vendredi 22 mai 2026

Congo : la dette tous azimuts

 
Photo: Christian Yoka : une économie criblée de dette

La météo financière est loin d’être maussade en dépit des clignotants alarmants. Elle est clémente et bienveillante dans un pays frappé par un asséchement financier. Des millions de dollars, «  en veux-tu, en voilà ».

Congo à gogo

Sassou-Makosso-Yoka ne s’en prive pas. Le triumvirat s’en donne à cœur joie. Une pluie de dollars s’abat sur le Congo-Brazzaville. Une montagne de dollars s’amoncelle et ça ne s’arrête pas. A cette allure, la montagne de la dette va devenir rapidement raide voire insurmontable. Quand le chemin d’avenir croise le chemin de la dette, c’est la foire aux millions de dollars. Citigroup, la banque d’affaires chargée de lever les fonds pour le compte du Congo-Brazzaville s’en met plein les poches et, avec elle de multitudes d’intermédiaires qui gravitent autour du clan Sassou.

À Brazzaville, le ministère des Finances sous la houlette de Christian Yoka a annoncé, mercredi 20 mai 2026, le succès d’une nouvelle émission d’obligations internationales de 850 millions de dollars, à échéance 2036. L’opération, assortie d’un coupon de 9,5 %, a attiré une demande dépassant 1,6 milliard de dollars, soit près du double du montant proposé.

Débiteur insolvable

Selon le rapport de surveillance de la Banque mondiale publié en juin 2025, le Congo demeure formellement «  en situation de surendettement  » au sens du FMI, même si l’institution juge la dette « viable ». Brazzaville a sollicité en avril 2026 un nouveau programme de financement auprès du Fonds, après la clôture en mars 2026 d’un précédent accord triennal au titre de la Facilité élargie de crédit, qui avait permis le décaissement de 430 millions de dollars. Entre la fin de l’année 2025 et les cinq premiers mois de l’année 2026, le Congo-Brazzaville a levé plus de 1500 millions de dollars sur le marché financier international. La qualité de la dépense n’est pas au rendez-vous. « Il faut soigner la qualité de la signature du Congo, car on a eu des défauts de paiement envers les créanciers  », rappelait Alphonse Ndongo, journaliste congolais spécialiste des questions économiques, sur l’antenne de RFI en janvier 2025, au moment de la nomination de Christian Yoka.

Frénésie boulimique

La réduction du train de vie de l’Etat se fait attendre ; la digitalisation et la numérisation des régies financières aussi. Le Congo-Brazzaville reste classé en catégorie spéculative. Fitch a maintenu sa note à CCC+ le 20 février 2026, tout comme Standard & Poor’s en janvier 2026. Les deux agences de notation soulignent la vulnérabilité d’une économie où les hydrocarbures représentent encore plus de 80 % des recettes d’exportation, selon les données du Fonds monétaire international FMI (Agence Ecofin, 21 mai 2026). La dette publique a atteint 97,2 % du produit intérieur brut (PIB) fin 2025, frôlant le seuil de 100 %, et reste largement au-dessus du plafond de 70 % fixé par les critères de convergence de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC). Jusqu’où ira cette frénésie de la dette qui s’apparente à une stratégie de la terre brûlée ? Alors que Denis Sassou Nguesso a pour le moment cherché à minimiser les effets de l’endettement dans le pays, le khalife d’Oyo orchestrerait alors au contraire une véritable mobilisation politique en faveur de son bilan. L’économie du Congo -Brazzaville n’a pas fini de souffrir de quarante années de gouvernance de Denis Sassou Nguesso.

Benjamin BILOMBOT BITADYS

Un ministre de la République ne devrait pas parler ainsi

 


Un ministre de la République ne devrait pas parler ainsi.
 
Le Congo-Brazzaville demeure, hélas, le royaume des paradoxes.

Un pays où les engagements solennels sont régulièrement reniés, où la parole publique perd de sa valeur, et où les promesses faites au peuple comme à la communauté internationale se dissolvent dans les méandres d’une gouvernance sans responsabilité.
 
Du scandale des 14 000 milliards de francs CFA hypothéquant l’avenir des générations futures à l’opacité persistante entourant la dette publique, notre nation semble s’enfoncer chaque jour davantage dans une crise morale, politique, sociale et institutionnelle profonde. La coupe déborde, et c’est désormais l’image même du Congo qui se retrouve éclaboussée.
 
Il y a quelques jours encore, un chef d’État dénonçait les réseaux sociaux, accusés de vouloir se substituer aux institutions et de devenir les nouveaux tribunaux populaires. Pourtant, à travers le monde, ces plateformes traduisent surtout l’exaspération des peuples face à la mauvaise gouvernance, à la confiscation des libertés publiques et à la gestion opaque des ressources nationales.
 
Ironie du sort, c’est précisément sur ces mêmes réseaux sociaux qu’une affaire impliquant un ministre de la République congolaise a éclaté au grand jour, suscitant émotion, indignation et interrogations au sein de l’opinion nationale et internationale.
 
Qu’il soit clair, nous ne nous érigeons ni en procureurs de vertu ni en juges. Cette affaire relève, à ce stade, de la sphère privée et seule la justice, si elle venait à être saisie, serait habilitée à établir des responsabilités. Le respect de la présomption d’innocence doit demeurer un principe intangible dans tout État de droit digne de ce nom.
 
Cependant, le gouvernement congolais, pourtant si prompt à dénoncer les réseaux sociaux lorsqu’ils critiquent sa gouvernance, n’a pas hésité cette fois à s’engouffrer dans la brèche médiatique en instruisant le ministre de la Justice d’ouvrir des investigations sur une affaire essentiellement privée, au seul motif qu’elle concerne un membre du gouvernement.
 
Sous d’autres cieux, dans des démocraties attachées à l’éthique publique et à l’exemplarité des responsables politiques, le ministre concerné aurait probablement choisi de se mettre en retrait, ne serait-ce que pour préserver la dignité des institutions et permettre à la justice de travailler sereinement si une plainte venait à être déposée.
 
Mais au Congo-Brazzaville, la culture de la responsabilité politique semble avoir disparu depuis longtemps.
 
À la place, nous avons assisté à une déclaration d’excuses publiques du ministre concerné. Un geste certes honorable sur le plan humain, mais politiquement maladroit dans sa formulation et révélateur d’une conception profondément féodale du pouvoir.
 
Le passage le plus troublant demeure celui dans lequel le ministre présente « ses excuses les plus respectueuses et sincères à Son Excellence Monsieur le Président de la République ainsi qu’à Madame la Première Dame » et leur demande pardon pour « la gêne occasionnée ». Ces mots posent un problème de fond. Ils ne traduisent pas l’attitude d’un responsable politique, chef de parti, redevable devant le peuple et les institutions de la République, mais celle d’un subordonné implorant l’indulgence d’une autorité familiale ou monarchique.
 
Dans une République moderne, un ministre répond d’abord devant la nation, devant la loi et devant le peuple, non devant une famille régnante.
 
Par ailleurs, le ministre n’avait nul besoin de s’épancher publiquement sur sa vie privée. En politique, le silence, la retenue et la dignité constituent parfois les meilleures réponses face à l’emballement médiatique. Comme le roseau, il faut savoir plier sous la tempête sans se briser. Qui s’excuse s’accuse !

Cette affaire, bien qu’intime dans sa nature, agit finalement comme un révélateur du mode de gouvernance qui prévaut dans notre pays, une gestion clanique du pouvoir, où les liens personnels, familiaux et les fidélités de cour prennent trop souvent le pas sur la compétence, la responsabilité et l’intérêt général.
 
Nous l’avions déjà souligné, le fonctionnement actuel de l’État congolais donne parfois le sentiment d’une République administrée comme une affaire de famille, où les héritiers politiques des anciens compagnons du régime sont propulsés aux responsabilités sous le regard bienveillant d’un système verrouillé.
 
Dans ce contexte, les dérives deviennent la norme, l’injustice remplace l’équité, les passe-droits supplantent le mérite, la gabegie financière prospère tandis que les droits fondamentaux reculent.
 
Les explications du ministre, aussi sincères puissent-elles paraître, restent en deçà de l’exigence morale que le peuple est en droit d’attendre d’un homme d’État. Car lorsqu’un responsable public vacille, ce n’est pas seulement son image personnelle qui est atteinte, c’est aussi la crédibilité des institutions qu’il incarne qui se trouve fragilisée.
 
Nous ne ferons donc pas le procès d’un homme. Mais cet épisode démontre à quel point la frontière entre vie privée et responsabilité publique devient poreuse dès lors qu’un dirigeant incarne l’autorité de l’État.
 
Le peuple congolais mérite des dirigeants irréprochables, aussi bien dans l’exercice de leurs fonctions que dans leur comportement personnel. Certains diront qu’une faute reconnue est à moitié pardonnée. Peut-être. Mais en politique, certaines fautes entament durablement la confiance et l’autorité morale nécessaires à l’exercice des responsabilités publiques.
 
Comme l’écrivait si justement André Malraux : « On ne fait pas de politique avec de la morale, mais on n’en fait pas davantage sans. »
 
Et pour conclure, cette célèbre maxime qui conserve toute sa force dans une République digne de ce nom : « Un ministre, ça ferme sa gueule ; si ça veut l’ouvrir, ça démissionne. »
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Patrice Aimé Césaire MIAKASSISSA

Brazzaville voit la vie en morose

 

BRAZZAVILLE VOIT LA VIE EN MOROSE

Edith Piaf

Denis Sassou a succédé à Denis Sassou Nguesso. Ainsi, le fils de « Mama Mouébara » a retrouvé le Congo-Brazzaville qu’il connaît bien et qu’il dirige d’une main de fer dans un gant d’acier depuis plus d’une quarantaine d’années. A ce titre, Dénis Sassou Nguesso, le natif d’Edou-Penda, devra affronter son propre bilan. C’est l’effet miroir. Le petit pays arrosé de rivières et de fleuves, gorgé de pétrole et de gaz dont le khalife d’Oyo tient à nouveau le gouvernail vogue sous de sombres auspices.

Echec et mat

Les indicateurs économiques ont viré aux couleurs de l’hémoglobine. Le taux de croissance projeté à 5,3 % a été ramené à 2,7 %. Les réserves de change de Brazzaville tournent autour de 2 mois d’importation. Le taux d’endettement se situe à 97,2 % du PIB alors que la norme de la CEMAC est de 70 % du PIB. Plusieurs dizaines d’emplois dans les PME et les PMI ont disparu. De nombreuses sociétés à Brazzaville, Pointe-Noire et Dolisie ont mis la clé sous le paillasson. Le pays forestier membre de la CEMAC se heurte aujourd’hui à des infrastructures vieillissantes et une diversification économique qui peine à se concrétiser malgré les discours officiels.

Mozart de la décadence

Le pays fait face à de sombres augures. Brazzaville a annoncé une offre de rachat portant sur plus de 575 millions de dollars d’obligations arrivant à échéance en 2032. L’opération concerne les eurobonds émis en 2022 avec un coupon de 9,875 % , puis réouverts en décembre 2025. Sassou Nguesso, Collinet Makosso, Christian Yoka et leurs conseillers financiers Gilbert Ondongo, Jean-Jacques Bouya et Bruno Jean-Richard Itoua, les Mozart de la finance de Brazzaville, proposent aux détenteurs de ces titres une « prime » de 1040 dollars pour chaque tranche de 1000 dollars de principal, majorée des intérêts courus. Le rachat doit être financé par une nouvelle émission de dette en dollars dont la durée de vie moyenne pondérée devrait être de huit ans (sikafinance, 12 mai 2026).

Négociations négatives

Le Congo-Brazzaville a officiellement sollicité l’ouverture de négociations avec le Fonds monétaire international (FMI) pour la mise en place d’un nouveau programme économique et financier à la suite des différents programmes antérieurs qui n’ont pas produit les résultats escomptés à l’instar de la facilité élargie de crédits (FEC). Les populations du Congo-Brazzaville font valoir que, pour évaluer le bien-fondé d’une réforme, il est nécessaire de quantifier non seulement ses effets sur les finances publiques et sur l’emploi, mais également son impact sur le niveau d’assurance qu’elle apporte. L’annonce a été faite le 11 mai 2026 par le ministère des Finances, du Budget et du Portefeuille public au sommet duquel se niche Christian Yoka qui inscrit cette démarche dans la continuité des engagements régionaux pris à Brazzaville en début d’année.

Funeste signal

L’abandon du clanisme et du népotisme dont Dénis Sassou Nguesso se défend et qu’il n’est pas parvenu à masquer n’est pas au rendez-vous et impacte négativement sur les résultats. Pour le pouvoir de Brazzaville qui a lancé un signal funeste en reconduisant Anatole Collinet Makosso à la tête du gouvernement avec dans sa gibecière Jean-Jacques Bouya et Bruno Jean-Richard Itoua, il s’agit de réamorcer une coopération technique et financière dont les contours restent à définir avec les équipes de l’institution de Bretton Woods (Africtelegraph, 12 mai 2026).

Tintin au Kenya

Au sommet de Nairobi au Kenya du 11 au 12 mai 2026, Emmanuel Macron a promis d’aider les pays africains à obtenir un meilleur traitement de la part des institutions financières internationales. Une déclaration qui tombe à pic pour Brazzaville qui tente d’arracher un nouvel accord avec le Fonds monétaire international (FMI). Le petit pays pétrolier, forestier et gazier d’Afrique centrale tente depuis plusieurs années de restaurer sa crédibilité financière après plusieurs péripéties de tension sur sa dette extérieure. Aussi, le FMI souligne-t-il la fragilité des perspectives économiques du Congo-Brazzaville drogué à l’or noir, martelant sur la faiblesse des investissements et les obstacles à l’approvisionnement en matières énergétiques et des réticences de lutter efficacement contre la corruption et les malversations financières en vue de sécuriser les recettes publiques qui engraissent les membres du clan Sassou.

Benjamin BILOMBOT BITADYS

lundi 18 mai 2026

L'Après... c'est ToPeSA t

 

  Le bonjour de ce dimanche 17 mai 2026 

J’avais dit : « L’Après… c’est ToPeSA ! » 

C’est bien de cela qu’il s’agit, comme aurait dit l’autre ! 

Peut-on véritablement négocier avec un négociateur qui avait auparavant clairement exprimé son sentiment à l’égard du président du CDRC, arbitrairement incarcéré à la Maison d’Arrêt de Pointe-Noire puis évacué sanitairement en France, en ces termes :

« Il fallait seulement le neutraliser. C’est une erreur de l’avoir fait partir… » ? 

Je me suis déjà exprimé sur ce sujet : toute démarche officielle sérieuse de négociation doit impérativement passer par le Quai d’Orsay ou le Département d’État. 

Un autre sujet, tout aussi simple :

Pourquoi n’ai-je pas droit à un passeport alors que tous les autres opposants en disposent ?

Est-ce parce que je suis Lari Landa rails ? 

Je réitère la proposition formulée depuis longtemps :

la crédibilité du Congo, notamment auprès des États-Unis pour solliciter le retrait du Congo de la liste noire, passe par le remplacement des passeports actuels par des passeports biométriques et rétiniens. 

Chaque Congolais devrait disposer de ce passeport dès l’âge d’un (1) an et, dès l’âge de trois (3) mois, l’enfant devrait être inscrit sur le passeport du parent légal. 

Ce passeport doit être à la fois un moyen de voyage, un outil fiable de justification de nationalité, avec abandon de la carte nationale d’identité devenue source de nombreuses contestations et fragilités administratives. 

ToPeSA est la voie.

ToPeSA est le pont pour le Congo nouveau.

ToPeSA est la crédibilité du Congo. 

Excellent dimanche à toutes et à tous. 

ToPeSA 

Modeste Boukadia

Président du CDRC – Une Nation Pour Tous

Initiateur de ToPeSA 

Le 17 mai 2026 – 11h15 

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PS :

À cause de la gestion des passeports, le Congo est aujourd’hui critiqué par de nombreux pays, notamment les États-Unis 

Les citoyens congolais peinent aujourd’hui à obtenir un passeport dans leur propre pays, pendant que certains documents semblent être distribués avec une facilité déconcertante à des étrangers, y compris à des individus ou réseaux présentés comme liés au Hamas, au Hezbollah ou encore aux Houthis du Yémen. 

Dans le même temps, de nombreux Congolais dénoncent une forme d’apartheid ethnique dans l’accès aux passeports et aux documents administratifs. Cette situation alimente un profond sentiment d’injustice et fragilise davantage la confiance entre l’État et les citoyens. 

Si le Congo faisait face à une menace sécuritaire comparable à celle qu’a connue le Nigeria avec Boko Haram, une gestion aussi fragile des documents d’identité et de souveraineté nationale exposerait gravement le pays. Pourtant, au Nigeria, malgré les défis sécuritaires, les passeports sont généralement délivrés dans des délais relativement rapides, y compris via les ambassades, souvent en une semaine. Au Congo, en revanche, même pour les citoyens remplissant toutes les conditions, l’obtention d’un passeport devient souvent un véritable parcours du combattant, avec des délais interminables allant parfois jusqu’à l’expiration des récépissés ou documents provisoires délivrés. 

À force de dysfonctionnements, de discriminations dénoncées et d’absence de transparence, beaucoup de citoyens finissent par avoir le sentiment d’être traités comme des étrangers dans leur propre pays. 

SOURCE : https://www.facebook.com/share/p/1Bm1cAZAXw/?mibextid=wwXIfr

ToPeSA : sortir le Congo de la torpeur !

 

ToPeSA : sortir le Congo de la torpeur !

ToPeSA : sortir le Congo de la torpeur !

« Congolais zoba » disent nos frères africains

« Congolais zoba » ? Derrière cette expression humiliante devenue le reflet du regard porté sur l’effondrement du Congo, ce texte revient sur les mécanismes politiques ayant conduit à la confiscation progressive du pouvoir, à l’affaiblissement de l’État et à la torpeur collective d’un peuple autrefois remuant. De la manipulation autour de la disparition de Marien Ngouabi à la personnalisation extrême du pouvoir autour du clan familial de Denis Sassou Nguesso, cette analyse appelle à une prise de conscience nationale. Face à l’usure du système, ToPeSA se présente comme une voie de restauration de l’État, de rassemblement national et de reconstruction d’une République une et indivisible.

Pourquoi y a-t-il tant d’apathie au Congo alors que le peuple congolais fut jadis un peuple remuant ? Malgré les conditions difficiles de vie, les accidents de circulation qui révulsent les consciences, les salaires et pensions impayés, le manque d’eau, la pénurie permanente d’électricité, ainsi que des hôpitaux devenus de véritables mouroirs, et alors même que le Congolais est traité de « Congolais zoba » (« Le Congolais est idiot ») par des étrangers que nous avons pourtant accueillis en toute fraternité, le peuple congolais affiche une apathie des plus affligeantes, non seulement pour le Congo, mais aussi pour l’Afrique, voire pour le monde.

D’où vient cette torpeur ?

Après avoir manipulé l’ancien président Alphonse Massamba-Débat en lui faisant croire que c’était le commandant Marien Ngouabi qui l’avait convié à l’État-Major afin de discuter des modalités de rétrocession du pouvoir, la suite des événements, documentée et relatée notamment par Mizele, Lazare Mouanga et Pierre Anga, même s’il n’a pas été soutenue par les siens, est connue de tous les Congolais. C’est à partir de ce moment que Denis Sassou Nguesso ouvrait la voie à une longue série de manœuvres politiques dont le Congo continue encore aujourd’hui de payer le prix.

Dans un premier temps, Denis Sassou Nguesso fit croire aux compatriotes du Nord que le pouvoir appartenait à l’ensemble du Nord à travers son opération dite de « réconciliation inter-nordiste », en instrumentalisant notamment l’idée imputée selon laquelle « Bakongo ba bomi Marien », afin de rallier les compatriotes du Nord à sa cause de prise de pouvoir autour du drame national lié à la disparition de Marien Ngouabi, avec pour crime additionnel celui du Cardinal Émile Biayenda, dont le tort fut d’avoir averti le président Marien Ngouabi de ce qui se tramait dans son dos à travers la manipulation de l’ancien président Alphonse Massamba-Débat. Et ce n’est certainement pas Florent Tsiba, qui fut l’un des derniers à avoir vu l’ancien président Alphonse Massamba-Débat vêtu d’une chemise blanche, qui dira le contraire, lui qui le conduisit auprès de Denis Sassou Nguesso, lequel lui lança avec dédain : « Amenez-le, je ne veux pas le voir… » Depuis lors, afin de mieux diviser le Pool, Denis Sassou Nguesso prit sous ses ailes les « Bakongo ba Boko » et contribua à la balkanisation des Kongo Lari Landa Rails en leur imposant une guerre contre des civils non armés, sous le terrible : « Nous avons brûlé le Pool… et le ciel n’est pas tombé ! », une politique dont Jean-Dominique Okemba paye les pots cassés.

Et cela, ce n’est certainement pas la France qui le lui avait demandé.

Puis, progressivement, certains compatriotes du Nord furent écartés afin que le pouvoir se concentre exclusivement entre les mains des Mbossi.

Ensuite vint le recentrage autour du clan familial, jusqu’à l’accaparement progressif de l’État par un cercle de plus en plus restreint.

Cette logique de personnalisation du pouvoir se manifeste aujourd’hui jusque dans les nominations les plus sensibles, révélant la fragilité du système, notamment avec la désignation de son petit-fils comme officier d’ordonnance, alors même qu’il n’a jamais exercé de carrière militaire. Il s’agit là d’une confusion grandissante entre les intérêts de l’État et ceux du clan familial. Une telle évolution décrit un pouvoir de plus en plus replié sur lui-même, marqué par la méfiance et le rétrécissement du cercle de confiance autour de Denis Sassou Nguesso, ce qui apparaît, aux yeux de nombreux Congolais, comme le signe d’un isolement politique croissant et d’un affaiblissement progressif du régime.

Enfin, après avoir trahi le peuple congolais en détournant l’abstention massive lors des élections du 15 mars 2026, en se proclamant élu avec la complicité de candidats fantoches, après avoir marginalisé le Parlement ainsi que la Cour suprême en réduisant le Conseil constitutionnel à un simple instrument de validation politique, Denis Sassou Nguesso a prêté serment dans un stade baptisé « Stade de l’Union du Nord » pour tenter de mobiliser une partie du Nord autour de lui, en opposant le « Stade Massamba-Débat » à celui des Bakongo, selon sa technique du « diviser pour mieux régner ». Mais cette fois-ci, le piège n’a pas pris.

Ainsi, Denis Sassou Nguesso règne aujourd’hui en dehors même de l’esprit de sa propre Constitution qu’il prétend pourtant défendre. Car cette Constitution impose que le Président élu prête serment devant le Parlement réuni en Congrès, expression de la souveraineté populaire. En se substituant au souverain primaire et en s’entourant d’institutions vidées de leur autorité morale et juridique, le pouvoir a profondément affaibli l’État et discrédité la République. On peut même dire que Denis Sassou Nguesso s’est lui-même sabordé en tant que Président de la République.

Les faits démontrent désormais que beaucoup de nos compatriotes du Nord ont été utilisés comme tremplin politique pour permettre la confiscation du pouvoir au seul bénéfice d’un clan familial et de ses héritiers. L’emprisonnement de Jean-Marie Michel Mokoko et de André Okombi Salissa, devenus de fait des prisonniers personnels de Denis Sassou Nguesso, apparaît pour beaucoup comme une manière de tenir en laisse tous ceux qui seraient tentés de le défier. À cela s’ajoute le goulot d’étranglement instauré à Oyo, à travers l’imposition d’une seule voie d’accès vers les contrées du Nord du pays. Cette emprise s’est davantage resserrée avec la disparition de l’ancien vice-Premier ministre Firmin Ayessa, tout comme avec le limogeage de Charles Richard Mondjo sous prétexte qu’il ne serait pas un « véritable Mbossi ».

Dans tout cela, la première victime de cette dérive demeure la République elle-même. Car connaître l’histoire, c’est aussi aller vers le dépassement afin de rassembler et d’unir.

« Congolais zoba » ? Non. Le moment est venu pour le peuple congolais de mettre fin à cette hérésie politique afin de reconstruire une République une et indivisible, fondée sur la justice, l’équilibre national et le respect de la souveraineté populaire.

ToPeSA est la voie de la restauration de l’État, du rassemblement national et de la reconstruction du Congo nouveau. La main tendue demeure, dans l’esprit de dépassement et de réconciliation qui anima autrefois Jacques Opangault, Prosper Gandzion, Jean Félix-Tchicaya et Simon-Pierre Kikhounga-Ngot.

ToPeSA

Modeste Boukadia
Président du CDRC – Une Nation Pour Tous
Initiateur de ToPeSA

Le 18 mai 2026 – 11h33

lundi 11 mai 2026

Assumer les choix et non les perpétuer

Assumer les choix et non les perpétuer

« Ce que je fais, c’est la France qui me le demande de le faire », déclarait Denis Sassou Nguesso.

À l’heure où les équilibres géopolitiques mondiaux se redessinent et où les peuples africains expriment de plus en plus fortement leur aspiration à la dignité, à la souveraineté et à l’alternance démocratique, certaines orientations diplomatiques suscitent de profondes interrogations. Entre mémoire historique, stabilité régionale et responsabilité politique, l’Afrique centrale ne peut devenir le théâtre de stratégies de conservation du pouvoir porteuses de tensions et de fractures durables.

« Ce que je fais, c’est la France qui me le demande de le faire. »
Et chacun mesure aujourd’hui les conséquences de ce système de gouvernance au Congo : atteintes répétées aux droits de l’homme, restriction des libertés publiques, crise sociale profonde, affaiblissement continu des institutions, exil forcé de nombreux compatriotes, sans oublier le refus de délivrance de passeports à certains opposants, les privant ainsi d’un droit fondamental lié à leur citoyenneté.

C’est précisément cette réalité que beaucoup redoutent de voir se perpétuer, tandis que la France donne parfois le sentiment de privilégier des considérations stratégiques ou une stabilité de façade au détriment d’une prise en compte claire des aspirations démocratiques du peuple congolais et des violations des droits fondamentaux dénoncées depuis des années.

En ce 8 mai, date historique marquant la fin de la Seconde Guerre mondiale et rappelant le rôle majeur de Brazzaville, Capitale de la France Libre, des informations persistantes font état d’un soutien de la France au projet d’un troisième mandat du président Félix Tshisekedi, avec l’appui du président Denis Sassou Nguesso.

Cette orientation suscite naturellement de profondes interrogations, tant sur le plan politique que géopolitique. Beaucoup se souviennent qu’en 2015, la modification de la Constitution au Congo (Brazzaville), ayant permis la prolongation du pouvoir en place, avait été perçue comme bénéficiant d’une forme de caution internationale. Aujourd’hui, les conséquences politiques, économiques et sociales qui en découlent apparaissent au grand jour, plongeant le pays dans une crise profonde dont les populations paient le prix au quotidien..

Dès lors, une question se pose : les leçons des événements récents en Afrique de l’Ouest ont-elles réellement été tirées ?
Le Mali, le Niger ou encore le Burkina Faso ont exprimé, chacun à leur manière, une rupture avec certains mécanismes de gouvernance et d’influence extérieure jugés déconnectés des aspirations populaires. Au-delà des débats politiques et des appréciations divergentes sur les résultats obtenus, une réalité demeure : ce qui compte avant tout pour les peuples, c’est la dignité, le respect de leur souveraineté et la prise en considération de leurs aspirations profondes.

Pourquoi, dans ce contexte, donner le sentiment de reproduire en Afrique centrale des schémas déjà contestés ailleurs ?
Pourquoi encourager des dynamiques politiques pouvant être perçues comme des logiques de continuité dynastique ou de verrouillage institutionnel au Congo (Brazzaville), en République démocratique du Congo ou encore en Angola ?

Plus préoccupant encore, certaines informations évoquent l’existence de conditions diplomatiques visant à restreindre l’espace d’expression ou de dialogue des oppositions politiques congolaises, notamment à travers une consigne implicite selon laquelle la République démocratique du Congo et l’Angola ne devraient pas recevoir certains opposants du Congo (Brazzaville).
Si une telle orientation devait se confirmer, elle soulèverait de sérieuses interrogations quant au respect du pluralisme politique et des libertés démocratiques. Surtout, elle risquerait d’alimenter davantage les frustrations, les incompréhensions et les tensions, au lieu de contribuer à l’apaisement, à la stabilité et à la recherche de solutions politiques durables.

La situation en République démocratique du Congo appelle pourtant à la plus grande prudence. Dans une région marquée par la présence de nombreux groupes armés et par une fragilité sécuritaire persistante, toute initiative pouvant être interprétée comme une volonté de prolongation du pouvoir comporte des risques importants pour la paix civile et régionale.

Au moment où le président Donald Trump affirme vouloir favoriser, tant bien que mal, une désescalade entre le Rwanda et la RDC, il apparaît essentiel que les partenaires internationaux privilégient des démarches de stabilisation, de dialogue et de respect des équilibres institutionnels.

La France doit mesurer avec lucidité les conséquences de certaines orientations politiques sur son image en Afrique. À défaut, elle risque d’accentuer davantage le sentiment anti-français déjà perceptible dans plusieurs régions du continent, tout en alimentant une guerre informationnelle dont les effets peuvent devenir durables.

Les bouleversements géopolitiques actuels, notamment les tensions au Moyen-Orient et les recompositions stratégiques internationales, imposent pourtant une nouvelle approche des relations entre l’Afrique et ses partenaires : une approche fondée sur le respect mutuel, la responsabilité, la souveraineté des peuples et des partenariats équilibrés.

Ignorer cette réalité serait prendre le risque de reproduire en Afrique centrale les mêmes fractures observées ailleurs. Car, au-delà des considérations diplomatiques ou stratégiques, ce que recherchent avant tout les peuples, c’est la dignité.

Pour le Congo, ToPeSA demeure la voie de la reconstruction nationale, de la réconciliation et de la dignité dans le Congo nouveau.

ToPeSA

Modeste Boukadia
Président du CDRC – Une Nation Pour Tous
Initiateur de ToPeSA

Le 08 mai 2026 – 13h17

CONGO : Plus que jamais, la voie est ToPeSA

 
J’ai toujours tendu la main pour construire le Congo nouveau à partir de l’union nationale dont la voie est ToPeSA.
 
Pourquoi ?
 
Parce que nous devons revenir à la case départ : l’alliance entre Fulbert Youlou et Jacques Opangault, qui avaient su dépasser leurs divergences pour placer l’intérêt national au-dessus des fractures.
 
Notre histoire, contrairement à ce que pensent certains, n’est pas divisée en deux lots : le lot des crimes qu’il faudrait taire et le lot de ce que l’on croit être la paix qu’il faudrait magnifier. Notre histoire est un tout qu’il nous faut assumer dans sa totalité, sans enlever un iota.
 
Depuis la proclamation de la République le 28 novembre 1958, les crises de février 1959, le départ de Fulbert Youlou, l’arrivée de Alphonse Massamba-Débat, le lourd tribut payé par une partie de la population du Pool, l’arrivée de Marien Ngouabi et la manière dont il est parti, la venue de Denis Sassou Nguesso au centre du pouvoir, le rôle de Jacques Joachim Yhombi-Opango dans ce jeu du pouvoir, sans oublier pourquoi Pierre Anga n’a pas été soutenu ainsi que le sort des populations d’Ikongono, sans oublier les "Disparus du Beach", entre autres, pour que le peuple fasse le deuil ; il nous faut regarder notre histoire en face, sans tri sélectif ni vérité à géométrie variable.
 
Il nous faut sortir de la stigmatisation de la discorde dans la région du Pool entre Bakongo Boko et Bakongo landa rails, tout comme il nous faut mettre fin à la stigmatisation des divisions entre les populations du Pool et celles du Grand Niari. La mémoire ne doit plus être un instrument de fracture, mais le socle de la réconciliation nationale et de l’union du peuple congolais.
 
Il nous faut également mettre fin à la prise en otage des populations du Nord par le goulot d’étranglement d’Oyo afin que Jean-Marie Michel Mokoko et André Okombi Salissa ne soient plus considérés comme des prisonniers personnels, mais comme des prisonniers politiques à part entière.
C’est cela, notre histoire. Une histoire faite de hauts et de bas, de douleurs et d’espérances, mais qui doit désormais renforcer la cohésion de notre peuple pour aller de l’avant, traverser le PONT et rejoindre l’autre rive : celle du Congo nouveau par ToPeSA.
 
C’est cela l’Après. La résilience.
 
C’est ToPeSA : la restauration de l’État pour la construction du Congo nouveau par l’union nationale, à l’instar de Jacques Opangault, Prosper Gandzion, Félix Tchicaya et Simon-Pierre Kikhounga-Ngot.
ToPeSA
 
Président du CDRC – Une Nation Pour Tous
Initiateur de ToPeSA
Le 11 mai 2026 – 13h30