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mardi 3 mai 2011

[WIKILEAKS] Un nouveau pion dans le dispositif françafrique de la France

WIKILEAKS: DOMINIQUE OUATTARA, ANCIENNE MAÎTRESSE DE FÉLIX HOUPHOUET BOIGNY (LA FRANÇAFRIQUE)
"Rien ne se perd, tout se transforme ou se récupère tôt ou tard en Françafrique pour fidéliser les relations, c' est la règle."
C' est WikiLeaks qui le suggère implicitement en  levant  le voile sur les relations Sarkozy-Ouattara. Suivez la femme, comme dans un polar… À en croire ce site qui défraie les chroniques avec ses révélations secret-défense, le nouveau président ivoirien aura bel et bien été installé dans le palais présidentiel d’Abidjan par les forces françaises stationnées en Côte d’Ivoire sous le vocable de Licorne.

Ouattara ne serait alors plus qu’un nouveau pion dans le dispositif françafrique que le président français a réanimé après avoir juré en 2007 abolir pour le remplacer par des relations franco-africaines plus seines, fondé sur l’équilibre gagnant-gagnant. Le site WikiLeaks révèle que Nicolas Sarkozy était en grande amitié avec Alassane Ouattara bien avant qu’il n’occupe l’Élysée. Le président français a tissé des liens avec son homologue ivoirien lorsqu’il était ministre de l’Intérieur de Jacques Chirac, lequel avait totalement mis à l’écart l’opposant ivoirien qui avait été sur le tard premier ministre du père de l’indépendance ivoirienne, Félix Houphouët-Boigny mort en 1993 et qui constituait avec son homologue gabonais, Omar Bongo, mort en 2009, l’épine dorsale de la Françafrique. Jacques Chirac n’aurait pas apprécié qu’Ouattara ait convolé en noces avec l’ex-femme d’Houphouët-Boigny.

Un diplomate français a raconté à un homologue américain que les relations des Français avec le camp Ouattara étaient rompues parce que Chirac n’acceptait pas son mariage avec “la femme” d’Houphouët. Les sentiments de Chirac vis-à-vis d’Ouattara étaient tels que personne, au ministère des AE ou à la présidence, ne cherchait le contact avec Ouattara, avait précisé le diplomate français.

Chirac soutenait Henri Konan Bédié, rival d’Ouattara dans l’opposition à Laurent Gbagbo. Ces confidences, qui ont manifestement déconcerté les Américains, sont rapportées dans un télégramme envoyé au département d’État par l’ambassade US à Paris, le câble est classé “secret/noforn”, le plus haut degré de classification possible. La femme par laquelle la rupture a prévalue est une Française qui en est à son troisième mariage. Dominique Nouvian est née il y a 57 ans à Constantine (pied noir et juive) et a épousé en première noce un concitoyen Folloroux. Le couple s’est installé en Côte d’Ivoire en 1973 lorsque Folloroux y avait été affecté comme professeur au lycée technique d’Abidjan. Celui-ci décéda dix ans plus tard, la laissant avec deux enfants. Femme avisée, elle fonda AICI, une société de gestion immobilière à qui Houphouët a confié tous ses biens dans la pierre, et pas seulement en Côte d’Ivoire. C’est aujourd’hui un groupe prospère, en Afrique et en France.

Femme d’affaires à succès et blonde, Dominique connaît le vieil Houphouët-Boigny et voit ainsi s’élargir ses contacts politiques et son influence dans son pays d’adoption mais aussi en France. Proche des milieux d’affaires français dont Martin Bouygues, Bolloré et tous les autres patrons qui s’alimentent dans les réseaux de la Françafrique, le couple Ouattara serait entré en relations avec Nicolas Sarkozy qui était lui aussi bien introduit dans les milieux du CAC 40. Plusieurs médias ivoiriens, et parfois français (comme Le Point) affirment que l’actuel président français les a mariés en 1991 alors qu’il était maire de Neuilly. En outre la femme d’Ouattara était proche de Cécilia la seconde femme de Sarkozy, Dominique Ouattara devenu la première Dame de Côte d’Ivoire est aujourd’hui à la tête d’un petit empire, qui s’étend à la franchise des salons de coiffure Jacques Dessange aux États-Unis ou à la direction de Radio Nostalgie Afrique. Son groupe immobilier pèse 1,3 million d’euros de chiffre d’affaires en 2009.

Et pour terminer ce tour, il faut également ajouter que la communication et le marketing d’Ouattara ont été assurés par une boîte française  de com. (PB COM International) dont la patronne Patricia Balme a ses entrées à l’Élysée, notamment auprès de la cellule Françafrique.

C’est une proche du président français. La Françafrique a ainsi de bons jours devant elle, à moins que l’Afrique sub-saharienne ne soit contaminé par le Printemps arabe.

SOURCE : http://www.liberte-algerie.com/edit.php?id=155281&titre=Abidjan%20regagne%20sa%20place%20dans%20la%20Fran%C3%A7afrique

samedi 23 avril 2011

[Côte d'Ivoire] Le Président de l'Assemblée nationale, M. Mamadou Koulibaly, après sa rencontre avec M. Alassane Ouattara

« J’étais à Accra, j'ai reçu un appel du président Ouattara qui souhaitait s'entretenir avec moi. J'avais moi aussi un certain nombre de choses à discuter avec lui.Je suis arrivé hier [mardi, ndlr] et ce matin je sors d’une audience avec lui. Nous avons parlé de plusieurs sujets. En particulier, je lui ai fait part des préoccupations des députés qui aimeraient bien qu’en tout début de mandat, nous puissions nous inscrire dans la légalité constitutionnelle. Donc que les ordonnances qui ont été prises puissent faire l’objet d’une autorisation de l’Assemblée nationale, d’une régularisation. Le président a donné son accord.

Les députés ont suggéré aussi que l’on puisse entrer dans l’application de la Constitution, le respect de l’Etat de droit, le respect des libertés individuelles. Le président de la République m’a dit qu’il était conscient de la question et qu'il prenait toutes les dispositions pour qu’il en soit ainsi.

Au nom des députés, je lui ai signalé des problèmes de sécurité, l'assemblée nationale ayant été pillée, mon domicile à Abidjan et à Azaguié, ma famille menacée et pillée. C’est aussi vrai pour l’ensemble des députés. Nous avons trouvé à l’Assemblée nationale un cadavre en putréfaction, tous les bureaux cassés et pillés. Les députés se sont demandé dans quelle mesure ils pouvaient avoir la sécurité, puisqu’ils se sont déjà inquiétés de la situation auprès des ministres concernés mais que rien n’avait encore été fait. Le président a donc donné des instructions pour qu’assez rapidement l’Assemblée nationale soit sécurisée. Parce qu’il y a des pillages chaque jour. Il y a des gens qui passent pour ramasser ce qui est resté.

Nous avons parlé de l’Etat de droit pour expliquer qu’en début de mandat, conformément au vœu de l’Union africaine, le président de la République puisse avoir une prestation de serment régulière. Il a donné son accord et je crois savoir, si je ne trahis de secret, que le président du Conseil constitutionnel, Yao N’dré, est en route pour Abidjan, où il arrive probablement demain. Et très rapidement, le président m’a dit qu’une cérémonie serait organisée pour rester conforme au vœu de l’Union africaine.

Je lui ai dit par ailleurs, toujours concernant la sécurité, que de nombreux militants du Fpi et de Lmp, ceux qu’on appelle pro-Gbagbo, étaient très inquiets pour leur sécurité dans les quartiers. Qu’ils étaient dénoncés, indexés, comme si être militant de ce parti ou de ce mouvement était une tare. Ils se cachent, ils se sentent brimés. Nombreux sont également ceux qui ont fui et qui se sont réfugiés au Ghana, au Togo ou au Bénin. Il serait bien d’aller vers une détente pour que ces militants se sentent bien sécurisés. Et de surcroit, je lui ai signalé plusieurs appels reçus d’amis et de proches de populations bété qui me disent, «Nous sommes poursuivis, tués dans des quartiers simplement parce que nous sommes Bété.» Et l’ethnie ne peut pas être un défaut. Et si l’on peut reprocher des choses au Fpi, ce n’est pas aux Bété qu’il faut le faire payer. Si l’on peut reprocher des choses à Gbagbo Laurent, ce n’est pas aux Bété qu’il faut le faire payer.

Si nous rentrons dans ce jeu, jamais nous n’aurons de réconciliation et nous n’aurons de paix. Le président de la République a pris le téléphone, il a appelé les ministres concernés. Il a demandé que des enquêtes soient faites rapidement afin que cette situation s’estompe. Parce qu’il n’a pas envie de gouverner au nom d’une ethnie.

J’en ai profité aussi pour lui dire que l’Assemblée nationale faisait sa séance solennelle d’ouverture le mercredi 27 avril 2011, la première session ordinaire pour l’année 2011.

J'en ai profité pour lui dire la méfiance, la tension, l’absence d’Etat pour le moment, les fonctionnaires qui ne vont pas au travail, les policiers, les gendarmes apeurés, les militaires effrayés... Je lui ai dit que ce serait peut-être bien qu’il parle aux Ivoiriens encore une fois, mais pas dans le cadre d’une interview classique comme nous l’avons déjà vu. Mais qu’il saisisse la tribune de l’Assemblée nationale pour dire aux Ivoiriens où il va, comment il veut y aller, avec qui, dans quelles conditions de sécurité, de réconciliation, de détente. Et qu’à ce propos, les députés m’avaient demandé de lui adresser une invitation pour le 27 pour qu’il vienne s’adresser aux Ivoiriens. Le président m’a dit qu’il donnait son accord et qu’il se préparerait pour le mercredi 27 pour s’adresser aux Ivoiriens.

Je pense qu’en allant dans ce sens, et si les uns et les autres acceptaient d’arrêter de se bagarrer, si ceux qui ont des armes arrêtaient de menacer ceux qui n’en ont pas, si ceux qui sont Rhdp arrêtaient de faire peur à ceux qui ne sont pas Rhdp, si les représentants locaux du Pdci ou du Rdr arrêtaient de faire peur aux représentants locaux du Fpi, peut-être que nous aurions une chance extraordinaire de reconstruire ce pays après ce chaos. Mais, si jamais certains pensent que l’arrivée de Ouattara au pouvoir, c’est le pouvoir aux Dioula ou aux Nordistes alors, ils peuvent faire ce qu’ils veulent, alors c’est le chaos promis. Jamais il n’y aura de réconciliation, jamais il n’y aura de paix, jamais il n’y aura d’Etat, jamais il n’y aura de nation. Et là où nous sommes, nous sommes encore loin du fond du puits. C’est vrai que les temps sont durs, les Ivoiriens pensent que nous sommes tombés, que c’est grave. Mais il y a pire que la situation dans laquelle nous sommes. Il faut regarder ce qui est arrivé à Haïti, il faut regarder ce qui est arrivé en Somalie. On n’a pas encore vu le pire, faisons donc tout pour l’éviter. »

Le 20 avril 2011

SOURCE : http://saoti.over-blog.com/article-mamadou-koulibaly-apres-sa-rencontre-avec-ouattara-72190206.html