
Le Congo mérite mieux : le temps de reprendre notre souveraineté
À soixante-six ans de l’indépendance, le 15 août doit marquer le point de départ du Congo nouveau.
À l’approche de la célébration du 15 août, une question essentielle se pose : que signifie aujourd’hui l’indépendance du Congo lorsque tant de défis demeurent sans réponse et que les attentes du peuple restent insatisfaites ?
Depuis des décennies, les Congolais assistent aux mêmes cérémonies, aux mêmes discours et aux mêmes promesses, tandis que les difficultés quotidiennes persistent. Le moment est venu de regarder la réalité en face, non pour raviver les divisions, mais pour ouvrir une nouvelle page de notre histoire.
Cette nouvelle page porte un nom : ToPeSA, le pont vers le Congo nouveau.
Une indépendance qui reste à construire
Comme chaque année, le pouvoir prépare la célébration du 15 août avec son traditionnel défilé militaire et sa revue des troupes.
Pourtant, cette célébration continue de susciter une interrogation profonde.
Soixante-six ans après, notre pays semble toujours commémorer davantage le renversement du premier Président de la République, l’abbé Fulbert Youlou, que l’accomplissement d’une souveraineté nationale pleinement assumée.
La véritable question est ailleurs :
Le Congo est-il réellement indépendant lorsque tant de décisions stratégiques semblent encore influencées par des intérêts extérieurs ?
Depuis de nombreuses années, je rappelle que la Françafrique a fonctionné comme un système de concessionnaires coloniaux. Son président fut notamment Jean-Paul Pigasse.
Aujourd’hui, les profondes mutations géopolitiques engagées dans le monde conduisent progressivement au démantèlement de ces anciens réseaux d’influence.
Le Congo doit saisir cette opportunité historique pour retrouver toute sa liberté de décision et redevenir pleinement maître de son destin
Les responsabilités ne peuvent plus être éternellement reportDepuis soixante-six ans, certains continuent de répéter :
« Youlou a tout volé. »
Pendant ce temps, les scandales se sont multipliés.
Les interrogations concernant le patrimoine de Denis Sassou Nguesso, de son épouse et de plusieurs membres de sa famille alimentent depuis longtemps le débat public.
Pourtant, aucun refrain officiel ne semble dénoncer ces affaires avec la même vigueur que les accusations constamment ressassées contre les dirigeants d’hier.
Une Nation ne peut durablement avancer en regardant uniquement dans son rétroviseur.
Chaque génération doit également répondre de son propre bilan.
Quand on s’en prend aux plus faibles
Dans notre tradition, un proverbe dit :
« Ha mahé ma kufi… »
Autrement dit, on s’en prend aux petites herbes.
On s’attaque aux plus faibles.
À ceux qui ne peuvent se défendre.
À celles et ceux qui accomplissent pourtant leur mission avec compétence et connaissent véritablement le fonctionnement de l’État.
Cette image traduit une réalité que beaucoup de Congolais connaissent : trop souvent, les serviteurs compétents de l’État sont marginalisés, tandis que les véritables responsables des échecs demeurent protégés.
Où sont passées les compétences nationales ?
Le Congo est un pays pétrolier.
Le Congo est traversé par de nombreux cours d’eau.
Pourtant, des millions de Congolaises et de Congolais continuent de vivre sans eau potable et subissent quotidiennement les coupures d’électricité.
Que sont devenus tous ces cadres que l’on faisait venir autrefois en urgence grâce aux communiqués diffusés sur la radio nationale ?
Qui ne se souvient de cet appel devenu célèbre :
« Yaka noki noki, ticket eko futama awa. »
Après l’épuration de nombreux cadres du Pool, où sont passées les compétences qui devaient bâtir le Congo moderne ?
Cette question demeure entière.
Comment expliquer qu’un pays aussi riche en ressources naturelles demeure confronté à des pénuries aussi élémentaires ?
C’est bien la gouvernance qui est aujourd’hui en cause, bien davantage que les richesses dont dispose notre pays.
Cette première partie dresse un constat. Dans le second volet, je présenterai la voie que je propose pour sortir durablement de cette impasse : ToPeSA, le pont vers le Congo nouveau.
Modeste Boukadia
Président du CDRC – Une Nation Pour Tous
Initiateur de ToPeSA
Mis en ligne le 06 août 2026 – 11 h 01
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