mercredi 19 août 2026

ToPeSA : Revenir là où le Président Fulbert Youlou nous a laissés

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ToPeSA : revenir là où le Président Fulbert Youlou nous a laissés

Le Congo ne manque ni de filles ni de fils capables de relever le pays : il lui faut leur force, leur courage, leur détermination et leur volonté de servir la Nation. ToPeSA est l’aboutissement de l’évolution politique du Congo depuis la déclaration de la République, le 28 novembre 1958, jusqu’à nos jours, malgré les aléas des différents régimes. En restituant la République aux Congolaises et aux Congolais, ToPeSA ouvre une ère nouvelle : celle du Congo nouveau.

Mon objectif en faisant de la politique : « Le peuple est mon Dieu et chaque vie, d’une Congolaise et d’un Congolais, est sacrée car elle doit participer à la construction du Congo et le défendre partout où qu’elle soit. »

Quand on se perd en chemin, il n’y a aucune honte à revenir en arrière… pour retrouver son chemin.

Le Congo s’est fourvoyé pendant les « trois glorieuses » révolutionnaires des 13, 14 et 15 août 1963. Dès lors, un désordre durable s’est installé, que l’on a immortalisé par une chanson : « Youlou a tout volé ! », sans que l’on sache combien il aurait prétendument dérobé au Trésor public. Mais l’intention manifeste était de l’humilier, de le bannir et de faire taire les siens, tout en promettant : « Nous allons reconstruire. »

Cette reconstruction annoncée n’a pourtant pas conduit à la prospérité. Elle s’est, au contraire, manifestée par la faillite progressive du Congo.

Il nous faut donc tourner cette page, cette parenthèse de plus de six décennies qui a conduit à l’un des plus grands échecs politiques de notre histoire.

Au lieu de gérer la Nation, de faire vivre la République et de gouverner avec l’État au service de l’ensemble du peuple, depuis 1963, on a surtout géré les divisions pour mieux maintenir le pouvoir, au prix de l’appauvrissement du pays.

Il est désormais temps de gérer la Nation.

Il est temps de fermer cette parenthèse et d’écrire une nouvelle page de l’histoire de notre pays : celle du Congo nouveau.

Il nous faut repartir à la croisée des chemins, là où le Président Fulbert Youlou nous a laissés, pour reprendre le chemin interrompu de la République.

Retrouver l’esprit de 1960

Revenir là où le Président Fulbert Youlou nous a laissés ne signifie pas revenir à 1960 comme si le temps s’était arrêté.

Cela signifie retrouver une démarche politique : celle d’un Congo capable de comprendre les enjeux de son époque, de défendre ses intérêts et de construire des alliances et des partenariats à la hauteur des réalités du moment.

En 1960, au lendemain de l’indépendance, le Président Fulbert Youlou avait compris que le Congo ne pouvait pas rester spectateur des bouleversements qui transformaient l’Afrique et le monde.

Dans le contexte de la guerre froide, des indépendances africaines, de la crise congolaise et de la recomposition de l’Afrique centrale, Brazzaville entendait jouer un rôle politique et diplomatique. Youlou proposait notamment une conférence des chefs d’État africains pour rechercher collectivement une solution à la crise congolaise. Il avait également engagé une réflexion sur une Union équatoriale des États issus de l’ancienne Afrique équatoriale française.

Cette démarche révèle une chose essentielle : le Congo de 1960 cherchait à se positionner dans les enjeux géopolitiques de son temps.

C’est cette capacité de projection qu’il nous faut retrouver aujourd’hui.

Car les enjeux ont changé.

Le monde de 2026 n’est plus celui de 1960. Les rapports de puissance se sont transformés. Les enjeux énergétiques, sécuritaires, alimentaires, numériques, technologiques et économiques prennent une dimension nouvelle. L’Afrique centrale est au cœur de nouvelles concurrences, mais aussi de nouvelles opportunités.

Le Congo nouveau doit donc avoir une diplomatie nouvelle.

Une diplomatie qui ne soit ni dans la dépendance, ni dans le rejet de l’autre ; une diplomatie qui sache parler avec la France, les États-Unis, Israël, l’Europe, la Chine, la Russie, les pays du Golfe, les puissances émergentes et, surtout, avec ses voisins africains, en fonction des intérêts supérieurs du Congo et de l’Afrique centrale.

Nous ne voulons pas revenir en arrière. Nous voulons retrouver le chemin de l’histoire pour reprendre notre marche vers l’avenir.

Notre histoire avec la France

C’est aussi dans cette perspective qu’il faut comprendre la place particulière de Brazzaville dans notre histoire.

Le Congo est un pays dédié à la Sainte Vierge Marie, avec la Cathédrale Sainte-Anne, mais il est également porteur d’une histoire intimement liée à celle de la France Libre.

Brazzaville fut au cœur de la France Libre et devint un symbole majeur de la liberté et de la résistance. Cette histoire commune entre le Congo et la France appartient à notre patrimoine historique.

C’est cela, notre histoire.

Mais cette histoire a été progressivement dévoyée et confisquée par la Françafrique.

La nouvelle page de notre histoire exige donc de dépasser nos liens historiques avec la France pour construire une nouvelle relation avec elle.

Il ne s’agit ni de renier notre histoire, ni de tourner le dos à la France. Il s’agit de regarder l’avenir avec lucidité et de promouvoir une autre politique française en Afrique, fondée sur le respect des peuples, la souveraineté des États, la responsabilité et l’intérêt mutuel.

Il faut sortir définitivement des liaisons incestueuses de la Françafrique, de ces réseaux et pratiques qui ont trop souvent permis que les Biens Mal Acquis et les intérêts particuliers se construisent au détriment des peuples africains, et notamment du peuple congolais.

Le temps est venu d’établir entre le Congo et la France des partenariats respectueux, responsables, transparents et ambitieux, à la hauteur des nouveaux enjeux géopolitiques, économiques, sécuritaires, énergétiques et technologiques.

Le Congo ne demande pas à la France de choisir entre son histoire et son avenir. Il lui demande de construire avec lui une relation nouvelle, fondée sur la confiance, la réciprocité et le respect des intérêts de chacun.

Car c’est précisément cette rupture avec les pratiques de la Françafrique qui permettra de restaurer ce qui a été profondément abîmé : la confiance du peuple congolais à l’endroit de la France.

La France doit pouvoir être un partenaire du Congo, et non le partenaire d’un système au détriment du peuple congolais.

C’est ainsi que notre histoire commune pourra retrouver son sens et que pourra s’ouvrir une nouvelle étape des relations entre le Congo et la France, adaptée aux réalités et aux nouveaux enjeux géopolitiques du XXIe siècle.

Fermer la parenthèse, ouvrir une nouvelle page

Oui, il ne faut pas avoir peur de fermer cette parenthèse qui a commencé les 13, 14 et 15 août 1963.

Il ne faut pas avoir peur de regarder en face le gâchis terrible de ces décennies, d’en tirer les leçons et de tourner définitivement cette page sombre.

Car un peuple qui refuse de regarder son histoire ne peut pas construire sereinement son avenir.

Le Congo doit désormais retrouver la maîtrise de son destin.

Cette responsabilité appartient aux filles et aux fils du pays.

Le Congo ne manque ni de compétences, ni d’intelligence, ni de ressources humaines. Ce qui lui a manqué, c’est une vision politique capable de rassembler ces forces autour d’un projet national.

ToPeSA porte cette vision.

ToPeSA : le pont vers le Congo nouveau

ToPeSA est le pont qui permet d’ouvrir cette nouvelle page.

ToPeSA est la restitution de la République aux Congolaises et aux Congolais.

ToPeSA est l’expression de la force, de la volonté et de la détermination des filles et des fils du Congo à reconstruire leur pays.

ToPeSA est la promesse de construire une Nation Pour Tous.

ToPeSA est la restauration de l’État au service de toutes les filles et de tous les fils du pays.

ToPeSA est le résultat de l’évolution politique du Congo depuis la déclaration de la République, le 28 novembre 1958, jusqu’à ce jour, malgré les aléas des différents régimes qui se sont succédés à la tête du pays.

ToPeSA est la passerelle entre notre histoire et notre avenir.

ToPeSA ouvre une ère nouvelle : celle du Congo nouveau.

ToPeSA, la voie et la voix du Congo nouveau.

ToPeSA

Modeste Boukadia
Président du CDRC – Une Nation Pour Tous
Initiateur de ToPeSA

Bucarest (Roumanie), le 19 août 2026 — 11 h 57

Mots-clés : ToPeSA, Congo nouveau, Fulbert Youlou, CDRC, Modeste Boukadia, République du Congo, diplomatie congolaise, France-Afrique, Françafrique, Biens Mal Acquis, Afrique centrale.

lundi 17 août 2026

ToPeSA : Du Congo nouveau à l'Afrique centrale, pour une Afrique à la table des négociations

ToPeSA : du Congo nouveau à l’Afrique centrale, pour une Afrique à la table des négociations

Dans un monde en pleine mutation géopolitique, l’Afrique ne peut plus rester spectatrice des recompositions qui s’opèrent autour d’elle. Du Congo nouveau à l’Afrique centrale, ToPeSA porte une ambition : faire émerger un nouveau phare africain, capable d’éclairer une jeunesse avide de savoir, d’entreprendre et de prendre toute sa place dans le monde. Le Sénégal montre qu’une démocratie peut constituer un modèle et un point d’appui pour son environnement régional ; l’Afrique centrale doit, elle aussi, faire émerger son propre exemple. Dans cette perspective, le Congo a vocation à redevenir un moteur régional et à contribuer à la reconstruction d’un axe stratégique Kampala–Lubumbashi–Pointe-Noire, embryon d’un marché trilatéral ouvert sur l’Afrique de l’Est, l’Afrique centrale et l’Atlantique. L’enjeu dépasse ainsi les frontières du Congo : il s’agit de préparer une Afrique capable de parler d’égal à égal avec le monde et de prendre enfin sa place à la table des négociations.

CONGO, L’AFRIQUE CENTRALE ET LES NOUVELLES OPPORTUNITÉS DU MONDE

C’est pour moi une grande joie de tracer, depuis la Roumanie, pays d’une grande histoire, la voie de l’avènement du Congo nouveau.

Le Congo, mais aussi l’Afrique centrale, constituent aujourd’hui un enjeu majeur de la nouvelle géopolitique mondiale, notamment dans le cadre de la nouvelle politique des États-Unis d’Amérique.

C’est également une opportunité pour les pays de l’Europe de l’Est, comme la Roumanie, de mieux s’ouvrir à ce continent et, particulièrement, à l’Afrique centrale, qui possède des ressources considérables, une position géographique stratégique et une jeunesse qui aspire à prendre pleinement sa place dans le monde.

Car l’histoire nous enseigne une chose essentielle : les relations entre les peuples précèdent souvent les grandes transformations politiques et économiques.

I. LE CONGO : UNE HISTOIRE D’OUVERTURE AU MONDE

Après la proclamation de la République du Congo, le 28 novembre 1958, le pays, sous l’impulsion de son premier président, l’Abbé Fulbert Youlou, s’est ouvert au monde par une politique diplomatique d’avant-garde.

Il a notamment établi des relations privilégiées avec les États-Unis d’Amérique, avec la visite d’État du président Fulbert Youlou aux États-Unis en 1960, où il fut reçu par le président John F. Kennedy.

Il a ensuite été, en 1960, le premier pays d’Afrique subsaharienne à établir des relations diplomatiques avec l’État d’Israël, puis à signer un traité d’amitié entre Israël et le Congo en 1962.

Le Congo voulait alors être à l’avant-garde de l’Afrique, après que sa capitale, Brazzaville, eut été celle de la France Libre, contribuant ainsi à empêcher que le monde ne soit dominé par l’idéologie nazie.

La Première République fut donc le phare d’une nouvelle diplomatie entre l’Afrique, les États-Unis, Israël et le reste du monde.

Il ne s’agissait pas seulement de rechercher des partenaires. Il s’agissait de faire du Congo un pays ouvert sur le monde, capable de dialoguer avec les grandes puissances tout en affirmant sa souveraineté.

Mais malheureusement, cette avancée diplomatique fut stoppée par l’arrivée des « révolutionnaires au pouvoir », en 1963, à la suite du coup d’État contre le président Fulbert Youlou, sous l’appellation fallacieuse des « Trois Glorieuses », par référence aux « Trois Glorieuses » qui se déroulèrent les 27, 28 et 29 juillet 1830 : la révolution parisienne qui dura exactement trois jours et entraîna la chute du roi Charles X.

Le Congo a fini par basculer dans une instabilité politique et économique, jusqu’à l’avènement du Parti congolais du travail, d’obédience marxiste-léniniste, en 1969.

Depuis cette date, le Congo est balloté par une démocratie dévoyée.

Mais l’histoire du Congo ne doit pas être condamnée à se répéter.

Elle doit être réorientée.

Et c’est précisément là que se situe l’ambition de ToPeSA : renouer avec l’esprit d’ouverture, de souveraineté et de rayonnement qui avait permis au Congo de se positionner, dès les premières années de son indépendance, comme un pays tourné vers le monde.

II. REBÂTIR UN CONGO OUVERT SUR L’AFRIQUE ET SUR LE MONDE

Notre vision, elle, est celle de l’avenir.

Rebâtir un Congo nouveau, profondément ancré dans le respect des droits de l’homme, dans l’État de droit et dans la démocratie, mais aussi ouvert à de nouveaux partenaires afin d’établir des relations diplomatiques, économiques et humaines durables et fraternelles.

Car le monde actuel, confronté à de nouveaux enjeux géopolitiques, a besoin d’une Afrique ouverte ; d’une Afrique qui ne soit plus seulement regardée comme un espace de ressources, mais comme un espace d’initiatives, de production, d’innovation et de partenariats.

Et au sein de cette Afrique, l’Afrique centrale occupe une position particulière.

Elle est au cœur du continent. Elle dispose de ressources énergétiques, minières, forestières, agricoles et humaines considérables. Elle est bordée par l’Atlantique. Elle possède des voies fluviales majeures. Et elle constitue un espace de connexion entre l’Afrique de l’Ouest, l’Afrique de l’Est, l’Afrique australe et le cœur du continent.

Cette position stratégique ouvre une possibilité exceptionnelle : faire de l’Afrique centrale un espace de coopération, de stabilité et de nouvelles opportunités.

Mais pour que cette ambition devienne réalité, il faut davantage qu’une accumulation de ressources.

Il faut une vision.

Il faut des hommes et des femmes capables de porter cette vision.

Il faut surtout un phare.

III. UNE JEUNESSE QUI A BESOIN D’UN PHARE

Le Congo de demain, ce n’est pas seulement un territoire. C’est d’abord un peuple. Et ce peuple est jeune.

Selon le recensement général de la population de 2023, peu importe la manière dont il a été réalisé, le Congo compte environ 6,1 millions d’habitants, dont 76 % ont moins de 35 ans.

C’est l’une des structures démographiques les plus jeunes du continent africain.

Cette jeunesse n’est plus une jeunesse recluse. Elle est connectée au monde. Elle observe ce qui se fait à Kampala, à Dakar, à Accra, à Nairobi, mais aussi ailleurs en Afrique et dans le monde.

Et elle se demande légitimement pourquoi le Congo, pays fondateur, pays pionnier de la diplomatie africaine des années 1960, est aujourd’hui à la traîne.

Cette jeunesse ne veut plus subir l’histoire.

Elle veut l’écrire.

Elle a soif de savoir. Elle veut apprendre, comprendre, entreprendre, créer et participer aux décisions qui détermineront son avenir.

Mais une jeunesse qui aspire à l’avenir a besoin d’un horizon.

Elle a besoin d’un exemple.

Elle a besoin d’un phare.

C’est pourquoi l’Afrique centrale doit faire émerger un modèle capable d’inspirer sa jeunesse, de lui montrer que la démocratie, le savoir, le travail, l’entrepreneuriat et la responsabilité politique peuvent constituer les fondations d’un avenir nouveau.

Un pays qui ne donne pas d’avenir à sa jeunesse la pousse vers l’exil ou vers le désespoir. C’est pourquoi le remède est la désimmigration : le retour des immigrés à la maison, vers la terre natale où les attend leur destinée.

Un pays qui investit dans sa jeunesse — dans l’éducation, la formation professionnelle, l’apprentissage, l’entrepreneuriat et l’innovation — se donne les moyens de son propre relèvement.

Mais cette ambition ne concerne pas seulement le Congo. Elle concerne toute l’Afrique centrale, voire toute l’Afrique.

Car une jeunesse africaine formée, entreprenante et connectée constitue l’un des plus grands marchés et l’un des plus grands potentiels de croissance du XXIe siècle.

L’enjeu est donc de créer les conditions pour que cette jeunesse ne soit plus seulement consommatrice de modèles venus d’ailleurs, mais qu’elle devienne elle-même productrice de savoir, de richesse, de technologie, de culture et de solutions.

Le phare que nous appelons de nos vœux n’est pas celui d’un pays qui prétend dominer les autres.

C’est celui d’un pays qui montre la voie.

IV. LE SÉNÉGAL : UN EXEMPLE, L’AFRIQUE CENTRALE : UN NOUVEAU DÉFI

L’Afrique francophone dispose d’exemples qui démontrent qu’une culture démocratique peut s’enraciner dans la durée, malgré les crises, les tensions et les péripéties politiques.

Le Sénégal est, sans le contester, l’un de ces exemples.

Au-delà des péripéties qui ont pu opposer le président et l’ancien Premier ministre, il demeure une référence démocratique importante dans l’espace francophone africain.

L’enseignement que nous devons en tirer n’est pas de copier un modèle extérieur, mais de comprendre qu’une nation peut construire, consolider et défendre des institutions capables de résister aux crises politiques.

L’Afrique centrale doit, elle aussi, faire émerger un tel exemple.

Et ToPeSA s’y projette.

Le Congo nouveau doit pouvoir devenir l’un des points d’appui de cette nouvelle culture démocratique en Afrique centrale : une démocratie fondée sur l’État de droit, la responsabilité, la transparence, l’alternance, la réconciliation nationale et le respect de la dignité humaine.

Nous ne pouvons pas demander à l’Afrique d’être respectée dans le monde si nous ne sommes pas capables de construire chez nous des institutions que nos propres peuples respectent.

Le leadership régional ne se décrète pas.

Il se mérite.

Et il commence par l’exemplarité.

V. DES RESSOURCES NATURELLES HORS NORMES

Le Congo dispose d’atouts que peu de nations peuvent revendiquer simultanément.

Sur le plan forestier, d’abord : les forêts couvrent une grande partie du territoire national, et le pays fait partie intégrante du bassin du Congo, deuxième massif forestier tropical du monde après l’Amazonie.

Mais le bassin du Congo ne s’arrête pas aux frontières du Congo. Il constitue un patrimoine partagé par plusieurs États d’Afrique centrale.

Cela signifie que la protection de cet espace, sa valorisation économique et son développement durable ne peuvent être pensés uniquement à l’échelle nationale. Ils doivent être pensés à l’échelle régionale.

Sur le plan énergétique, ensuite, le pétrole demeure le pilier de l’économie congolaise.

À cela s’ajoutent le gaz naturel, les ressources minières, ainsi que les immenses possibilités agricoles, hydrauliques et forestières.

Mais ces ressources, aussi importantes soient-elles, ne valent que si elles sont mises au service des peuples et non captées par des logiques de rente et de prédation.

Le vrai capital du Congo, ce n’est pas seulement ce qui est sous son sol.

C’est ce qui est dans la tête et dans les mains de ses enfants.

Et c’est également ce qui est dans les mains des peuples d’Afrique centrale et de l’Afrique.

Notre région ne doit plus seulement exporter ses matières premières. Elle doit pouvoir transformer, produire, créer de la valeur ajoutée et, lorsque la consommation locale est enfin assurée, exporter des produits finis.

C’est pour cela que je propose la création de paradis agricoles, en lien avec l’autonomie partielle des régions, dans le cadre d’une décentralisation administrative et financière effective.

C’est là que se trouve l’une des grandes opportunités de notre génération.

VI. LE CONGO, PORTE D’ENTRÉE ET PÔLE RÉGIONAL

Le Congo a vocation, par son histoire, par sa position géographique au cœur de l’Afrique centrale et par son accès stratégique à l’océan Atlantique via le port de Pointe-Noire, à retrouver un rôle moteur dans sa sous-région.

Mais je veux aller plus loin.

Le Congo peut être une porte d’entrée de l’Afrique centrale vers le monde.

Et l’Afrique centrale peut devenir une porte d’entrée du monde vers de nouveaux marchés africains.

Nous devons regarder au-delà des frontières nationales.

Le Congo, la République démocratique du Congo, le Gabon, le Cameroun, la République centrafricaine, le Tchad et les autres pays de notre espace régional ont chacun leurs spécificités, leurs ressources et leurs potentiels.

Mais, ensemble, ils représentent un espace géographique, économique et humain considérable.

Cette sous-région a besoin d’un nouveau souffle. Elle a besoin de corridors de transport, d’énergie et d’infrastructures. Elle a besoin de ports, de chemins de fer, de routes, de numérique, de formation professionnelle et d’industries de transformation.

Elle a surtout besoin de stabilité politique et de confiance entre les peuples.

VII. KAMPALA–LUBUMBASHI–POINTE-NOIRE : L’EMBRYON D’UN MARCHÉ TRILATÉRAL

Plus que jamais, nous devons recréer l’axe Kampala–Lubumbashi–Pointe-Noire.

Cet axe ne doit pas être considéré comme une simple ligne sur une carte.

Il peut devenir l’un des premiers embryons d’un véritable marché trilatéral africain reliant l’Afrique de l’Est, l’Afrique centrale et la façade atlantique.

Kampala représente une ouverture vers l’Afrique de l’Est.

Lubumbashi constitue un carrefour majeur au cœur de l’Afrique centrale et vers l’espace minier de la région.

Pointe-Noire ouvre l’accès à l’océan Atlantique et aux marchés internationaux.

Relier ces trois pôles, c’est penser autrement la géographie économique du continent.

C’est créer des corridors de circulation pour les personnes, les marchandises, l’énergie, les capitaux, les savoirs et les technologies.

C’est permettre à nos économies de mieux se compléter.

C’est favoriser les échanges entre producteurs africains, entrepreneurs africains et consommateurs africains.

C’est aussi créer les conditions d’un marché régional suffisamment important pour attirer de nouveaux partenaires internationaux.

Cette vision nécessite des infrastructures modernes, des routes, des chemins de fer, des réseaux énergétiques, des infrastructures numériques et des procédures commerciales simplifiées.

Mais elle nécessite surtout une volonté politique.

Car les frontières ne doivent plus être des murs qui empêchent les peuples de commercer, de travailler et de construire ensemble.

Elles doivent devenir des passerelles.

L’Afrique centrale ne peut pas attendre que le monde construise à sa place les corridors de son développement.

Elle doit les concevoir, les négocier et les construire elle-même, avec des partenaires choisis sur la base d’intérêts mutuels.

C’est dans cette perspective que le Congo nouveau peut devenir l’un des points d’ancrage de cette nouvelle architecture régionale.

VIII. UN LEADERSHIP RÉGIONAL QUI DOIT ÊTRE RETROUVÉ

La sous-région a besoin d’un pôle de stabilité, d’un pôle capable de parler avec assurance à Washington, à Bruxelles, à Pékin, à Abu Dhabi, à Bucarest et à toutes les autres capitales du monde, sans jamais renoncer à sa souveraineté ni à sa dignité.

Redevenir ce pôle suppose cependant un préalable : la refondation démocratique.

On ne bâtit pas un leadership crédible sur une gouvernance contestée.

La crédibilité internationale du Congo se gagnera d’abord à l’intérieur de ses frontières, par des institutions fortes, un État de droit respecté et une réconciliation nationale sincère entre tous les fils et toutes les filles du pays.

Et ce principe vaut également pour l’Afrique centrale. Et pourquoi pas pour toute l’Afrique.

La stabilité politique n’est pas l’ennemie du développement économique : elle en est la condition.

Le Congo ne pourra prétendre jouer un rôle moteur dans la région que s’il devient lui-même un exemple de stabilité institutionnelle, de liberté, de responsabilité et de développement.

C’est ainsi qu’un leadership national peut se transformer en leadership régional.

IX. FACE AUX NOUVEAUX ENJEUX GÉOPOLITIQUES

Le monde change de visage. Il est en mutation. Les rapports de force se recomposent. Les puissances traditionnelles sont challengées. De nouveaux acteurs frappent à la porte du continent africain.

Dans ce contexte, l’Afrique n’est plus un simple terrain de compétition entre puissances extérieures.

Elle doit devenir actrice de ses propres choix.

Et l’Afrique centrale doit prendre toute sa place dans cette nouvelle donne.

Le Congo, fort de son histoire de pionnier diplomatique, a une carte à jouer : celle d’un pays qui diversifie intelligemment ses partenariats ; qui ne s’enferme dans aucune dépendance exclusive ; qui négocie et s’ouvre ; et qui fait le choix de la transparence, de la bonne gouvernance et de la souveraineté.

Mais cette nouvelle ouverture ne doit pas être comprise comme un changement de dépendance.

Nous ne voulons pas remplacer une dépendance par une autre.

Nous voulons construire des partenariats équilibrés.

Des partenariats qui créent de la valeur ajoutée pour toutes les parties.

Des partenariats qui permettent aux peuples africains de devenir producteurs, entrepreneurs et décideurs d’un avenir certain.

Et surtout, nous voulons que l’Afrique soit autour de la table lorsque se négocie l’avenir du monde.

Pas dans l’antichambre.

Pas dans les couloirs.

Pas comme simple spectatrice.

À LA TABLE DES NÉGOCIATIONS.

X. UNE NOUVELLE OPPORTUNITÉ POUR L’AFRIQUE CENTRALE

Nous sommes peut-être à un moment particulier de l’histoire.

Un moment où les cartes se redistribuent. Un moment où les anciennes certitudes sont remises en question. Un moment où de nouvelles alliances, de nouveaux partenariats et de nouvelles opportunités peuvent émerger.

Et dans cette nouvelle configuration, l’Afrique centrale ne doit pas rester spectatrice.

Elle doit se préparer. Elle doit s’organiser. Elle doit ouvrir ses portes. Elle doit ouvrir ses marchés. Elle doit investir dans sa jeunesse. Elle doit sécuriser ses territoires. Elle doit développer ses infrastructures. Elle doit transformer ses ressources. Et surtout, elle doit restaurer la confiance.

Car lorsqu’un investisseur, un étudiant, un entrepreneur ou un partenaire étranger regarde l’Afrique centrale, il ne doit plus voir seulement des difficultés.

Il doit voir des possibilités.

Il doit voir des hommes et des femmes capables de construire.

Il doit voir des États capables de tenir leurs engagements.

Il doit voir une région capable de dialoguer avec le monde.

Et il doit voir une Afrique centrale prête à saisir les nouvelles opportunités qui s’offrent à elle.

C’est cette Afrique centrale que nous voulons contribuer à construire.

Une Afrique centrale capable de s’appuyer sur ses propres forces, tout en s’ouvrant au monde.

Une Afrique centrale capable de construire ses propres corridors, ses propres marchés et ses propres chaînes de valeur.

Une Afrique centrale capable de faire de sa jeunesse une force et de ses ressources un levier de développement.

Une Afrique centrale capable, enfin, de produire non seulement des richesses, mais aussi des modèles politiques, économiques et démocratiques.

CONCLUSION — OUVRIR LE CHAPITRE DU CONGO NOUVEAU

57 années de pouvoir démocratique dévoyé, et 66 ans après son indépendance, ce n’est pas une fatalité.

C’est une parenthèse.

Une parenthèse que notre génération a le devoir historique de refermer pour ouvrir enfin le chapitre du Congo nouveau.

Un Congo réconcilié avec lui-même.

Réconcilié avec son histoire.

Réconcilié avec son peuple.

Et pleinement réconcilié avec le monde.

Mais au-delà du Congo, c’est toute l’Afrique centrale qui doit désormais écrire une nouvelle page.

Et, au-delà de l’Afrique centrale, c’est toute l’Afrique qui doit se retrouver autour de la table des négociations.

Une page dans laquelle nos pays ne seront plus seulement considérés pour leurs matières premières, mais pour leurs peuples, leur intelligence, leur jeunesse, leur capacité d’innovation, leur position stratégique et leur volonté de construire ensemble.

Nous voulons une Afrique centrale ouverte, souveraine, stable et entreprenante.

Nous voulons une Afrique capable de dialoguer avec toutes les puissances sans appartenir à aucune.

Une Afrique centrale capable d’accueillir de nouveaux partenaires et de créer de nouvelles opportunités.

Une Afrique qui ne demande pas au monde de venir faire son histoire à sa place, mais qui lui dit :

Venez construire avec nous.

C’est cette conviction qui anime notre engagement à travers ToPeSA, la voix et la voie du Congo nouveau.

Du Congo nouveau à l’Afrique centrale, nous voulons ouvrir une nouvelle voie.

Une voie où la démocratie devient une force, où la jeunesse devient le premier capital, où les ressources deviennent des leviers de transformation, où les infrastructures relient les peuples et où les partenariats servent des intérêts mutuels.

Une voie où Kampala, Lubumbashi et Pointe-Noire ne sont plus seulement trois villes séparées par les frontières, mais les points d’ancrage d’une nouvelle dynamique économique africaine.

Une voie où le Congo retrouve sa vocation de phare.

Une voie où l’Afrique centrale retrouve son rôle.

Une voie où l’Afrique tout entière cesse d’attendre que les autres écrivent son histoire.

Car notre ambition est simple :

faire du Congo nouveau le point de départ d’une Afrique centrale nouvelle, et contribuer à faire asseoir l’Afrique à la table des négociations dans un monde en mutation.

Et c’est cette conviction que nous partageons avec toutes les filles et tous les fils :

Le Congo est prêt.

L’Afrique centrale est prête.

L’Afrique est prête.

Elle est prête à s’inscrire pleinement dans les nouvelles opportunités du monde.

Modeste Boukadia
Président du CDRC – Une Nation Pour Tous
Initiateur de ToPeSA

Roumanie, Bucarest, le 17 août 2026 – 14 H 59

Congo-Brazzaville : Cinquante-huit ans de pillages de la pègre du PCT et du CLAN des Nguesso

 


mercredi 12 août 2026

Le 15 août : le jour où le peuple congolais doit reprendre son destin en main

 Le

Le 15 août : le jour où le peuple congolais doit reprendre son destin en main

Message à la Nation à l’occasion du 66ᵉ anniversaire de l’indépendance du Congo

15 août 2026

Mes chers compatriotes,

L’eau potable et l’électricité sont indispensables à la vie. Elles constituent également le fondement de tout développement économique, social et humain.

Aucun pays ne peut bâtir une économie moderne, développer son agriculture, son industrie, ses écoles, ses hôpitaux ou créer durablement des emplois lorsque sa population est privée de ces services essentiels.

Le Congo dispose pourtant de ressources naturelles exceptionnelles, d’un immense potentiel hydraulique et énergétique ainsi que des compétences nécessaires pour garantir l’accès de tous à l’eau potable et à l’électricité.

C’est pourquoi je prends devant le peuple congolais un engagement clair : donner à chaque Congolaise et à chaque Congolais l’accès à l’eau potable et à l’électricité. Ce n’est ni un privilège ni une faveur. C’est un droit fondamental et la première responsabilité de l’État.

Tant qu’un seul foyer congolais sera privé d’eau potable et d’électricité, notre indépendance demeurera inachevée. Voilà pourquoi la restauration de l’État commence par la satisfaction des besoins essentiels de notre peuple.

En ce 15 août, alors que nous célébrons le soixante-sixième anniversaire de notre indépendance, cette exigence nous rappelle qu’une Nation véritablement souveraine est d’abord une Nation capable d’assurer le bien-être de son peuple et de répondre à ses besoins essentiels.

Cette date ne doit donc pas seulement nous inviter à regarder le passé. Elle doit surtout nous conduire à construire l’avenir.

Le Congo possède des ressources immenses, un peuple courageux, une jeunesse talentueuse et tous les atouts nécessaires pour devenir une grande Nation au cœur de l’Afrique. Pourtant, chacun constate que notre pays n’occupe pas encore la place qui devrait être la sienne.

Cette réalité ne doit ni nous résigner ni nous diviser. Elle doit au contraire nous rassembler.

L’heure n’est plus aux affrontements, aux règlements de comptes ou aux divisions.

L’heure est venue de reconstruire notre État, de restaurer la République et de redonner confiance au peuple congolais.

C’est pourquoi j’appelle toutes les Congolaises et tous les Congolais à l’union nationale.

Notre pays a besoin de toutes ses compétences, de toutes ses énergies et de toutes ses sensibilités.

Personne ne doit être exclu de la reconstruction nationale.

ToPeSA : une transition pour restaurer l’État

Cette reconstruction a un nom : ToPeSA, la Transition Politique Structurelle Apaisée, qui sera dirigée par un Premier ministre, Chef du Gouvernement et Chef de l’État, assumant l’autorité suprême des Forces armées afin de conduire le pays vers le Congo nouveau.

ToPeSA est le pont vers le Congo nouveau.

Elle propose de restaurer l’autorité de l’État, de réconcilier les Congolaises et les Congolais, de garantir les libertés publiques, de remettre les institutions au service exclusif de la Nation et de préparer l’avènement d’une République véritablement démocratique, juste, souveraine et respectée, fondée sur l’autonomie partielle des régions et sur une décentralisation administrative et financière effective, permettant de mettre en œuvre la politique des « paradis agricoles ».

Notre ambition n’est pas de remplacer des femmes et des hommes par d’autres. Elle est de donner aux femmes et aux hommes les capacités de produire, en leur permettant d’accéder aux formations professionnelles et artisanales indispensables à leur épanouissement et à leur émancipation, notamment par la création de leurs propres entreprises à travers toutes nos régions, selon le principe libéral de l’économie : « Kulukutu tzia kazu ngua ngolo ka sé », que l’on peut exprimer en lingala par : « Soki ozali na mayele mpe makasi, kela, sala, mpe kende liboso; komitungisa na makambo ya bato mosusu te. » Autrement dit : celui qui possède l’intelligence et la force doit créer, entreprendre et avancer, sans se laisser détourner par les agissements des autres.

C’est précisément cette capacité d’initiative, de production et de création de richesses que l’État doit avoir pour mission de libérer, d’accompagner et de protéger, et non d’entraver. L’émancipation des citoyens et la transformation de l’État sont donc indissociables : un peuple qui produit, entreprend et crée doit pouvoir compter sur un État qui garantit les conditions de sa liberté, de sa sécurité et de son développement.

Notre ambition est ainsi de transformer durablement le fonctionnement de l’État afin que le pouvoir soit enfin exercé au seul service de la Nation et de l’intérêt général. Cela signifie notamment garantir à toutes les citoyennes et à tous les citoyens, sans distinction d’ethnie, d’origine ou d’appartenance, le droit d’accéder aux documents fondamentaux de la citoyenneté : le passeport, la carte nationale d’identité et la carte électorale.

Ces documents seront modernisés et hautement sécurisés afin de garantir l’identité de chaque citoyenne et de chaque citoyen et de lutter efficacement contre la fraude et les usurpations d’identité. Nous procéderons notamment à la modernisation du passeport, qui sera biométrique et intégrera des dispositifs de reconnaissance rétinienne, conformément aux exigences les plus élevées en matière de sécurisation des documents officiels.

Ce principe d’égalité devant l’État n’est pas une simple déclaration d’intention. C’est une exigence républicaine. Je peux en témoigner personnellement puisque, moi-même, je ne dispose d’aucun de ces documents. Et pour cause.

Un appel à l’union nationale

En ce jour symbolique, je forme un vœu : que le 15 août devienne désormais le jour où le peuple congolais reprend son destin en main, dans la paix, la responsabilité, la justice et l’espérance.

Qu’il soit également l’occasion, pour chaque Congolaise et chaque Congolais, de renouveler son engagement envers la République proclamée le 28 novembre 1958, afin d’en assurer la continuité, la restauration et la transmission aux générations futures..

Car une Nation ne vit pas seulement de la mémoire de son passé ; elle vit surtout de la fidélité de son peuple à sa République et de sa volonté commune d’en construire l’avenir.

À travers ToPeSA, nous proposons de restaurer pleinement cette République afin qu’elle soit enfin disponible pour toutes les Congolaises et tous les Congolais, sans exclusion, sans privilège et sans discrimination.

Le Congo nous appartient à tous.

Ensemble, faisons de notre diversité une force, de notre unité une victoire et de notre espérance un avenir.

Bonne fête de l’indépendance à toutes les Congolaises et à tous les Congolais.

Que vive le Congo nouveau !

Vive l’union nationale !

Vive la restauration de l’État !

Vive la République !

Vive le Congo nouveau !

ToPeSA est le pont vers le Congo nouveau.

Modeste Boukadia
Président du CDRC – Une Nation Pour Tous
Initiateur de ToPeSA

Mis en ligne depuis la Roumanie, le 12 août 2026 – 21 h 15

mardi 11 août 2026

Anatole Collinet Makosso, le fossoyeur du développement au Congo-Brazzaville

 


Monsieur Anatole Collinet Makosso, le fossoyeur du développement au Congo-Brazzaville.
 
Le scandale qui entoure actuellement la gestion des passeports congolais pose une question simple, mais fondamentale : qui assume la responsabilité politique d’un tel dysfonctionnement de l’administration publique ?
 
À la tête du gouvernement depuis le 12 mai 2021, monsieur Anatole Collinet Makosso devrait, au minimum, tirer les conséquences politiques de cette situation. Lorsque l’administration d’un État est incapable de délivrer à ses propres citoyens un document aussi essentiel qu’un passeport après en avoir perçu le paiement, c’est la crédibilité même de l’action gouvernementale qui est mise en cause. La prestidigitation politique a ses limites.
 
Une démission ne serait ni un diktat ni une condamnation. Elle constituerait, dans une démocratie attachée à la responsabilité politique, un acte de dignité et de reddition de comptes lorsque les résultats ne sont pas au rendez-vous.
 
Un Premier ministre doit gouverner, pas applaudir. Monsieur Anatole Collinet Makosso exerce les fonctions de Premier ministre depuis plus de cinq ans. Pourtant, les Congolaises et les Congolais peinent à identifier les améliorations concrètes que son action gouvernementale aurait apportées à leur quotidien.
 
La politique ne peut être réduite à la fidélité personnelle à un chef, à des slogans ou à des exercices de communication. La politique est d’abord une affaire de convictions, de décisions et de résultats.
 
Un Premier ministre n’est pas un griot chargé de célébrer son bienfaiteur. Il est le chef du gouvernement et, à ce titre, il porte la responsabilité politique de la conduite de l’action gouvernementale.
 
La finalité de la politique devrait être claire : améliorer les conditions de vie de la population, renforcer l'État de droit, garantir l'efficacité des services publics et créer les conditions du développement économique et social.
 
Le scandale des passeports est une faillite administrative qui exige des explications. La récente intervention de monsieur Jean Olessongo Ondaye, ministre de l’Intérieur et de la Décentralisation, devant le Sénat a mis en lumière l’ampleur des difficultés liées à la délivrance des passeports congolais. Si le chiffre de 50 000 dossiers déjà payés mais toujours en attente est confirmé, nous sommes face à une situation extrêmement grave. Sur la base d’un coût officiel de 50 000 francs CFA par dossier, cela représenterait environ 2,5 milliards de francs CFA déjà encaissés sans que le service correspondant ait été rendu aux usagers concernés.
 
Cette situation appelle des réponses précises :
Où est passé l’argent ?
Pourquoi les documents n’ont-ils pas été délivrés ?
Qui était responsable du dispositif ?
Quelles mesures ont été prises pour réparer le préjudice subi par les citoyens ?
Et surtout, qui devra rendre des comptes ?
 
Ce ne sont pas des questions partisanes. Ce sont des questions de bonne administration, de transparence et de respect du citoyen.
 
La responsabilité politique ne peut être diluée. Monsieur Jean Olessongo Ondaye a succédé, le 24 avril 2026, à Monsieur Raymond Zéphirin Mboulou en poste au ministère de l’Intérieur et de la Décentralisation du 30 décembre 2007 au 24 avril 2026 (18 ans, 3 mois et 25 jours). Pendant de nombreuses années, ce département ministériel avait donc la responsabilité de la politique publique relative notamment aux documents administratifs et aux passeports.
 
Il appartient désormais aux institutions compétentes d'établir précisément les responsabilités administratives, financières et politiques dans cette affaire. Ces pratiques douteuses ont fermé la porte des États-Unis d’Amérique (USA) aux ressortissants de la République du Congo du fait de l’incurie de ses dirigeants.
 
Dans un véritable État de droit, une telle situation devrait donner lieu à une commission d’enquête parlementaire, associant l’Assemblée nationale et le Sénat, afin d’établir les faits, d’identifier les éventuels dysfonctionnements et de déterminer les responsabilités.
 
Personne ne devrait être condamné avant qu’une enquête sérieuse n’ait établi les faits. Mais personne ne devrait non plus être soustrait à l’obligation de rendre des comptes lorsqu’une responsabilité est établie. C’est précisément cela, l’État de droit.
 
Des passeports pour les Congolais pas dans plusieurs mois, mais maintenant. La réponse consistant à commander de nouveaux documents ne saurait constituer, à elle seule, une politique publique. Si l’achat annoncé de 100 000 documents est confirmé, avec une première livraison annoncée de 25 000 unités en septembre 2026 et le solde à la fin de l’année, une question demeure : que fait-on des dizaines de milliers de citoyens qui attendent déjà un passeport qu’ils ont payé ?
 
Le problème est connu. La solution doit donc être à la hauteur. Le Congo est parfaitement capable de prévoir ses besoins, de sécuriser ses chaînes de production et de constituer des stocks suffisants pour éviter que ses citoyens ne soient pris en otage par les défaillances administratives.
 
Un État sérieux anticipe, un État responsable planifie, un État moderne délivre à ses citoyens les documents auxquels ils ont droit.
 
Nous sommes devant une affaire de gouvernance, pas un simple problème technique. Le scandale des passeports ne doit pas être traité comme une simple panne administrative. Il révèle une question beaucoup plus profonde : celle de la qualité de la gouvernance au Congo-Brazzaville. À cela s’ajoute la vente à des ressortissants étrangers des pièces d’état civil permettant l’obtention de la nationalité congolaise. Ça constitue un délit puni par la loi constitutif de l'infraction de faux, usage de faux ou d'obtention frauduleuse de documents administratifs. Monsieur Jean Olessongo Ondaye l’a dénoncé et nous en prenant acte. Mais en politique, il faut prendre ses responsabilités et traduire devant les juridictions compétentes les vrais responsables de ce chaos.
 
Depuis des décennies, les Congolais entendent des promesses de modernisation, de transformation et aujourd’hui d’accélération au développement. Pourtant, les difficultés les plus élémentaires demeurent : accès à l’eau potable, électricité, santé, éducation, emploi, infrastructures, pouvoir d’achat et désormais délivrance normale des documents administratifs.
 
Comment prétendre bâtir un État moderne lorsque le citoyen qui a payé son passeport est incapable de savoir quand il le recevra ? La puissance d’un État ne se mesure pas à ses discours, à ses cérémonies ou à ses inaugurations. Elle se mesure à la qualité du service rendu à ses citoyens.
 
L’argent public doit servir le peuple. Pendant que les Congolais attendent leurs documents administratifs, le pays continue de donner l’impression que certaines dépenses somptuaires bénéficient d’une priorité que les besoins fondamentaux de la population n’ont pas. Les mariages somptueux de la famille présidentielle et les villégiatures à Miami deviennent la norme, ce qui est anormal dans une République. Cette perception nourrit légitimement la colère et le sentiment d’injustice.
 
Le peuple ne demande pas des privilèges. Il demande simplement que l’argent public serve d’abord l’intérêt général. Il demande de l’eau potable, de l’électricité, des écoles, des hôpitaux, des routes, des emplois et des services publics qui fonctionnent.
 
Le fonctionnement actuel du pouvoir congolais rappelle malheureusement le célèbre principe de Peter, selon lequel, dans une hiérarchie, les personnes peuvent être conduites à atteindre leur niveau d’incompétence. Une démocratie saine doit précisément permettre d’éviter cette dérive : les responsabilités doivent être évaluées à l’aune des résultats.
 
Lorsqu’un responsable échoue, il doit pouvoir être remplacé, lorsqu’une politique échoue, elle doit pouvoir être corrigée, lorsqu’une faute est établie, elle doit être sanctionnée. C’est ainsi que fonctionne une République responsable.
 
Il est temps de renouveler la classe dirigeante pour éviter que la situation ne devienne toxique, car le pouvoir corrompt avec le temps. Une vieille formule politique affirme que les dirigeants, comme les couches des bébés, doivent être changés régulièrement, et pour les mêmes raisons. La formule est volontairement provocatrice, mais elle contient une vérité politique : aucun pouvoir ne devrait devenir permanent, aucun responsable ne devrait être considéré comme irremplaçable et aucune fonction publique ne devrait être transformée en privilège à vie.
 
Le pouvoir prolongé sans contrôle finit par produire l'arrogance, l'impunité et l'aveuglement.
 
Le Congo-Brazzaville mérite mieux. Il mérite une République dans laquelle les dirigeants rendent des comptes, où les citoyens sont respectés et où l'État fonctionne au service de tous.
 
Monsieur Anatole Collinet Makosso, le temps des explications est venu. Si votre gouvernement assume la responsabilité de l’action gouvernementale, alors il doit également assumer la responsabilité politique de ses échecs.
 
La République ne demande pas des miracles. Elle exige des résultats.
 
Et lorsque les résultats ne sont pas au rendez-vous, l’honneur commande parfois de savoir partir.
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Patrice Aimé Césaire MIAKASSISSA

lundi 10 août 2026

Les jérémiades du général Olessongo Ondaye

 

Il faut appeler un chat par son nom. L’administration du Congo-Brazzaville est gangrenée par la corruption. Le mal est profond, n’a cessé de maugréer le locataire du Ministère de l’Intérieur, le général Olessongo Ondaye sans jamais , par solidarité maçonnique et/ou solidarité tribalo-clanique, citer Raymond Zéphirin Mboulou ni brandir la sanction des contrevenants dans le scandale des passeports.

Népotisme

A la tête des administrations centrales se trouvent des chefs de gang solidement installés. Parmi eux, figurent en bonne place Raymond Zéphirin Mboulou, pendant plusieurs années à la tête du Ministère de l’Intérieur et Albert Ngondo, au Trésor public.

Pourquoi le général Olessongo Ondaye ne pointe pas du doigt la responsabilité de l’ancien Ministre de l’Intérieur Raymond Zéphirin Mboulou devenu ministre de la Défense qui a transformé la délivrance des passeports en véritable parcours du combattant pour les populations du Congo-Brazzaville et une manne financière pour les agents de la Préfecture ainsi que le personnel de l’Immigration ?

Le fils de « Mama Mouébara » Denis Sassou Nguesso a maintenu à leur poste Raymond Zéphirin Mboulou et Albert Ngondo en dépit de l’éclatement de l’affaire des jeunes filles de la RDC, des sujets de l’Afrique de l’Ouest et des Libanais exhibant leurs passeports pendant que les étudiants du Congo-Brazzaville manifestaient pour dénoncer la mafia des passeports.

Taule

Un militant associatif, Ondélé Kanga Guilain croupit en prison de la CID pour avoir mis à nu les filières de la mafia des passeports qui s’étendent de l’Intérieur au Trésor public en passant par les Affaires étrangères pour les passeports diplomatiques.

Questions d’argent

Où sont passés les 2,500 milliards de francs CFA pour les 50 mille passeports ? Et, pourtant, les occasions ne manquaient pas pour dégager du plancher Raymond Zéphirin Mboulou et ainsi donner un coup de pied dans la fourmilière. Pourquoi la Justice du Congo-Brazzaville n’est-elle pas saisie ? Pourquoi Emmanuel Olita Ondongo (HACL) et André Oko Ngakkala (Procureur de la République) sont-ils muets comme une carpe ? Aucun franc des passeports ne doit être touché par les fonctionnaires du Ministère de l’Intérieur. Tout doit transiter sur un compte séquestre domicilié dans une banque privée de la place. Pourquoi n’y avoir pas pensé plus tôt ? Que va donc devenir le Trésor public d’Albert Ngondo si tant est que toutes les administrations se passaient des services du Caissier de l’Etat ?

Benjamin BILOMBOT BITADYS