
ToPeSA et la réconciliation nationale : vérité, mémoire et guérison au cœur du Congo nouveau
Quand la reconstruction de l’État rencontre le devoir de mémoire et la guérison des consciences
Alors que la réflexion autour de ToPeSA continue de susciter de nombreuses réactions à travers le pays, un colonel-major a souhaité enrichir le débat en attirant l’attention sur une dimension souvent négligée des processus de réconciliation : la mémoire collective et la guérison spirituelle. Cette contribution ouvre une réflexion essentielle sur la place de la vérité, du deuil et de la réparation dans la reconstruction du Congo. En réponse, je rappelle que ToPeSA entend précisément créer les conditions institutionnelles et politiques permettant à la nation de se réconcilier durablement avec elle-même.
Une nation ne se reconstruit durablement qu’en regardant son histoire en face et en réparant les blessures de son peuple
Une réflexion qui dépasse les clivages
Les réactions affluent de toutes parts à la suite de la présentation de la vision portée par ToPeSA, notamment celle d’un colonel-major qui connaît particulièrement bien le système qui sévit au Congo.
Cela démontre qu’au-delà des sensibilités, des appartenances et des origines, les Congolaises et les Congolais demeurent profondément préoccupés par les conséquences des actes qui ont été posés au cours de notre histoire récente.
Désormais, il ne suffit plus d’affirmer : « J’assume tout » de la Conférence nationale souveraine de 1991, sans préciser ce qui est réellement assumé. Il ne peut davantage être question de considérer que le pardon accordé à un ministre violent envers son épouse ou, dans d’autres circonstances, à l’occasion de détournements de fonds publics, efface les responsabilités ou dispense de réparer les préjudices causés.
Le pardon a sa place dans la vie des hommes. Il contribue parfois à apaiser les consciences. Mais il ne saurait se substituer à la vérité, à la justice, à la responsabilité et à la réparation.
Reconnaître les souffrances pour reconstruire la nation
La question qui se pose aujourd’hui est celle de la reconnaissance des souffrances endurées par les populations.
Il ne s’agit ni d’excuses de circonstance ni d’actes symboliques destinés à tourner une page sans l’avoir lue. Il s’agit de reconnaître le mal qui a été fait afin d’engager un véritable processus de guérison, de résilience et de reconstruction nationale.
C’est précisément l’ambition de ToPeSA :
- Reconstruire la République ;
- Guérir la population ;
- Stimuler la jeunesse ;
- Développer les régions ;
- Permettre au Congo d’assumer pleinement son ambition africaine, notamment dans la construction du marché intérieur de l’Afrique centrale.
Une contribution qui interpelle toute la nation
Ci-dessous, je reproduis in extenso le texte par lequel j’ai été une nouvelle fois interpellé. J’ai fait le choix de le rendre public parce qu’en réalité, ce message ne s’adresse pas seulement à une personne, mais à l’ensemble des Congolaises et des Congolais.
Je vous remercie de le lire avec toute l’attention qu’il mérite, car il touche à l’essentiel : notre mémoire collective, notre capacité à nous réconcilier et notre volonté de reconstruire durablement le vivre-ensemble.
Texte reçu d’un colonel-major le 02 juin 2026 à 13h36
« Contribution complémentaire à la réflexion de ToPeSA : la dimension spirituelle et mémorielle de la réconciliation nationale
Je salue la profondeur de l’analyse présentée par le Président Modeste Boukadia à travers ToPeSA. Toutefois, il me semble qu’un aspect fondamental mérite d’être davantage mis en lumière : la dimension spirituelle de la réconciliation nationale ainsi que le traumatisme collectif subi par le peuple congolais au cours de son histoire récente.
En effet, les différentes guerres fratricides qui ont endeuillé notre pays ont laissé des blessures profondes dans les cœurs, les familles et les communautés. Des milliers de Congolais ont perdu des êtres chers sans avoir véritablement accompli le travail du deuil. Beaucoup portent encore en eux des souffrances silencieuses, des rancœurs et des blessures non cicatrisées.
Une véritable reconstruction nationale ne peut se limiter aux dimensions politiques, institutionnelles ou économiques. Elle doit également passer par une guérison intérieure de la nation.
Cette guérison exige :
- La reconnaissance des souffrances vécues par les populations ;
- Un devoir de vérité sur les événements douloureux de notre histoire ;
- Une démarche sincère de pardon et de repentance de la part des acteurs politiques qui ont exercé des responsabilités dans la conduite du pays ;
- La réhabilitation de la mémoire nationale.
À cet égard, il est nécessaire de revisiter notre histoire afin de rendre justice à la mémoire de plusieurs grandes figures nationales dont les circonstances de disparition continuent d’interroger la conscience collective.
Comment construire une nation réconciliée lorsque certains de nos dirigeants historiques ne reposent pas encore dans des sépultures dignes de leur rang et de leur contribution à la République ?
Je pense notamment à Fulbert Youlou, premier Président du Congo, dont la mémoire continue d’appeler une reconnaissance nationale à la hauteur de son rôle historique.
Je pense également à Émile Biayenda, figure spirituelle majeure de notre pays, ainsi qu’à Alphonse Massamba-Débat et à d’autres personnalités dont les familles et la nation entière aspirent encore à connaître pleinement la vérité sur leur destin.
La réconciliation nationale suppose aussi une réconciliation avec notre mémoire collective.
Une nation guérit lorsqu’elle honore ses morts.
Une nation se relève lorsqu’elle assume toute son histoire.
Une nation se fortifie lorsqu’elle transforme ses blessures en leçons pour les générations futures.
Ainsi, la reconstruction du Congo nouveau devra s’appuyer sur quatre piliers :
- La vérité ;
- Le pardon ;
- La justice mémorielle ;
- La guérison spirituelle et psychologique du peuple.
Car il ne suffit pas de réconcilier les institutions ; il faut également réconcilier les consciences.
Le Congo a besoin non seulement d’une renaissance politique, mais aussi d’une renaissance morale et spirituelle.
C’est à cette condition que pourra émerger une nation véritablement unie, apaisée et réconciliée avec ELLE-MÊME. Nous continuons la réflexion tout en restant convaincus des lendemains meilleurs.
Dieu bénisse le Congo et tous les enfants de la République. »
Ma réponse à cette interpellation
Colonel-major,
L’aspect spirituel et mémoriel de la réconciliation nationale n’a nullement été relégué au second plan dans la réflexion portée par ToPeSA. Il s’inscrit naturellement dans la vision d’ensemble du projet, qui place toutefois au premier rang le processus devant permettre au pays de recouvrer l’autorité de l’État et de restaurer les institutions de la République.
Restaurer l’État pour restaurer la confiance
Sans État véritablement républicain, il est difficile de garantir la vérité, la justice et la réparation auxquelles aspire légitimement notre peuple.
De la même manière, le dédommagement des victimes innocentes participera au travail de deuil que tant de familles n’ont jamais pu accomplir après la perte de leurs proches.
Vous avez cité plusieurs figures illustres de notre histoire nationale. Elles méritent naturellement toute l’attention de la nation. Mais elles ne sont pas les seules.
Sur l’ensemble du territoire, de nombreuses femmes et de nombreux hommes ont marqué l’histoire de leurs communautés et de notre pays. Il appartiendra aux historiens, aux chercheurs et aux institutions compétentes d’en établir l’inventaire et d’en préserver la mémoire.
Une démarche politique au service de la réconciliation
Comme vous le savez, je ne suis ni historien ni juriste. Ma contribution se situe sur le terrain politique. Elle consiste à proposer des solutions susceptibles de permettre au Congo de se réconcilier avec lui-même, de restaurer le vivre-ensemble, de renforcer le respect mutuel entre les citoyens et de garantir que la loi protège effectivement les plus vulnérables, notamment l’enfant et la femme, parce qu’il s’agit avant tout de protéger l’avenir.
La mémoire, la vérité, la justice et la réparation ne s’opposent pas à la reconstruction de l’État ; elles en constituent au contraire les fondations les plus solides. Car une nation ne peut se projeter sereinement vers l’avenir qu’après avoir regardé son histoire avec lucidité et assumé collectivement les enseignements qui en découlent.
ToPeSA, le pont vers le Congo nouveau
Plus que jamais,
ToPeSA est l’Après.
ToPeSA est la voie pour la restauration de l’État.
ToPeSA est le pont vers le Congo nouveau.
ToPeSA
Modeste Boukadia
Président du CDRC – Une Nation Pour Tous
Initiateur de ToPeSA
Le 04 juin 2026 – 13h16





