15 mars au Congo : Denis Sassou Nguesso peut-il rester au pouvoir sans le peuple ?

15 mars au Congo : Denis Sassou Nguesso peut-il rester au pouvoir sans le peuple ?
"À quelques jours du scrutin du 15 mars au Congo, une question hante désormais le débat politique : celle de l’abstention. Après plus de quatre décennies de pouvoir de Denis Sassou Nguesso, une partie croissante de la population semble avoir choisi une forme silencieuse de contestation : ne pas se rendre aux urnes. Face à ce risque de désaveu populaire, le pouvoir multiplie les opérations de mobilisation, après avoir longtemps gouverné par la peur, marquée par des exécutions sommaires, des villages incendiés et des vies humaines brisées. Dans ce contexte, l’avenir politique du pays pourrait bien se jouer ailleurs : dans la capacité des Congolais à reconstruire une véritable union nationale."
Une campagne électorale sans véritable débat
En principe, une campagne électorale est un moment démocratique consacré à la présentation et à la confrontation des programmes des différents candidats déclarés à une élection présidentielle.
Mais au Congo sous le joug du PCT, la situation semble bien différente.
Depuis que Denis Sassou Nguesso a fait acte de candidature, en sollicitant le soutien de réseaux hérités de la Françafrique, un système qui contribue désormais à fragiliser la présence et l’image de la France sur le continent africain, une préoccupation majeure domine : celle d’une abstention massive.
Car le vide devant les urnes pourrait changer la nature des choses.
L’obsession de remplir les urnes même sans les électeurs
Conscient de ce risque, le pouvoir multiplie les initiatives pour attirer vers les bureaux de vote une population qu’il a pourtant appauvrie au fil de quarante-deux années de règne ininterrompu, sans coup d’État qui aurait pu l’empêcher de gouverner, dans un système marqué par la corruption et les distributions d’argent : 2000 francs par-ci, 5000 francs par-là.
Une pratique qui transforme malheureusement une partie de la population en receleuse involontaire d’un système de corruption politique.
Mais malgré ces tentatives, rien ne semble fonctionner comme prévu.
Le pays a déjà choisi l’abstention
À Pointe-Noire, l’abstention semble déjà avoir été choisie par une grande partie de la population.
À Brazzaville également.
Dans plusieurs départements du pays — la Likouala, la Sangha, la Cuvette-Ouest et la Cuvette — les signaux vont dans le même sens.
Même dans les Plateaux, où la pression politique est forte et où certaines visites du candidat non déclaré ont parfois tourné à la mise en scène peu respectueuse de nos traditions, rien n’apparaît véritablement acquis.
Dans le Pool, région marquée par des conflits passés avec le partenaire de paix et par la destruction de nombreux villages, des rassemblements festifs ont été organisés, des jeunes ont été mobilisés pour danser. Mais selon plusieurs informations, beaucoup d’entre eux n’auraient aucune intention de se rendre aux urnes.
La situation soulève également des interrogations dans la Lékoumou, où le responsable local des opérations électorales s’était tragiquement donné la mort après la visite de Denis Sassou Nguesso à Sibiti.
Qu’en est-il de la Bouenza et du Niari ?
Une chose semble de plus en plus claire : le peuple congolais n’est pas dupe.
Une occasion manquée pour l’avenir du pays
De l’argent continue d’être distribué. Pourtant, cet argent aurait pu être investi autrement : dans la création d’entreprises, dans l’économie réelle et dans l’emploi des jeunes.
Mais cela supposerait une vision différente du pouvoir.
Car ce qui semble primer, c’est la mise en scène, la fête permanente, les chants de louanges célébrant quarante-deux années d’un bilan que beaucoup jugent sévèrement y compris par les membres de son gouvernement appartenant à la même famille politique.
Le peuple, lui, observe.
Et de plus en plus de Congolaises et de Congolais semblent faire un choix simple : rester chez eux.
L’abstention pourrait alors devenir la véritable réponse politique d’une population qui ne se reconnaît plus dans ce processus électoral.
Ainsi, Denis Sassou Nguesso pourrait encore une fois triompher…
mais sans le peuple.
Comme à l’accoutumée, en pleine nuit, en faisant couper électricité, téléphonie et Internet.
Et après ?
C’est précisément là que se pose la question essentielle pour l’avenir du pays.
ToPeSA propose une voie : celle de l’union nationale, afin d’éviter que la République du Congo ne bascule dans une nouvelle crise politique d’une violence inouïe.
Car une évidence doit être rappelée :
On peut se proclamer vainqueur d’une tartufferie d’élection, mais on ne gouverne jamais durablement contre son peuple.
Modeste Boukadia
Président du CDRC – Une Nation Pour Tous
Initiateur de ToPeSA
11 mars 2026 – 10h21
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