balais, les queues de buffles et d’éléphants.

Ces hommes et ces femmes ont-ils réellement à cœur le souci de rendre heureux tous les Congolais ?

Que demander à Dieu : un déluge ?

ToPeSA, discours de réconciliation, a-t-il un vrai cheval ou, disons, une réflexion réelle sur la remise à plat pour la reconstruction d’un Congo nouveau dans lequel nous n’aurons plus peur du voisin et où chaque Congolaise et chaque Congolais pourra faire le choix de la région où il lui plaira de bâtir sa vie ?

Une réflexion pointue dans ce sens nous éviterait des débats inutiles et retardataires.

ToPeSA. »

(Message reçu le 1er juin 2026 à 15h07)

III. Le constat : les blessures de la nation

À cette interpellation profonde, j’ai répondu que je souhaitais apporter une réponse publique.

Parce qu’au-delà des mots, cette question rejoint les attentes de nombreuses Congolaises et de nombreux Congolais.

Elle exprime une inquiétude réelle.

Elle traduit également une fatigue collective face aux blessures accumulées, aux promesses non tenues, aux divisions entretenues et à l’affaiblissement progressif de ce qui faisait autrefois la solidité morale de notre nation.

Beaucoup ressentent aujourd’hui que les repères ont été brouillés.

Que la parole publique a perdu de sa force.

Que la confiance entre citoyens a été fragilisée, parfois même rompue.

Cette réalité doit être entendue avec sérieux, respect et humilité.

Mais notre responsabilité collective n’est pas de demeurer prisonniers de la désillusion.

Notre responsabilité est de transformer cette lucidité en une force de reconstruction.

Car aucune nation ne se relève durablement dans le déni.

Aucune nation ne progresse dans la peur.

Aucune nation ne se construit contre elle-même.

IV. La réponse de ToPeSA : réconcilier pour reconstruire

Oui, cette réflexion est au cœur de ToPeSA.

Parce que ToPeSA n’est pas seulement un discours politique.

ToPeSA porte une vision.

Une vision de réconciliation nationale.

Une vision de confiance retrouvée.

Une vision de reconstruction d’un Congo apaisé, juste et uni.

Le Congo appartient à toutes les Congolaises et à tous les Congolais.

Il n’appartient ni à une région, ni à une ethnie, ni à un clan, et encore moins à une famille.

Il est notre maison commune.

Notre héritage commun.

Notre responsabilité commune.

La remise à plat évoquée par notre compatriote est nécessaire.

Elle exige de regarder notre histoire avec lucidité et courage.

Elle exige de reconnaître avec sincérité ce qui a blessé notre nation : les injustices, les exclusions, les peurs entretenues entre compatriotes, l’instrumentalisation des appartenances régionales, la concentration du pouvoir et l’éloignement progressif de l’État de sa mission républicaine.

Mais cette remise à plat doit avant tout rassurer.

Rassurer le peuple, c’est garantir à chaque citoyenne et à chaque citoyen qu’il bénéficiera partout au Congo des mêmes droits, de la même protection et de la même dignité.

Rassurer les régions, c’est reconnaître leur place, leur histoire et leur contribution, tout en donnant à chacune la certitude qu’elle ne sera ni oubliée ni marginalisée.

Aucune région ne sera au-dessus des autres.

Toutes les régions sont complémentaires.

Toutes participent à l’histoire nationale.

Toutes participent à la construction de l’avenir commun.

Rassurer la République, c’est reconstruire des institutions crédibles, impartiales et protectrices au service de la nation tout entière.

La réconciliation telle que ToPeSA la projette n’est ni un oubli du passé ni un arrangement de circonstance.

C’est un pacte national nouveau fondé sur la confiance retrouvée.

Un Congo où l’on ne regarde plus son compatriote à travers son origine mais à travers sa citoyenneté.

Un Congo où l’on peut naître au Nord, bâtir sa vie au Sud, entreprendre à l’Ouest, étudier au Centre ou à l’Est sans peur, sans suspicion et avec la même considération partout.

Un Congo où chaque famille sait que cette terre nationale lui appartient pleinement.

Un Congo où la diversité cesse d’être un motif de division pour devenir une richesse au service de l’unité nationale.

Parce qu’au fond, la vraie question est celle-ci :

Comment faire du Congo un pays où chaque Congolaise et chaque Congolais se sent chez soi partout sur le territoire national, protégé par la République, respecté par ses compatriotes et confiant dans l’avenir ?

C’est à cette question que ToPeSA répond :

• Le peuple congolais mérite cette paix intérieure.

• Les régions méritent cette considération.

• La République mérite d’être pleinement rétablie dans sa vocation : protéger, unir et garantir à chacune et à chacun la liberté de vivre partout au Congo dans la sécurité, la dignité et la quiétude.

C’est dans cet esprit que ToPeSA avance :

Avec lucidité.

Avec responsabilité.

Avec fermeté.

Mais surtout avec la volonté sincère de réconcilier pour reconstruire durablement notre avenir commun.

Pour le Congo.

Pour l’unité nationale.

Pour la paix entre tous les enfants de la République.

ToPeSA.

Modeste Boukadia
Président du CDRC – Une Nation Pour Tous
Initiateur de ToPeSA

Le 2 juin 2026 – 08h57

vendredi 22 mai 2026

Congo : la dette tous azimuts

 
Photo: Christian Yoka : une économie criblée de dette

Flambeur

La météo financière est loin d’être maussade en dépit des clignotants alarmants. Elle est clémente et bienveillante dans un pays frappé par un asséchement financier. Des millions de dollars, «  en veux-tu, en voilà ».

Congo à gogo

Sassou-Makosso-Yoka ne s’en prive pas. Le triumvirat s’en donne à cœur joie. Une pluie de dollars s’abat sur le Congo-Brazzaville. Une montagne de dollars s’amoncelle et ça ne s’arrête pas. A cette allure, la montagne de la dette va devenir rapidement raide voire insurmontable. Quand le chemin d’avenir croise le chemin de la dette, c’est la foire aux millions de dollars. Citigroup, la banque d’affaires chargée de lever les fonds pour le compte du Congo-Brazzaville s’en met plein les poches et, avec elle de multitudes d’intermédiaires qui gravitent autour du clan Sassou.

À Brazzaville, le ministère des Finances sous la houlette de Christian Yoka a annoncé, mercredi 20 mai 2026, le succès d’une nouvelle émission d’obligations internationales de 850 millions de dollars, à échéance 2036. L’opération, assortie d’un coupon de 9,5 %, a attiré une demande dépassant 1,6 milliard de dollars, soit près du double du montant proposé.

Débiteur insolvable

Selon le rapport de surveillance de la Banque mondiale publié en juin 2025, le Congo demeure formellement «  en situation de surendettement  » au sens du FMI, même si l’institution juge la dette « viable ». Brazzaville a sollicité en avril 2026 un nouveau programme de financement auprès du Fonds, après la clôture en mars 2026 d’un précédent accord triennal au titre de la Facilité élargie de crédit, qui avait permis le décaissement de 430 millions de dollars. Entre la fin de l’année 2025 et les cinq premiers mois de l’année 2026, le Congo-Brazzaville a levé plus de 1500 millions de dollars sur le marché financier international. La qualité de la dépense n’est pas au rendez-vous. « Il faut soigner la qualité de la signature du Congo, car on a eu des défauts de paiement envers les créanciers  », rappelait Alphonse Ndongo, journaliste congolais spécialiste des questions économiques, sur l’antenne de RFI en janvier 2025, au moment de la nomination de Christian Yoka.

Frénésie boulimique

La réduction du train de vie de l’Etat se fait attendre ; la digitalisation et la numérisation des régies financières aussi. Le Congo-Brazzaville reste classé en catégorie spéculative. Fitch a maintenu sa note à CCC+ le 20 février 2026, tout comme Standard & Poor’s en janvier 2026. Les deux agences de notation soulignent la vulnérabilité d’une économie où les hydrocarbures représentent encore plus de 80 % des recettes d’exportation, selon les données du Fonds monétaire international FMI (Agence Ecofin, 21 mai 2026). La dette publique a atteint 97,2 % du produit intérieur brut (PIB) fin 2025, frôlant le seuil de 100 %, et reste largement au-dessus du plafond de 70 % fixé par les critères de convergence de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC). Jusqu’où ira cette frénésie de la dette qui s’apparente à une stratégie de la terre brûlée ? Alors que Denis Sassou Nguesso a pour le moment cherché à minimiser les effets de l’endettement dans le pays, le khalife d’Oyo orchestrerait alors au contraire une véritable mobilisation politique en faveur de son bilan. L’économie du Congo -Brazzaville n’a pas fini de souffrir de quarante années de gouvernance de Denis Sassou Nguesso.

Benjamin BILOMBOT BITADYS

Un ministre de la République ne devrait pas parler ainsi

 


Un ministre de la République ne devrait pas parler ainsi.
 
Le Congo-Brazzaville demeure, hélas, le royaume des paradoxes.

Un pays où les engagements solennels sont régulièrement reniés, où la parole publique perd de sa valeur, et où les promesses faites au peuple comme à la communauté internationale se dissolvent dans les méandres d’une gouvernance sans responsabilité.
 
Du scandale des 14 000 milliards de francs CFA hypothéquant l’avenir des générations futures à l’opacité persistante entourant la dette publique, notre nation semble s’enfoncer chaque jour davantage dans une crise morale, politique, sociale et institutionnelle profonde. La coupe déborde, et c’est désormais l’image même du Congo qui se retrouve éclaboussée.
 
Il y a quelques jours encore, un chef d’État dénonçait les réseaux sociaux, accusés de vouloir se substituer aux institutions et de devenir les nouveaux tribunaux populaires. Pourtant, à travers le monde, ces plateformes traduisent surtout l’exaspération des peuples face à la mauvaise gouvernance, à la confiscation des libertés publiques et à la gestion opaque des ressources nationales.
 
Ironie du sort, c’est précisément sur ces mêmes réseaux sociaux qu’une affaire impliquant un ministre de la République congolaise a éclaté au grand jour, suscitant émotion, indignation et interrogations au sein de l’opinion nationale et internationale.
 
Qu’il soit clair, nous ne nous érigeons ni en procureurs de vertu ni en juges. Cette affaire relève, à ce stade, de la sphère privée et seule la justice, si elle venait à être saisie, serait habilitée à établir des responsabilités. Le respect de la présomption d’innocence doit demeurer un principe intangible dans tout État de droit digne de ce nom.
 
Cependant, le gouvernement congolais, pourtant si prompt à dénoncer les réseaux sociaux lorsqu’ils critiquent sa gouvernance, n’a pas hésité cette fois à s’engouffrer dans la brèche médiatique en instruisant le ministre de la Justice d’ouvrir des investigations sur une affaire essentiellement privée, au seul motif qu’elle concerne un membre du gouvernement.
 
Sous d’autres cieux, dans des démocraties attachées à l’éthique publique et à l’exemplarité des responsables politiques, le ministre concerné aurait probablement choisi de se mettre en retrait, ne serait-ce que pour préserver la dignité des institutions et permettre à la justice de travailler sereinement si une plainte venait à être déposée.
 
Mais au Congo-Brazzaville, la culture de la responsabilité politique semble avoir disparu depuis longtemps.
 
À la place, nous avons assisté à une déclaration d’excuses publiques du ministre concerné. Un geste certes honorable sur le plan humain, mais politiquement maladroit dans sa formulation et révélateur d’une conception profondément féodale du pouvoir.
 
Le passage le plus troublant demeure celui dans lequel le ministre présente « ses excuses les plus respectueuses et sincères à Son Excellence Monsieur le Président de la République ainsi qu’à Madame la Première Dame » et leur demande pardon pour « la gêne occasionnée ». Ces mots posent un problème de fond. Ils ne traduisent pas l’attitude d’un responsable politique, chef de parti, redevable devant le peuple et les institutions de la République, mais celle d’un subordonné implorant l’indulgence d’une autorité familiale ou monarchique.
 
Dans une République moderne, un ministre répond d’abord devant la nation, devant la loi et devant le peuple, non devant une famille régnante.
 
Par ailleurs, le ministre n’avait nul besoin de s’épancher publiquement sur sa vie privée. En politique, le silence, la retenue et la dignité constituent parfois les meilleures réponses face à l’emballement médiatique. Comme le roseau, il faut savoir plier sous la tempête sans se briser. Qui s’excuse s’accuse !

Cette affaire, bien qu’intime dans sa nature, agit finalement comme un révélateur du mode de gouvernance qui prévaut dans notre pays, une gestion clanique du pouvoir, où les liens personnels, familiaux et les fidélités de cour prennent trop souvent le pas sur la compétence, la responsabilité et l’intérêt général.
 
Nous l’avions déjà souligné, le fonctionnement actuel de l’État congolais donne parfois le sentiment d’une République administrée comme une affaire de famille, où les héritiers politiques des anciens compagnons du régime sont propulsés aux responsabilités sous le regard bienveillant d’un système verrouillé.
 
Dans ce contexte, les dérives deviennent la norme, l’injustice remplace l’équité, les passe-droits supplantent le mérite, la gabegie financière prospère tandis que les droits fondamentaux reculent.
 
Les explications du ministre, aussi sincères puissent-elles paraître, restent en deçà de l’exigence morale que le peuple est en droit d’attendre d’un homme d’État. Car lorsqu’un responsable public vacille, ce n’est pas seulement son image personnelle qui est atteinte, c’est aussi la crédibilité des institutions qu’il incarne qui se trouve fragilisée.
 
Nous ne ferons donc pas le procès d’un homme. Mais cet épisode démontre à quel point la frontière entre vie privée et responsabilité publique devient poreuse dès lors qu’un dirigeant incarne l’autorité de l’État.
 
Le peuple congolais mérite des dirigeants irréprochables, aussi bien dans l’exercice de leurs fonctions que dans leur comportement personnel. Certains diront qu’une faute reconnue est à moitié pardonnée. Peut-être. Mais en politique, certaines fautes entament durablement la confiance et l’autorité morale nécessaires à l’exercice des responsabilités publiques.
 
Comme l’écrivait si justement André Malraux : « On ne fait pas de politique avec de la morale, mais on n’en fait pas davantage sans. »
 
Et pour conclure, cette célèbre maxime qui conserve toute sa force dans une République digne de ce nom : « Un ministre, ça ferme sa gueule ; si ça veut l’ouvrir, ça démissionne. »
……………………………………..
Patrice Aimé Césaire MIAKASSISSA

Brazzaville voit la vie en morose

 

BRAZZAVILLE VOIT LA VIE EN MOROSE

Edith Piaf

Denis Sassou a succédé à Denis Sassou Nguesso. Ainsi, le fils de « Mama Mouébara » a retrouvé le Congo-Brazzaville qu’il connaît bien et qu’il dirige d’une main de fer dans un gant d’acier depuis plus d’une quarantaine d’années. A ce titre, Dénis Sassou Nguesso, le natif d’Edou-Penda, devra affronter son propre bilan. C’est l’effet miroir. Le petit pays arrosé de rivières et de fleuves, gorgé de pétrole et de gaz dont le khalife d’Oyo tient à nouveau le gouvernail vogue sous de sombres auspices.

Echec et mat

Les indicateurs économiques ont viré aux couleurs de l’hémoglobine. Le taux de croissance projeté à 5,3 % a été ramené à 2,7 %. Les réserves de change de Brazzaville tournent autour de 2 mois d’importation. Le taux d’endettement se situe à 97,2 % du PIB alors que la norme de la CEMAC est de 70 % du PIB. Plusieurs dizaines d’emplois dans les PME et les PMI ont disparu. De nombreuses sociétés à Brazzaville, Pointe-Noire et Dolisie ont mis la clé sous le paillasson. Le pays forestier membre de la CEMAC se heurte aujourd’hui à des infrastructures vieillissantes et une diversification économique qui peine à se concrétiser malgré les discours officiels.

Mozart de la décadence

Le pays fait face à de sombres augures. Brazzaville a annoncé une offre de rachat portant sur plus de 575 millions de dollars d’obligations arrivant à échéance en 2032. L’opération concerne les eurobonds émis en 2022 avec un coupon de 9,875 % , puis réouverts en décembre 2025. Sassou Nguesso, Collinet Makosso, Christian Yoka et leurs conseillers financiers Gilbert Ondongo, Jean-Jacques Bouya et Bruno Jean-Richard Itoua, les Mozart de la finance de Brazzaville, proposent aux détenteurs de ces titres une « prime » de 1040 dollars pour chaque tranche de 1000 dollars de principal, majorée des intérêts courus. Le rachat doit être financé par une nouvelle émission de dette en dollars dont la durée de vie moyenne pondérée devrait être de huit ans (sikafinance, 12 mai 2026).

Négociations négatives

Le Congo-Brazzaville a officiellement sollicité l’ouverture de négociations avec le Fonds monétaire international (FMI) pour la mise en place d’un nouveau programme économique et financier à la suite des différents programmes antérieurs qui n’ont pas produit les résultats escomptés à l’instar de la facilité élargie de crédits (FEC). Les populations du Congo-Brazzaville font valoir que, pour évaluer le bien-fondé d’une réforme, il est nécessaire de quantifier non seulement ses effets sur les finances publiques et sur l’emploi, mais également son impact sur le niveau d’assurance qu’elle apporte. L’annonce a été faite le 11 mai 2026 par le ministère des Finances, du Budget et du Portefeuille public au sommet duquel se niche Christian Yoka qui inscrit cette démarche dans la continuité des engagements régionaux pris à Brazzaville en début d’année.

Funeste signal

L’abandon du clanisme et du népotisme dont Dénis Sassou Nguesso se défend et qu’il n’est pas parvenu à masquer n’est pas au rendez-vous et impacte négativement sur les résultats. Pour le pouvoir de Brazzaville qui a lancé un signal funeste en reconduisant Anatole Collinet Makosso à la tête du gouvernement avec dans sa gibecière Jean-Jacques Bouya et Bruno Jean-Richard Itoua, il s’agit de réamorcer une coopération technique et financière dont les contours restent à définir avec les équipes de l’institution de Bretton Woods (Africtelegraph, 12 mai 2026).

Tintin au Kenya

Au sommet de Nairobi au Kenya du 11 au 12 mai 2026, Emmanuel Macron a promis d’aider les pays africains à obtenir un meilleur traitement de la part des institutions financières internationales. Une déclaration qui tombe à pic pour Brazzaville qui tente d’arracher un nouvel accord avec le Fonds monétaire international (FMI). Le petit pays pétrolier, forestier et gazier d’Afrique centrale tente depuis plusieurs années de restaurer sa crédibilité financière après plusieurs péripéties de tension sur sa dette extérieure. Aussi, le FMI souligne-t-il la fragilité des perspectives économiques du Congo-Brazzaville drogué à l’or noir, martelant sur la faiblesse des investissements et les obstacles à l’approvisionnement en matières énergétiques et des réticences de lutter efficacement contre la corruption et les malversations financières en vue de sécuriser les recettes publiques qui engraissent les membres du clan Sassou.

Benjamin BILOMBOT BITADYS

lundi 18 mai 2026

L'Après... c'est ToPeSA t

 

  Le bonjour de ce dimanche 17 mai 2026 

J’avais dit : « L’Après… c’est ToPeSA ! » 

C’est bien de cela qu’il s’agit, comme aurait dit l’autre ! 

Peut-on véritablement négocier avec un négociateur qui avait auparavant clairement exprimé son sentiment à l’égard du président du CDRC, arbitrairement incarcéré à la Maison d’Arrêt de Pointe-Noire puis évacué sanitairement en France, en ces termes :

« Il fallait seulement le neutraliser. C’est une erreur de l’avoir fait partir… » ? 

Je me suis déjà exprimé sur ce sujet : toute démarche officielle sérieuse de négociation doit impérativement passer par le Quai d’Orsay ou le Département d’État. 

Un autre sujet, tout aussi simple :

Pourquoi n’ai-je pas droit à un passeport alors que tous les autres opposants en disposent ?

Est-ce parce que je suis Lari Landa rails ? 

Je réitère la proposition formulée depuis longtemps :

la crédibilité du Congo, notamment auprès des États-Unis pour solliciter le retrait du Congo de la liste noire, passe par le remplacement des passeports actuels par des passeports biométriques et rétiniens. 

Chaque Congolais devrait disposer de ce passeport dès l’âge d’un (1) an et, dès l’âge de trois (3) mois, l’enfant devrait être inscrit sur le passeport du parent légal. 

Ce passeport doit être à la fois un moyen de voyage, un outil fiable de justification de nationalité, avec abandon de la carte nationale d’identité devenue source de nombreuses contestations et fragilités administratives. 

ToPeSA est la voie.

ToPeSA est le pont pour le Congo nouveau.

ToPeSA est la crédibilité du Congo. 

Excellent dimanche à toutes et à tous. 

ToPeSA 

Modeste Boukadia

Président du CDRC – Une Nation Pour Tous

Initiateur de ToPeSA 

Le 17 mai 2026 – 11h15 

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PS :

À cause de la gestion des passeports, le Congo est aujourd’hui critiqué par de nombreux pays, notamment les États-Unis 

Les citoyens congolais peinent aujourd’hui à obtenir un passeport dans leur propre pays, pendant que certains documents semblent être distribués avec une facilité déconcertante à des étrangers, y compris à des individus ou réseaux présentés comme liés au Hamas, au Hezbollah ou encore aux Houthis du Yémen. 

Dans le même temps, de nombreux Congolais dénoncent une forme d’apartheid ethnique dans l’accès aux passeports et aux documents administratifs. Cette situation alimente un profond sentiment d’injustice et fragilise davantage la confiance entre l’État et les citoyens. 

Si le Congo faisait face à une menace sécuritaire comparable à celle qu’a connue le Nigeria avec Boko Haram, une gestion aussi fragile des documents d’identité et de souveraineté nationale exposerait gravement le pays. Pourtant, au Nigeria, malgré les défis sécuritaires, les passeports sont généralement délivrés dans des délais relativement rapides, y compris via les ambassades, souvent en une semaine. Au Congo, en revanche, même pour les citoyens remplissant toutes les conditions, l’obtention d’un passeport devient souvent un véritable parcours du combattant, avec des délais interminables allant parfois jusqu’à l’expiration des récépissés ou documents provisoires délivrés. 

À force de dysfonctionnements, de discriminations dénoncées et d’absence de transparence, beaucoup de citoyens finissent par avoir le sentiment d’être traités comme des étrangers dans leur propre pays. 

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