jeudi 25 septembre 2014

(Congo-Brazzaville) La journaliste congolaise Sadio Kanté torturée et expulsée vers Bamako par le pouvoir de Sassou Nguesso


Sadio Kanté torturée par la police en 2013
Sadio Kanté torturée par la police en 2013

La police congolaise a annoncé mardi à Brazzaville avoir expulsé vers le Mali une journaliste au motif qu’elle n’a pas de titre de séjour, mais l’intéressée affirme être de nationalité congolaise et dénonce une manoeuvre du pouvoir pour l’éloigner.

« Sadio Kanté, de nationalité malienne, née à Brazzaville en 1968 [...] a été expulsée du territoire congolais pour défaut de titre de séjour », écrit la Direction générale de la police nationale congolaise dans un communiqué.

Jointe au téléphone par l’AFP à Bamako, Mme Kanté a indiqué avoir été expulsée dans la nuit de lundi à mardi. « Je suis congolaise. Ils veulent me régler mon compte parce que je dérange », a-t-elle dit, indiquant être née au Congo d’un père malien et d’une mère sénégalaise.
« Le pouvoir m’avait dans le collimateur depuis un moment », a-t-elle ajouté.

Mme Kanté est l’une des premières à avoir alerté l’opinion sur l’agression dont a été victime au début du mois le journaliste camerounais Elie Smith, attaqué de nuit à son domicile de Brazzaville par des hommes armés, qui ont violé sa soeur.

Ces violences ont été dénoncées ensuite par Reporters sans frontières (RSF), pour qui « le scénario du braquage cacherait en réalité une expédition punitive » pour faire taire un journaliste dont la liberté de ton dérangerait le pouvoir, du président Sassou Nguesso, à la tête de l’Etat depuis 1997.

Aujourd’hui journaliste indépendante, Mme Kanté a collaboré quelque temps avec l’agence de presse Reuters comme vidéaste.

En vertu de la loi congolaise, toute personne née au Congo a droit à la nationalité de ce pays.
Mme Kanté dit être entrée la dernière fois au Congo en 2012 avec un sauf-conduit délivré par le consulat du Congo au Mali, étant donné qu’elle avait perdu son passeport.

Affirmant avoir été brutalisée ou intimidée à plusieurs reprises par les forces de l’ordre depuis un an, Mme Kanté affirme avoir demandé il y a « plusieurs mois » sa carte d’identité congolaise mais que celle-ci ne lui a jamais été délivrée.

« Je reviendrai chez moi, je n’ai pas besoin de visa », dit-elle.

La République du Congo occupe la 82e place, sur 180 pays, dans le classement mondial 2014 de la liberté de la presse établi par RSF.

Brazzaville, 23 sept 2014 (AFP)

mardi 12 août 2014

(Afrique/françafrique) : Washington saisit les comptes bancaires de l’ancien dictateur nigérian Abacha

Washington saisit les comptes bancaires de l’ancien dictateur nigérian Abacha


Sani ABACHA
Sani ABACHA

Le département de la Justice américain a indiqué jeudi avoir obtenu légalement le droit de saisir près d’un demi-milliard de dollars d’argent issu de la corruption et caché sur des comptes bancaires par l’ancien dictateur nigérian Sani Abacha.
La décision de justice rendue mercredi permet aux Etats-Unis de mettre la main sur 480 millions de dollars qu’Abacha, à la tête du Nigeria de 1993 jusqu’à sa mort en 1998, et ses acolytes avaient détourné vers des comptes bancaires à Jersey, en Angleterre, en Irlande et en France. Cela ne représente toutefois qu’une partie de l’argent détourné par l’ancien dictateur et Washington cherche toujours à pouvoir récupérer également 148 millions de dollars placés sur d’autres comptes en Grande-Bretagne. La justice américaine a obtenu le droit de pouvoir demander le transfert de ce demi-milliard de dollars car cet argent sale avait transité dans un premier temps par le système financier américain. « Le général Abacha et d’autres ont systématiquement détourné des milliards de dollars de fonds publics de la Banque centrale du Nigeria sous le faux prétexte que cet argent était nécessaire pour la sécurité nationale« , a précisé le département de la Justice américain. « Les conspirateurs retiraient l’argent en cash et transféraient l’argent à l’étranger par le biais d’institutions financières américaines« , a-t-il encore précisé. Le porte-parole du département de la Justice, Peter Carr, a noté qu’il ne savait pas combien de temps serait nécessaire pour que les Etats-Unis prennent réellement possession des fonds et les rendent au Nigeria. « Notre objectif est de rapatrier les fonds pour le bénéfice du peuple nigérian« , a-t-il dit. (Belga)

Source : BELGA

vendredi 20 juin 2014

(France/Afrique/Françafrique) Laurent Gbagbo, l'ancien président ivoirien règle ses comptes avec la Françafrique



chirac-gbagbo
chirac-gbagbo

Les magistrats de la Cour pénale internationale ont suffisamment d’éléments à charge contre Laurent Gbagbo. Détenu depuis 2011 à La Haye, il n’attend pas son procès les bras croisés. Dans « Pour la vérité et la justice », il dévoile sa stratégie de défense. Et comme la meilleure défense, c’est l’attaque, il raconte longuement ce qu’il pense de Chirac, Villepin, Sarkozy et Hollande. Et ça déménage…

EXTRAITS

Chirac a besoin d’argent

C’était en 2001, je pense. Villepin et Robert Bourgi m’ont demandé de cracher au bassinet pour l’élection en 2002 en France. Nous étions au Voltaire, un restaurant qui est sur le quai du même nom, près de la Documentation française [à Paris, près du domicile privé de Jacques Chirac, NDLR]. C’était le prix pour avoir la paix, en Françafrique. J’ai eu une entrevue avec Chirac, tout s’est très bien passé, il m’a raccompagné, il était très amical, et il m’a dit en me tapant sur l’épaule, sur le perron : « Je ne suis pas un ingrat. » Je ne suis pas fier de cet épisode, mais je pensais y gagner la marge de manoeuvre nécessaire pour avancer vers nos objectifs. On me l’a reproché en disant que c’était la preuve de mon double langage, que je m’appuyais sur le néocolonialisme pour le critiquer. Comme si on pouvait toujours répondre à des partenaires aussi puissants, sans employer la ruse et la diplomatie. On m’a mis dès le début en situation de crise et d’urgence permanentes. Au moins, ils ne sont jamais revenus à la charge. Je n’aurais pas accepté. Ils le savaient. Cela n’a pas amélioré nos relations. Plus tard, Chirac a dit que je l’avais « manqué » (…)

Les 18 et 19 septembre 2002, j’étais en voyage officiel à Rome. A peine arrivé, qui je vois, à l’hôtel ? Robert Bourgi. Bien sûr, j’ai trouvé la coïncidence curieuse et, pour tout dire, ça ne pouvait pas en être une. Nous avons dîné ensemble (…) Je suis rentré à l’hôtel. Vers 3 ou 4 heures du matin – il était 2 heures à Abidjan – j’ai été informé par un coup de fil de l’attaque militaire massive déclenchée dans tout le pays. Je décide de rentrer immédiatement. Robert Bourgi apparaît à ce moment et insiste : « Passe à Paris voir ton grand frère [Chirac]. » Sur le moment, j’ai pensé à tous ces chefs d’Etat, en Afrique, qui étaient partis en voyage et n’avaient jamais pu rentrer (…) Je ne suis pas allé à Paris, voir Chirac. Je suis rentré à Abidjan.

Pour qui se prend Villepin ?

Je suis arrivé le jeudi 23 janvier 2003, par un vol régulier d’Air France : je craignais qu’on tire sur mon avion présidentiel. Tout est toujours possible. Je devais voir Chirac le lendemain à 16 heures à l’Elysée. Le matin de ce fameux vendredi, on m’a glissé sous la porte de ma chambre, à l’hôtel Meurice, le texte des accords de Marcoussis. Bongo était descendu dans le même hôtel, pour me travailler au corps. C’était un ami de Ouattara, et le plus fidèle allié de la France depuis la disparition d’Houphouët. A 11 heures, je suis parti pour l’Elysée,Le Monde était déjà paru. Je l’ai lu dans la voiture, j’ai découvert qu’ils y donnaient déjà, en page 2, le nom du futur Premier ministre, une proche de Ouattara, membre de son parti, le RDR, Henriette Diabaté. Quand nous avons été ensemble, Chirac, Galouzeau et moi, Chirac me dit qu’il tient à ce que Henriette Diabaté soit Premier ministre. Merci, je l’avais déjà lu dans le journal ! C’est exactement ça, la Françafrique. J’ai refusé de signer (…) Villepin m’a ainsi clairement signifié le peu de respect qu’il avait pour moi et pour ma fonction. Villepin, Soro et Ouattara ont repris en choeur la rengaine Henriette Diabaté. On aurait dit une chorale qui avait répété ensemble son concert. J’ai dit à Villepin : « Vous n’écoutez donc même pas votre président ? » Il semblait se prendre un peu pour Jacques Foccart, un peu pour Jacques Chirac, et je me demande s’il ne se croyait pas supérieur aux deux, en se prenant pour Dominique de Villepin.

Une bavure française

[A propos du bombardement par l'aviation ivoirienne d'une base militaire française à Bouaké en novembre 2004, qui a fait 9 morts.] La sécurité militaire ne lâchait pas les pilotes d’une semelle, ni le jour ni la nuit. Elle savait combien de bières ils buvaient, où ils sortaient, à quelle heure et avec quelles filles ils rentraient. Des militaires français les côtoyaient, dans les boîtes de nuit, dans les « maquis » d’Abidjan. Les deux pilotes avaient été filmés et photographiés par les Français au retour de leur mission de bombarde (…) Le ministre de l’Intérieur du Togo, François Boko, les fait arrêter. Il les garde dix jours. Il appelle l’ambassade de France, le ministère des Affaires étrangères à Paris, le ministère de la Justice, pour dire : « Nous les tenons à votre disposition. » Le président Eyadema, qui était très servile vis-à-vis de la France, parce qu’il avait besoin de son aide et de celle de l’Europe, était prêt à tout pour faire plaisir à Chirac. Eh bien ! La France n’en a pas voulu !… Cela prouve bien qu’il s’agit d’une bavure française, et non d’une bavure ivoirienne. Mon explication, c’est qu’il y avait une filière parallèle.

Hollande, le lâcheur, et Sarkozy, l’arrogant

François Hollande, il venait me voir à mon hôtel chaque fois que j’étais à Paris. Je n’en ai jamais rien attendu, et je n’en attends rien. Les avocats de Ouattara ici, à La Haye, sont ses amis intimes, Jean-Paul Benoit et Jean-Pierre Mignard. Ouattara ne les a certainement pas choisis au hasard. Il sait ce que lobbying veut dire… Les socialistes français ont un complexe… Ils veulent faire croire qu’ils gouvernent comme la droite. Au début des années 2000, Villepin les a tous manipulés, en leur disant le monstre que j’étais… Ils ont eu peur d’être éclaboussés, ils m’ont lâché (…). Sarkozy, c’est autre chose. Je l’ai rencontré pour la première fois à New York, à l’Onu, en 2007. C’est Robert Bourgi qui m’avait suggéré de faire le déplacement, pour voir le nouveau président, après tous les problèmes que j’avais eus avec Chirac. Je n’avais donc aucun a priori négatif. Il a quitté l’aire réservée aux cinq membres du Conseil de sécurité dès qu’il m’a vu, et il est venu me serrer la main. « Président, ces élections, vous les faites quand ? » (…) La discussion s’est arrêtée là. Chez lui, à la place des idées, il y a l’arrogance

« Pour la vérité et la justice », de Laurent Gbagbo et François Mattei (éd. du Moment, 320 p., 19,95 E). Parution, le 26 juin.

jeudi 12 juin 2014

(Congo-Brazzaville) Scission du Congo : Compte rendu de la conférence de Presse sur la création de l’état Sud Congo

by Officiel Brazzanews
la création de l’état Sud Congo

Conférence de Presse sur la création de l’état Sud Congo
10 Juin 2014 – Salon Hoche, Paris

Le Conseil provisoire, signataire de la déclaration de création de l’Etat Sud Congo, a tenu une conférence de presse au cours de laquelle ses porte-paroles, Robert Poaty Pangou et Modeste Boukadia ont respectivement repréciser les raisons profondes de cette décision et indiquer les conséquences politiques et juridiques qui en découlent.

Tout en rappelant principalement les faits criminels dont ont été et sont toujours victimes des personnalités et anonymes originaires des régions Sud du Congo, Robert Poaty Pangou a justifié la création de l’état Sud Congo par la nécessité de protéger des vies humaines en s’exclamant « Nous ne voulons plus nous faire tuer et nous ne nous ferons plus tuer ».

Il a ainsi rappeler les crimes politiques et massacres de masse dont ont été victimes le président Alphonse Massamba-Débat, ancien chef d’état du Congo dont la dépouille n’a jamais été retrouvée, le Cardinal Emile Biayenda, enterré vivant, le président Marien Ngouabi, ancien chef d’état du Congo, dont l’accusation d’assassinat fut portée à tord sur des congolais originaires du Sud Congo tous massacrés à la suite du slogan faussement accusateur « bakongo ba bomi Marien (Les Kongos ont tué Marien)», les 353 jeunes gens triés sur le critère de leur appartenance Sud Congo et massacrés au beach de Brazzaville (la tristement célèbre affaire des disparus du beach).

Il a conclut en précisant, en réponse à une question d’un participant sur la possibilité d’abandonner la démarche si Sassou Nguesso venait à partir du pouvoir, que la création de l’état Sud Congo allait au-delà du pouvoir détenu par la personne de Sassou Nguesso qui n’est qu’un élément du conflit de pouvoir Nord – Sud générateur de dégâts humains sur le peuple du Sud Congo depuis la guerre civile Nord – Sud de 1959.

Les principales annonces de la conférence ont été faites par Modeste Boukadia qui expliquant les conséquences politiques et juridiques de la création de l’état Sud Congo, a annoncé la saisie du Secrétariat Exécutif des Nations Unies en vue de procéder à la nomination d’un Administrateur Judiciaire du CONGO, ayant mandat des Nations Unies, et dont les missions seront de gérer les affaires courantes du Congo à titre transitoire, avec le Gouvernement Spécial Provisoire du Sud Congo. Cet Administrateur Judiciaire aura aussi pour mission de procéder à l’ouverture d’un compte séquestre des recettes du Congo jusqu’au Référendum d’Autodétermination pour la partition humaniste envisagée. Les ordres de règlement émaneront de l’Autorité Spéciale Provisoire sous contrôle de l’Administrateur Judiciaire.

Au niveau politique et institutionnel sur le Congo dans son état actuel, Modeste Boukadia a indiqué qu’ à compter du 30/04/2014, tous les congolais et toute la Communauté Internationale, doivent considérer que Monsieur SASSOU n’est plus le président de la République du Congo dit Brazzaville, que la conséquence de la requête, présentée comme diplomatique, est que désormais, ni Monsieur SASSOU, ni le Gouvernement actuel, ni le parlement n’ont plus la délégation de signature pour leur permettre d’engager l’Etat du Sud Congo. Par ces faits, tout document, tout contrat, tout projet de loi, et autres, émis par le pouvoir de l’ex-République du Congo Brazzaville, se voit de fait désormais de nul et de nul effet.

Gaston Audriac Okongo

LIRE OU TÉLÉCHARGER :
LIRE OU TÉLÉCHARGER : L’INTÉGRALITÉ DE LA CONFÉRENCE DE PRESSE  SUR LA CRÉATION DE L’ÉTAT SUD CONGO

mardi 3 juin 2014

[Centrafrique] Les ressortissants de pays tiers en difficulté en RCA

Les ressortissants de pays tiers en difficulté en RCA

KENTZOU, 3 juin 2014 (IRIN) - Alors que des milliers de réfugiés de la
République centrafricaine (RCA) se sont installés dans des villages du
Cameroun voisin après avoir fui les violences, bon nombre de ressortissants
de pays tiers avec lesquels ils se sont échappés sont encore bloqués dans
les zones frontalières et survivent grâce à l'aide qui leur est attribuée de
manière ponctuelle. Ils ressentent de la frustration, car les promesses de
rapatriement n'ont pas été tenues.

Contrairement aux réfugiés qui sont protégés par les conventions
internationales, les ressortissants de pays tiers (RPT), qui n'appartiennent
ni à leur pays de refuge ni au pays qu'ils ont fui, ne sont protégés par
aucune convention internationale relative aux droits de l'homme. Il revient
souvent à leur gouvernement de s'occuper d'eux et d'organiser leur
rapatriement. Mais 13 571 ressortissants de 12 pays africains vivent dans
une situation incertaine à l'est du Cameroun depuis plusieurs mois.

« Le principal problème créé par cette situation réside dans la confusion
qui entoure ces deux questions [réfugiés et RPT]. Les RPT se considèrent
souvent comme des réfugiés, mais ils ne bénéficient pas des droits des
réfugiés », a dit Roger Charles Evina, responsable du bureau de
l'Organisation internationale pour les migrations (OIM) au Cameroun.

Bon nombre de RPT vivent dans des maisons qu'ils louent dans des petites
villes camerounaises proches de la frontière, dans des villages ou des camps
de transits mis sur pied par l'OIM, qui a participé au rapatriement
d'anciens migrants vers leur pays d'origine. Mais ces opérations sont
coûteuses. Ainsi, l'organisation a déboursé 500 000 dollars cette année pour
rapatrier quelque 700 Maliens chez eux. Bon nombre de gouvernements
africains n'ont pas les moyens de financer et d'assurer la logistique,
notamment en ce qui concerne les moyens de transport de masse, a expliqué M.
Evina.

Aliou Djakité, 85 ans, a dit à IRIN qu'il avait été informé par le consul du
Mali au Cameroun - qui paye les loyers d'un groupe de Maliens installés dans
la ville de Kentzou, à l'est du pays, et leur donne de l'argent - que le
consul arrêterait de payer les loyers à la fin du mois de mai en raison de
contraintes financières qui ont également entraîné le report, pour une durée
indéterminée, de leur rapatriement.

« Nous nous sentons abandonnés. Le gouvernement est incapable de nous
fournir de la nourriture ou un toit. Nous ne savons pas vers où ou qui nous
tourner », a dit M. Djakité qui a fui la RCA au mois de février pour
s'installer à Kentzou.

Manque de fonds

L'OIM, qui a déjà rapatrié des Tchadiens et des Soudanais depuis le
Cameroun, prévoit de rapatrier quelque 5 000 autres Tchadiens au cours des
trois prochains mois, lorsque le Fonds central d'intervention pour les
urgences du Bureau pour la coordination des affaires humanitaires des
Nations Unies (OCHA) et les Etats-Unis lui auront versé 850 000 dollars. Au
mois d'avril l'organisation a suspendu ses opérations en raison d'un manque
de fonds. Les Tchadiens représentent l'essentiel des RPT au Cameroun.

Les organisations d'aide humanitaire travaillent au maximum de leur capacité
suite à l'afflux de réfugiés et de migrants arrivés de la RCA depuis
l'escalade de la violence en fin d'année dernière. Sur les 274 millions
prévus par le plan de réponse régional [
http://reliefweb.int/sites/reliefweb.int/files/resources/534e78349.pdf ]
établi par les organisations d'aide humanitaire, seulement 12 pour cent des
fonds ont été versés, a indiqué le Haut Commissariat des Nations Unies pour
les réfugiés (HCR) qui a lancé un nouvel appel [
http://www.unhcr.fr/537f3e67c.html?_ga=1.121429576.1392498903.1399669963 ]
de fonds pour venir en aide aux quelque 85 000 réfugiés arrivés à l'est du
Cameroun depuis le mois de janvier. L'agence a relogé plus de 25 000
réfugiés installés dans les zones frontalières dans des villages, où ils
sont hébergés sur des sites municipaux.

Le Cameroun accueille actuellement près de 200 000 réfugiés de RCA et du
Nigeria, où les insurgés de Boko Haram ciblent de plus en plus les civils
lors des raids sanglants qui se poursuivent malgré les déploiements
militaires dans le nord-est du pays. [
http://www.irinnews.org/fr/report/99794/le-cameroun-confront%C3%A9-%C3%A0-un
-afflux-important-de-r%C3%
A9fugi%C3%A9s-centrafricains ]

Des engagements, mais pas de rapatriement pour l'instant

A Kentzou, les délégations des ambassades sont allées à la rencontre de
leurs ressortissants, notamment des Maliens, des Nigérians, des Nigériens et
des Sénégalais, et leur ont donné de l'argent ainsi que des produits de
première nécessité, mais elles ne leur ont pas proposé de vol retour. La
majorité des RPT ont passé la plus grande partie de leur vie en RCA.
Certains y sont nés de parents de nationalité différente ou sont issus d'un
couple mixte, tandis que d'autres ne parlent pas leur langue nationale ou la
langue de leur ethnie.

Des familles ont été séparées lorsqu'elles ont fui les attaques des groupes
armés luttant aux côtés de la coalition rebelle qui a renversé le président
François Bozizé en mars 2013. Les membres d'une même famille sont parfois
installés dans les différents camps de transit établis le long de la
frontière entre la RCA et le Cameroun. D'autres ont perdu des proches et la
majorité ont perdu leurs moyens de subsistance, mais ils espèrent les
retrouver après leur transfert dans leur pays d'origine.

« Nous nous débrouillons sans recevoir beaucoup d'aide. Nous empruntons de
l'argent ou nous vendons nos téléphones pour acheter de la nourriture », a
dit Lawan Bukar Soye, un commerçant nigérian qui a quitté sa région de
l'Etat de Borno pour s'installer en RCA en 1992. Il a indiqué que les
responsables de l'ambassade les avaient informés que la principale priorité
du Nigeria était de combattre Boko Haram et que leur rapatriement depuis le
Cameroun devrait attendre.

« Nous vivons par la grâce de Dieu », a dit Aissatou Abdoullahi, qui a
expliqué à IRIN que son mari avait été tué durant les attaques et qu'elle
avait été séparée d'une partie de sa famille qui vit dans un autre camp de
transit à l'est du Cameroun. « Si nous mangeons le midi, nous sautons le
repas du soir ».

« La vie est dure ici. Si nous mangeons une fois, ça va, deux fois, c'est
bien et trois fois, c'est plus que bien », a dit Abdoul Aziz Ly, un ancien
vendeur de diamant originaire du Sénégal, en expliquant que certains de ses
compatriotes avaient fui leur maison seuls et qu'il émettait des doutes sur
les promesses de rapatriement faites par Dakar. La majorité des RPT
aujourd'hui présents à l'est du Cameroun ont fui la RCA au début de l'année,
lorsque que le conflit s'est aggravé.

Les Etats responsables de leurs citoyens

M. Evina de l'OIM a indiqué que l'organisation était en pourparlers avec
plusieurs ambassades africaines pour organiser le déplacement de leurs
ressortissants des zones isolées vers les camps de transit de Kentzou et
Garoau-Boulai (une autre ville frontalière camerounaise, située à l'est du
pays). L'installation dans les camps est importante pour la reconnaissance
du statut de RPT des anciens migrants. Cela facilite aussi la fourniture de
l'aide, a expliqué M. Evina.

« Il est très difficile, en particulier pour les ambassades africaines, d'un
point de vue technique et financier [d'évacuer leurs ressortissants]. Nous
avons contacté les bailleurs de fonds européens et occidentaux, mais ils ont
dit que chaque pays était responsable de ces citoyens. La première priorité
pour l'OIM est de donner aux RPT la protection et les produits de base dont
ils ont besoin », a expliqué le responsable de l'OIM.

Le conflit a également causé une crise pour les RPT qui ont des liens
familiaux avec la RCA et d'autres pays, et a plongé ceux qui ont perdu leurs
papiers d'identité dans le désespoir. Bintou Touré, qui est née de parents
sénégalais en RCA et a épousé un Sénégalais, dont elle a divorcé, a dit
qu'elle souhaitait se réinstaller au Sénégal, où son ex-mari est retourné
vivre avec leurs sept enfants. Aujourd'hui, elle espère que l'ambassade du
Sénégal à Yaoundé, où elle a déposé une demande de papiers, va l'aider.

Faisal Kadir, un étudiant nigérian, a dit qu'il avait des difficultés à
obtenir une déclaration de perte de carte d'identité des autorités
centrafricaines depuis que le conflit l'a conduit à quitter la ville du sud
de la RCA où il a étudié le français jusqu'en février.

« J'essaye de trouver un moyen de rentrer au Nigeria. C'est mon principal
problème », a dit M. Kadir, en expliquant que sa mère avait été tuée dans
les attaques et qu'il avait perdu contact avec le reste de sa famille.

ob/cb-mg/amz

[FIN]

Cet article en ligne:
http://www.irinnews.org/reportfrench.aspx?reportID=100164

© IRIN. Tous droits réservés.

dimanche 13 avril 2014

Burkina-Faso : un tournant dans l'affaire Thomas Sankara ?

Burkina Faso: un tournant dans l’affaire Thomas Sankara ?

27 ans après sa mort, Thomas Sankara fascine encore le monde entier. DR
27 ans après sa mort, Thomas Sankara fascine encore le monde entier. DR
En cours depuis 2010, la demande d’exhumation du corps de l’ancien président burkinabé, Thomas Sankara, n’a toujours pas été acceptée par le tribunal de grande instance de Ouagadougou. Déjà reportée deux fois, la décision devrait être rendue publique le 30 avril prochain. Cette exhumation pourrait être un premier pas vers une clarification après vingt-sept années de doute, si toutefois la dépouille est bien celle de l’ex-chef d’État.
Est-ce réellement le corps du célèbre révolutionnaire africain assassiné lors du coup d’État du 15 octobre 1987 qui repose dans une des tombes du quartier Dagnoen, à Ouagadougou ? C’est ce que cherchent à savoir la famille et les défenseurs de Thomas Sankara depuis vingt-sept ans. « Ce n’est pas facile, parce que depuis qu’il a été assassiné, je n’ai jamais eu d’explications. J’ai fait toutes les démarches en justice, mais j’attends toujours que la vérité soit faite sur cette histoire. Je vis avec cet espoir qu’un jour, je saurai, » confie Mariam Sankara, la veuve du défunt président. Si la demande d’exhumation est acceptée par le tribunal de Ouagadougou, des analyses ADN du corps, ainsi qu’une autopsie, seront effectuées. Une manière pour les proches de l’ancien président de faire le deuil de cet homme qui a marqué l’histoire de la Haute-Volta (ancien nom du Burkina Faso, NDLR). « En Afrique, lorsque vous perdez quelqu’un, il y a des rituels à observer, quelle que soit votre religion. Dans le cas de Sankara, rien a été fait dans ce sens. En exhumant sa dépouille, si l’on découvre que c’est bien la sienne, la famille pourra enfin prendre ses dispositions et organiser des funérailles traditionnelles et officielles. C’est très important pour nous, ici, » explique Hien Jonas, président de la Fondation Thomas Sankara pour l’humanité. Et puis, d’un point de vue juridique, cette exhumation relève d’un « droit inhérent à la dignité humaine, » selon l’avocat de la famille, Maître Sankara.
Mais pour Mariam Sankara, savoir si cette tombe est belle et bien celle de son mari, « n’est qu’un élément. Après, il y a la suite : comment justice peut-elle être rendue ? » Car elle ne compte pas s’arrêter là. Et si le corps qui repose dans la tombe n’est pas celui de son mari ? « Ils nous diront où se trouve le corps, ou s’il n’est pas mort et qu’il se trouve quelque part ». Cette histoire concerne aussi le peuple burkinabé, pour qui Thomas Sankara représente un véritable symbole de changement et de modernité. Chaque année, la commémoration de la mort du révolutionnaire est l’occasion pour les « sankaristes » de rappeler qu’ils se battent pour que justice soit faite. L’exhumation est donc très attendue, mais s’il s’avère que la dépouille n’est pas celle de Sankara, « il y aura un tsunami, un soulèvement, » prévient l’avocat de la famille. Pour Hien Jonas, cette situation mettrait en « colère les Africains. Nous avoir caché la vérité depuis tout ce temps, cela n’est pas admissible ici. »
Blaise Compaoré dans l’embarras ?
Depuis sa prise de pouvoir, le 15 octobre 1987, jour de la mort de Thomas Sankara, l’actuel président, Blaise Compaoré, n’a jamais encouragé la justice à faire la lumière sur l’assassinat de son prédécesseur. Et pour une grande majorité des Burkinabés, ainsi que pour les proches du révolutionnaire, il serait même à l’origine de l’assassinat. « Qui l’a tué ? Ici au Burkina, on ne se pose plus la question, on le sait. Ce sont ceux qui ont pris le pouvoir après son assassinat qui l’ont tué. Maintenant pourquoi ont-ils fait ça ? C’est une réponse que l’on a pas encore, » affirme Hien Jonas. Depuis près de trois décennies, l’affaire stagne et Blaise Compaoré ne lève pas le petit doigt. « On ne sait pas pourquoi c’est si long » affirme un membre du gouvernement burkinabé. « Vous savez ce que valent les démocraties chez nous en Afrique. Celui qui est aujourd’hui au pouvoir est à l’origine de la mort de Sankara. Tant qu’il sera au pouvoir et que les justices africaines ne seront pas totalement indépendantes, c’est tout à fait normal que cela traîne » assure le président de la Fondation Thomas Sankara.
La Présidence, elle, ne s’exprime pas sur cette affaire. Victorien Sabadogo, le coordinateur du système d’information du gouvernement, se veut très clair: « au nom de la séparation des pouvoirs, le gouvernement ne peut pas commenter cette affaire. Il serait accusé de vouloir donner des orientations et de s’immiscer dans les affaires de la justice. Le gouvernement a une position mais il attend que la justice donne son verdict, car elle est indépendante ». Difficile à croire pour Mariam Sankara qui a déjà déposé une plainte contre X et entamé de nombreuses procédures, restées sans suite. « Les procédures que Mariam Sankara a entamées sont périmées, affirme Antoinette Ouedraogo, avocate de l’Etat burkinabé, avant d’ajouter: « en droit interne, aucune instance ne peut obliger le Burkina Faso à faire une enquête sur la mort de Thomas Sankara. »
L’exhumation du corps de l’ancien président, si tant est que ce soit bien lui, permettrait peut-être de faire la lumière sur les circonstances de sa mort. Car officiellement, le certificat de décès indique toujours une « mort naturelle ».

Au Burkina Faso, comme dans de nombreux pays d’Afrique, Thomas Sankara reste un modèle pour ceux qui ont vécu sous son régime, mais également pour la nouvelle génération. Avant-gardiste sur de nombreux sujets, comme le droit des femmes, le développement durable ou encore la diminution du train de vie de l’État, il a également ouvert son pays à l’international. Sa veuve le qualifie de « visionnaire ». Il est d’ailleurs, souvent repris et cité par une panoplie d’artistes africains comme Awadi ou Tiken Jah Fakoly, qui accusent les gouvernements de tirer leur pays vers le bas.

Par Laura Mousset

Source: http://www.tv5.org/cms/chaine-francophone/info/Les-dossiers-de-la-redaction/burkina-faso-compaore-emeutes-avril-2011/p-27923-lg0-Burkina-Faso-un-tournant-dans-l-affaire-Thomas-Sankara-.htm

lundi 3 mars 2014

[Afrique/Congo-Brazzaville] CEEAC : L'arrogance financière du dictateur Denis Sassou Nguesso inquiète les autres chefs d'Etats de la région

Les choix stratégiques et politiques des plus hautes autorités, expliquent la politique étrangère d’un État : Depuis plusieurs mois, l’accélération de la crise Centrafricaine a conduit le dictateur Denis Sassou Nguesso à un positionnement stratégique dans la sous-région d’Afrique Centrale, en s’autoproclamant médiateur. Événement :

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Le dictateur congolais Denis Sassou N'Guesso, le 16 novembre 2009 à Rome.

D’après nos sources, les choix stratégiques du multimilliardaire général des armées Denis Sassou Nguesso, dans la résolution de cette crise, inquiètent de plus en plus les palais des autres pays membres de la sous-région, qui lui reprocheraient de privilégier la diplomatie de l’arrogance que celle de la négociation.
Les premiers éléments de discorde auraient été observés du côté de Libreville, dont les autorités n’auraient pas apprécié l’auto-proclamation du dictateur Congolais en qualité de médiateur dans la crise Centrafricaine. Les autorités gabonaises qui, à juste titre, avaient jugé légitime de poursuivre la médiation longtemps conduite par feu El Hadj Omar Bongo dans cette vieille crise, auraient vu d’un très mauvais œil les tractations menées par le général des armées Congolais, à la recherche d’un dossier lui permettant de se positionner diplomatiquement.
Il sied de rappeler que le choix de Libreville pour abriter les sommets sur la crise Centrafricaine s’inscrit dans cette politique de continuité de la médiation de son Excellence feu El hadj Omar Bongo.
Cette diplomatie hasardeuse devient de plus en plus inquiétante en juin 2013 lorsque le général multimilliardaire Denis Sassou Nguesso décide d’octroyer une aide de 25 milliards aux nouvelles autorités Centrafricaines. Cet acte unilatéral aurait été considéré, par les autres membres de la « CEEAC », comme une preuve d’irresponsabilité du dictateur Congolais et un manque de respect de sa part, conduisant à affaiblir la « CEEAC ».
Pire, comme pour enfoncer le clou, s’exprimant le 1er février 2014 dernier au nom des dirigeants d’Afrique centrale, au sommet de l’Union Africaine, le général poltron annonce une aide de 50 millions de dollars à lui seul en plus de sa participation aux 50 millions que devraient donner tous les Etats membres de la « CEEAC ». Cette annonce, qui surprend plus d’un diplomate aurait été considérée par les autres chefs d’États de la « CEEAC », comme un affront de la part de leur homologue voulant exposer sa richesse avec arrogance.
Cette diplomatie hasardeuse et arrogante justifierait le fait qu’aucun chef d’État de la « CEEAC » n’a répondu présent à chacun des événements organisés par le dictateur fêtard Congolais depuis plusieurs mois. Le dernier en date est le refus du président Angolais Dos Santos de participer aux festivités du 25ème anniversaire du protocole de Brazzaville, dont l’organisation avait été confiée au couple affairiste Attias.
Conscients des difficultés que rencontre leur chef dans la politique étrangère et du rejet de sa personne par de nombreux palais présidentiels de la sous-région, les valets et griots du dictateur Denis Sassou Nguesso, ont d’ailleurs salué et fêté l’annonce d’une éventuelle rencontre bilatérale entre le pouvoir en sursis de Brazzaville et le pouvoir Angolais, afin d’apaiser les tensions.
Seraient-ils en train de réaliser que leur chef ne devra pas se permettre de fâcher longtemps, l’homme qui l’aura aidé à prendre le pouvoir par les armes en 1997 ? Que ces valets et le général des armées, devenu multimilliardaire grâce à l’argent de notre peuple, le notent bien : « Notre peuple les vaincra tôt ou tard et conquerra sa liberté ».

« RÉSEAU NERRATI-PRESS ».