samedi 18 juillet 2026

Madame Françoise Joly, la femme qui veut tout entendre !


C’est la femme aux grandes oreilles, Vice-présidente de fait du Congo-Brazzaville, qui veut contrôler les réseaux sociaux et la téléphonie au Congo-Brazzaville au travers de l’ARPCE (Agence de Régulation des Postes et des Communication Électroniques),  l'Autorité congolaise de contrôle, de suivi et de régulation des secteurs des Postes et Communications Électroniques.
 
Cette intrusion dans la surveillance de masse des Congolaises et des Congolais à travers l’ARPCE en dehors de tout cadre juridique légale nous questionne sur la destinée de cette masse d’informations et de son utilisation. Même le service de la CID (Centrale d'Intelligence et de la documentation) au sein de l’ARPCE échappe maintenant au contrôle de monsieur Jean-Dominique Okemba, pour ne plus rendre des comptes qu’à madame Françoise Joly.
 
Au Congo-Brazzaville, le pouvoir ne se joue plus seulement dans les palais présidentiels ou les casernes. Il se déplace désormais vers un autre terrain stratégique : le contrôle des communications, des données numériques et des réseaux de télécommunication.
 
C'est dans ce contexte que le nom de madame Françoise Joly revient avec insistance dans de nombreux cercles politiques. Selon diverses sources et analyses, elle exercerait une influence croissante au sein de l'ARPCE (Agence de Régulation des Postes et des Communications Électroniques), l'autorité chargée de réguler les télécommunications au Congo. Mais au service et pour le compte de qui ?
 
Officiellement, l'ARPCE veille au bon fonctionnement du secteur. Mais de nombreuses interrogations demeurent sur l'étendue réelle de ses missions et sur les pouvoirs qui lui seraient progressivement confiés.
 
Pendant ce temps, une autre figure historique du régime semble perdre de son influence. Jean-Dominique Okemba, longtemps considéré comme l'un des hommes les plus puissants du système sécuritaire, paraît avoir été progressivement marginalisé. Les départs successifs de plusieurs de ses proches au sein des services de sécurité alimentent l'idée d'un profond rééquilibrage des rapports de force au sommet de l'État.
 
Parallèlement, la proximité remarquée entre madame Françoise Joly et monsieur Louis Marc Sakala, directeur général de l'ARPCE nommé par décret présidentiel du 9 avril 2020, suscite de nombreux commentaires. Leur présence commune lors de plusieurs déplacements officiels nourrit les spéculations sur le rôle grandissant de cette institution dans les équilibres du pouvoir.
 
Une question demeure, pourquoi une agence chargée de réguler les télécommunications semble-t-elle occuper aujourd'hui une place aussi stratégique dans les rouages de l'État ?
 
Les inquiétudes portent notamment sur la collecte et l'exploitation des données numériques des citoyens. Plusieurs observateurs évoquent l'existence de capacités de surveillance électronique particulièrement développées. Si de telles pratiques étaient avérées, elles soulèveraient de graves interrogations quant au respect de la vie privée, des libertés publiques et de l'État de droit.
 
Au-delà des personnes, c'est surtout la logique du système qui mérite d'être analysée.
 
Dans les régimes autoritaires, le véritable enjeu n'est plus seulement de remporter une élection. Il consiste à contrôler les leviers qui garantissent la conservation du pouvoir à savoir les ressources pétrolières, les circuits financiers, les services de sécurité, les moyens de communication et les infrastructures numériques.
 
Sous cet angle, la SNPC (Société Nationale des Pétroles du Congo), qui contrôle la rente pétrolière, et l'ARPCE, qui supervise les infrastructures numériques, apparaissent comme deux instruments stratégiques d'un même dispositif : l'un contrôle les ressources économiques, l'autre les flux d'information.
 
Cette évolution laisse penser que le régime prépare moins une alternance démocratique qu'une succession organisée au sein de son propre système. L'objectif serait moins de changer le pouvoir que d'assurer sa continuité, quel qu'en soit le futur visage.
 
Dans cette perspective, le renforcement des appareils sécuritaires et le développement de partenariats avec plusieurs puissances étrangères notamment la Russie, les Émirats arabes unis, la Turquie ou encore l'Azerbaïdjan sont souvent interprétés comme des moyens de préserver les intérêts politiques et économiques du pouvoir en place.
 
Pendant que ces recompositions occupent les sommets de l'État, les préoccupations quotidiennes des Congolaises et des Congolais restent largement sans réponse : chômage, pauvreté, dégradation des services publics, crise économique, recul des libertés et absence de perspectives pour la jeunesse.
 
Le pays semble avancer sans véritable cap politique, tandis que l'essentiel de l'énergie du pouvoir paraît consacré à préparer l'après-Sassou plutôt qu'à répondre aux attentes de la population.
 
Au Congo-Brazzaville, la seule accélération visible est celle de la préparation de la succession au sommet de l'État.
 
Or, lorsqu'un régime concentre simultanément le contrôle des richesses nationales, des appareils sécuritaires et des infrastructures numériques, il acquiert aussi la capacité d'influencer l'information, d'encadrer le débat public et de surveiller les citoyens.
 
L'histoire montre qu'aucun pouvoir ne demeure éternel. Mais chaque fois que le contrôle de l'information devient un instrument de gouvernement, les libertés individuelles reculent et la démocratie s'affaiblit.
 
Le véritable enjeu dépasse donc les personnes. Il concerne l'avenir de l'État de droit, la protection des libertés publiques et le droit des Congolais à vivre dans une République où les institutions servent les citoyens plutôt que la préservation d'un système politique.
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Patrice Aimé Césaire MIAKASSISSA

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