ToPeSA : Traverser le pont vers le Congo Nouveau

ToPeSA : Traverser le pont vers le Congo nouveau
Mot au Peuple Congolais — 15 juin 2026
Chères Compatriotes, Chers Compatriotes,
En ce jour d’anniversaire, je devais m’entretenir avec vous à travers l’émission Ebaka Show — cette émission née le 16 janvier 2016, lendemain de mon arrestation arbitraire pour avoir simplement demandé un gouvernement d’union nationale et dénoncé la dérive tribale du régime PCT. Monsieur Robert Ebaka, éprouvé par le deuil de sa maman, la Veuve Ebaka née Clarisse Nkouka, ne peut être parmi nous ce soir. Je lui adresse toute ma compassion fraternelle.
Je remercie du fond du cœur toutes celles et tous ceux qui m’ont adressé leurs vœux, rappelé les réalités douloureuses du pays, et exprimé l’espoir que porte ToPeSA. Je ne suis que le porte-parole d’un projet qui appartient à tout le peuple congolais. Leurs mots — calme, courage, détermination — résonneront tout au long de ce message.
Le Congo plongé dans la popopologie
Les Congolaises et les Congolais connaissent le popori, cet oiseau qui fait beaucoup de bruit. De ce bruit vide est née la popologie — et au-delà, la popopologie (ni popopo) : un silence si criard que l’on entendrait un mort dormir.
C’est le silence de mort organisé. C’est l’état dans lequel notre peuple est réduit à chuchoter, à regarder par-dessus son épaule, à avaler ses larmes et à sourire à son bourreau. La popopologie, c’est quand la peur a définitivement remplacé la parole. Quand les gens préfèrent se taire plutôt que d’être emprisonnés, torturés ou tués.
Aujourd’hui, le Congo s’est mué en pays zombie. Les marchés sont ouverts, mais les bouches sont fermées. Les rues sont animées, mais les consciences sont anesthésiées.
Cette situation repose sur deux formes de répression indissociables. La répression physique d’abord : arrestations arbitraires, disparitions orchestrées par des milices en uniforme, terreur quotidienne. Puis la répression psychologique : avec le temps, la peur colonise les esprits. Les Congolais finissent par intérioriser leur propre oppression — ils deviennent les gardiens de leur propre prison. C’est précisément le but ultime du PCT : que le peuple se surveille lui-même.
Et pendant ce temps, pour éviter de voir le résultat de leur échec politique qui a fait sombrer le pays, ils célèbrent des mariages à tout va — cycle effréné d’unions et de divorces, de violences envers les femmes aussitôt pardonnées facilement. Bref, c’est une fuite en avant organisée devant les responsabilités collectives.
Le 15 mars 2026 : un coup d’État en costume-cravate
Le monde a assisté à ce que j’appelle un coup d’État constitutionnel. L’Assemblée nationale écartée. Le Conseil constitutionnel aux ordres. Les généraux au garde-à-vous. Et la communauté internationale ? Elle a regardé ailleurs, comme toujours.
Les partenaires traditionnels ont envoyé leurs représentants pour sécuriser les contrats pétroliers. Tant que le pétrole coulera au bénéfice de certaines puissances, le système PCT aura ses parrains. Les 750 000 Congolais disparus, les victimes du Beach, le génocide d’Ikonongo et du Pool, les assassinats de Marien Ngouabi, d’Alphonse Massamba-Débat, du cardinal Émile Biayenda — tout cela est traité comme quantité négligeable, tandis qu’ailleurs deux morts dans un accident de voiture occupent les écrans pendant des heures.
ToPeSA : la voie vers le Congo Nouveau
ToPeSA, c’est d’abord une conviction : le salut du Congo viendra du peuple congolais lui-même, armé de conscience, de dignité et d’organisation. Notre démarche repose sur quatre piliers.
La décolonisation mentale. Avant de changer les institutions, il faut changer les esprits. Briser la popopologie, c’est redonner à chaque Congolais le sentiment qu’il a le droit de dire non — que sa parole a de la valeur, que sa vie a de la valeur.
La restauration de l’État de droit. ToPeSA ne cherche pas à remplacer un homme par un autre. ToPeSA, c’est remplacer un système par des institutions robustes, indépendantes, au service du peuple : une justice libre, une armée républicaine, une administration dépolitisée.
La réconciliation nationale. Le Congo porte trop de blessures ouvertes — les guerres des années 90, les fractures ethniques instrumentalisées par le régime. ToPeSA propose une réconciliation, non pas pour oublier, mais pour cicatriser ensemble.
Le développement souverain. Le Congo est l’un des pays les plus riches d’Afrique centrale. Ses ressources pétrolières, forestières, hydrauliques appartiennent au peuple. ToPeSA défend un modèle où la rente nationale finance l’école, l’hôpital, la route — et non les palais et les comptes offshore.
Le pont vers le Congo Nouveau
Entre le Congo d’aujourd’hui — celui de la peur, de la pénurie, de la honte — et le Congo de demain — celui de la dignité, de la liberté, de la prospérité partagée — il y a un pont à traverser. Ce pont, personne ne peut le franchir à notre place. C’est le peuple congolais qui le traverse, les pieds ensemble, solidairement.
Comment sortir de la popopologie ? Trois leviers immédiats.
Briser l’isolement par la parole. La popopologie prospère dans le silence individuel. Mais si vous êtes dix à parler, cent à témoigner, mille à diffuser — le silence devient impossible à maintenir. Malgré les coupures d’électricité et les tentatives d’étouffement numérique, les réseaux sociaux demeurent une arme puissante. Chaque vidéo, chaque témoignage, chaque image qui sort du Congo est une balle dans la carapace du mensonge d’État.
Organiser la résistance civile. ToPeSA structure des réseaux de solidarité à l’intérieur du pays et dans la diaspora. Grèves silencieuses, boycotts ciblés, désobéissance civique non violente — ce sont les outils que des peuples opprimés partout dans le monde ont utilisés pour reconquérir leur liberté.
Unifier l’opposition. Trop longtemps, l’opposition congolaise a été son propre ennemi — divisée, fragmentée, parfois noyautée. ToPeSA lance un appel solennel à toutes les forces démocratiques pour construire un front uni, avec un programme clair et une stratégie partagée.
À ceux qui appellent à la violence : je comprends la frustration, je la partage. Mais la violence armée n’a jamais apporté la démocratie au Congo. Les guerres des années 90 ont accouché de plus d’autoritarisme. La violence offre au régime le prétexte qu’il cherche pour intensifier la répression. Notre force, c’est notre nombre. Notre légitimité. Notre organisation. Notre courage civil. Un peuple conscient et organisé est plus puissant qu’une armée.
Le rôle de la diaspora
La diaspora est le poumon de la résistance. Elle dispose de la liberté de parole, des ressources, des réseaux et de l’influence que n’ont pas ceux qui vivent sous la botte à Brazzaville, Pointe-Noire ou ailleurs. Elle doit se mobiliser devant les mairies des villes où vivent les Congolais, interpeller les chancelleries européennes, porter la vérité congolaise auprès de l’Union africaine et des organisations de défense des droits humains.
Mais j’insiste : la diaspora doit s’unir au-delà des querelles d’ego. Le Congo n’a pas besoin de chefs qui se disputent des strapontins en exil. Il a besoin de serviteurs pour le respect des droits de l’homme, pour la démocratie et pour la république pour asseoir la nation qui est notre cause.
Quant à la France : elle a une responsabilité historique et morale considérable. Pendant des décennies, la Françafrique a entretenu Sassou Nguesso au service des intérêts pétroliers français. Le moment est venu de choisir — le peuple congolais ou un dictateur en fin de règne. Les Français eux-mêmes, dans leur majorité, ne veulent plus que leur gouvernement protège des régimes qui oppriment des peuples.
Message au Peuple Congolais
Je vous vois. Je vois votre souffrance et votre dignité bafouée. Je vois le fonctionnaire qui n’a pas été payé depuis des mois. Je vois la mère qui ne peut pas soigner son enfant. Je vois le jeune diplômé qui végète sans emploi. Je vois le vieux sage qui a honte du Congo qu’il laissera à ses petits-enfants.
Vous n’êtes pas seuls. ToPeSA est là. La diaspora est là. Et surtout — vous êtes ensemble, même dans votre silence.
Et voici la chose la plus importante : la peur a une date de péremption. Tous les régimes qui ont cru avoir réduit leur peuple au silence éternel ont fini par tomber. Ceaușescu est tombé. Ben Ali est tombé. Mobutu est tombé. L’histoire n’a jamais donné raison aux tyrans.
Le Congo Nouveau n’est pas un rêve. C’est un chantier. Et ce chantier appartient au peuple congolais.
Levons-nous. Ensemble. Avec dignité. Sans violence, mais sans peur.
Le pont vers le Congo Nouveau, nous le traverserons. Tous ensemble.
« La vérité ne se négocie pas — elle se dit. »
Modeste Boukadia
Président du CDRC – Une Nation Pour Tous
Initiateur de ToPeSA
15 juin 2026 — 18h51
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