samedi 17 janvier 2015

[Congo-Brazzaville] L'ONU condamne Sassou et son régime pour détention arbitraire


 

Conseil des droits de l’homme

Groupe de travail sur la détention arbitraire            VERSION NON EDITEE
      Avis adoptés par le Groupe de travail sur la détention arbitraire à sa soixante-onzième session,  
17 au 21 novembre 2014
      No 22/2014 (République du Congo)

          Communication adressée au Gouvernement le 28 juillet 2014

          Concernant   Mbanza Judicaël, Kimangou Joseph, Miakamouna
Nzingoula Sylvain, Bibila Gilbert, Mabiala Mpandzou Paul Marie,
Tsiakala Valentin, Baboyi Antoine, Silaho René, Matimouna
Mouyecket Euloge, Kialounga Pierre Placide, Tandou Jean Claude Davy, Ngoma Sylvain Privat, Banangouna Dominique Mesmin, Loudhet Moussa Landry1.  

          Le Gouvernement n’a pas répondu à la communication.
 L’État est partie au Pacte international relatif aux droits civils et politiques par une accession le 5 octobre 1983.
1.    Le Groupe de travail sur la détention arbitraire a été créé par la résolution 1991/42 de la Commission des droits de l'homme. Son mandat a été précisé et renouvelé par la Commission dans sa résolution 1997/50. Le Conseil des droits de l’homme a assumé le mandat dans sa décision 2006/102. Le mandat a été prolongé d’une nouvelle période de trois ans par la résolution 15/8 du Conseil, en date du 30 septembre 2010. Le mandat a été prolongé d’une nouvelle période de trois ans par la résolution 24/7 du Conseil, en date du 26 septembre 2013. Conformément à ses méthodes de travail (A/HRC/16/47, annexe), le Groupe de travail a transmis la communication susmentionnée au Gouvernement.
2.    Le Groupe de travail considère que la privation de liberté est arbitraire dans les cas suivants:
     
 1  Le Groupe de travail a retenu ici les noms tels que orthographiés dans l’arrêt rendu le 31 mars 2014 par la chambre d’accusation de la Cour d’appel de Pointe-Noire.
GE.14-   
a)    Lorsqu'il est manifestement impossible d’invoquer un quelconque fondement légal pour justifier la privation de liberté (comme dans le cas où une personne est maintenue en détention après avoir exécuté sa peine ou malgré l’adoption d’une loi d’amnistie qui lui serait applicable) (catégorie I);
b)    Lorsque la privation de liberté résulte de l’exercice de droits ou de libertés garantis par les articles 7, 13, 14, 18, 19, 20 et 21 de la Déclaration universelle des droits de l’homme et, en ce qui concerne les États parties au Pacte international relatif aux droits civils et politiques, par, les articles 12, 18, 19, 21, 22, 25, 26 et 27 de cet instrument
(catégorie II);
c)    Lorsque l’inobservation, totale ou partielle, des normes internationales relatives au droit à un procès équitable, établies dans la Déclaration universelle des droits de l’homme et dans les instruments internationaux pertinents acceptés par les États intéressés, est d’une gravité telle qu’elle rend la privation de liberté un caractère arbitraire
(catégorie III);
d)    Lorsque des demandeurs d’asile, des immigrants ou des réfugiés font l’objet d’une rétention administrative prolongée, sans possibilité de contrôle ou de recours administratif ou juridictionnel (catégorie IV);
e)    Lorsque la privation de liberté constitue une violation du droit international pour des raisons de discrimination fondée sur la naissance, l’origine nationale, ethnique ou sociale, la langue, la religion, la situation économique, l’opinion politique ou autre, le sexe, l’orientation sexuelle, le handicap ou toute autre situation, et qui tend ou peut conduire à ignorer le principe de l’égalité des droits de l’homme (catégorie V).
          Informations reçues
          Communication de la source
3.    La source relate que le 21 août 2013, une réunion de travail des membres du Cercle des Démocrates et Républicains du Congo (CDRC) se tenait à la résidence du viceprésident du parti, M. Miakamouna Nzingoula Sylvain, sis quartier Mpaka « Belle vie » à Pointe Noire. Des agents de police et de gendarmerie de Pointe-Noire auraient surgi à 08h00 et emmené tous ceux présents. Les autres membres et sympathisants ont été arrêtés par ces agents le même jour soit sur la voie publique, soit chez eux et ce sans mandat. Toutes ces personnes ont été placées en détention à la maison d’arrêt de Pointe-Noire. Ces arrestations feraient suite à une marche de protestation tenue plus tôt le jour même et au cours de laquelle ces personnes auraient brandi des pancartes mentionnant « Carton rouge = démission du gouvernement », ce qui, selon la source, aurait été qualifié de rébellion par l’État congolais et justifierait leur arrestation. Les officiels auraient pourtant déclaré que ces personnes ne seraient pas arrêtées, n’ayant commis ni infraction, ni violation des lois de la République.
4.    Dans les différentes pièces du dossier soumis au Groupe de travail, les personnes encore en détention concernées par la plainte sont identifiées comme suit :
(i)    M. Mbanza Judicaël, né le 23 août 1984  à Kinkala, est de nationalité congolaise. Il est sans emploi, célibataire et père de sept enfants. Non soumis aux obligations militaires, il semble n’avoir jamais été condamné ni poursuivi en justice. Membre du CDRC, il est domicilié au quartier Ngoyo à Pointe-Noire ;
     
(ii)    M. Kimangou Joseph, né le 6 octobre 1963 à Mindouli, est de nationalité congolaise. Il est chauffeur de taxi, célibataire et père de six enfants. Non soumis aux obligations militaires, il semble n’avoir jamais été condamné ni poursuivi en justice. Membre du CDRC, il est domicilié au quartier Ngoyo à Pointe-Noire;
(ii) M. Miakamouna Nzingoula Sylvain, né vers 1951 à Kigoma, est de nationalité congolaise. Il est médecin anesthésiste, marié et père de sept enfants. Non soumis aux obligations militaires, il aurait été, par le passé, condamné en justice (un an d’emprisonnement avec sursis). Vice-président du CDRC, il est domicilié au quartier Mpaka « Belle vie » à Pointe-Noire;
(iv)    M. Bibila Gilbert, né le 13 février 1958 au village Kivimba, District de Ngoma-Tsé-Tsé, est de nationalité congolaise. Il est enseignant au lycée, célibataire et père de trois enfants. Non soumis aux obligations militaires, il semble n’avoir jamais été condamné ni poursuivi en justice. Secrétaire général du CDRC, il est domicilié au quartier Ngoyo à Pointe-Noire;
(v)    M. Mabiala Mpandzou Paul Marie, né le 3 mai 1972 à Massangi dans la Bouenza, est de nationalité congolaise. Il est photographe, célibataire et père de quatre enfants. Non soumis aux obligations militaires, il semble n’avoir jamais été condamné ni poursuivi en justice. Membre du CDRC, il est domicilié au quartier Mpaka à Pointe-Noire;
(vi)    M. Tsiakaka Valentin, né le 14 février 1968 à Vindza, est de nationalité congolaise. Il est chauffeur, célibataire, et père de cinq enfants. Non soumis aux obligations militaires, il semble n’avoir jamais été condamné ni poursuivi en justice. Membre du CDRC, il est domicilié au quartier Mpaka à Pointe-Noire;
(vii)    M. Baboyi Antoine, né le 7 septembre 1960 à Linzolo, est de nationalité congolaise. Il est chauffeur de profession. Non soumis aux obligations militaires, il semble n’avoir jamais été condamné ni poursuivi en justice. Membre du CDRC, il est domicilié au quartier Mpaka à Pointe-Noire;
(viii)    M. Silaho René, né vers 1951 au village Ngampoko, est de nationalité congolaise. Il est retraité. Non soumis aux obligations militaires et se dit n’avoir jamais été condamné ni poursuivi en justice. Membre du CDRC, il est domicilié au quartier Mpaka à Pointe-Noire;
(ix)    M. Matimouna Mouyecket Euloge, né le 17 avril 1984 à Baratier, est de nationalité congolaise. Il est chauffeur de profession. Non soumis aux obligations militaires, il semble n’avoir jamais été condamné ni poursuivi en justice.  Membre du CDRC, il est domicilié au quartier Mpaka à Pointe-Noire;
(x)    M. Kialounga Pierre Placide, né le 22 novembre 1966 à Pointe-Noire, est de nationalité congolaise. Il est sans emploi et non soumis aux obligations militaires. Il semble n’avoir jamais été condamné ni poursuivi en justice. Membre du CDRC, il est domicilié au quartier Mpaka à Pointe-Noire;
(xi)    M. Tandou Jean Claude Davy, né le 9 août 1974 à Hamon, est de nationalité congolaise. Il est sans emploi et non soumis aux obligations militaires. Il semble n’avoir jamais été condamné ni poursuivi en justice. Membre du CDRC, il est domicilié au quartier Mpaka à Pointe-Noire;
(xii)    M. Ngoma Sylvain Privat, né le 3 septembre 1984 à Brazzaville, est de nationalité congolaise. Il est chauffeur de profession. Non soumis aux obligations militaires, il semble n’avoir jamais été condamné ni poursuivi en justice. Membre du
CDRC, il est domicilié au quartier Mpaka à Pointe-Noire;
(xiii)    M. Banangouna Dominique Mesmin, né le 31 mars 1976 à Moussana, est de nationalité congolaise. Il est soudeur-peintre. Non soumis aux obligations militaires, il semble n’avoir jamais été condamné ni poursuivi en justice. Membre du CDRC, il est domicilié au quartier Mpaka à Pointe-Noire;
(xiv)    M. Londhet Moussa Landry, né le 8 juin 1977 à Brazzaville, est de nationalité congolaise. Il est électricien bâtiment. Non soumis aux obligations militaires, il semble n’avoir jamais été condamné ni poursuivi en justice. Membre du CDRC, il est domicilié au quartier Mpaka à Pointe-Noire;
5.    La source rapporte que le président du CDRC, M. Modeste Boukadia, aurait téléphoné aux responsables pour connaître la raison de ces arrestations. Les officiels semblaient surpris de cet appel, induisant que la véritable cible des arrestations serait M. Boukadia lui-même, ce qui fut, toujours selon la source, confirmé par l’envoi d’un deuxième escadron pour tenter de l’intercepter et par la fermeture des frontières de PointeNoire. La source informe qu’un mandat d’arrêt vise d’ailleurs le président du CDRC pour chef de rébellion à la suite de meetings populaires tenus à Brazzaville le 11 mai 2013, et à Pointe-Noire le 29 juin 2013, et qui auraient été qualifiés par le Président de la République du Congo comme une « atteinte à la sûreté de l’État, une insurrection et une incitation de la population à la révolte ».
6.    La source rapporte que le Procureur de la République du Congo aurait déclaré que le dossier était vide et que seule une décision politique pourrait autoriser la mise en liberté des personnes, la justice n’ayant aucun élément pour justifier leur inculpation. De ce fait, le président du CDRC, M. Boukadia, aurait écrit au Garde des Sceaux de la République du Congo le 13 septembre 2013, afin de faire part des intentions pacifiques du CDRC et de demander la libération immédiate des personnes. Selon la source, cette lettre resta sans réponse. Par ailleurs, selon la source, M. Boukadia aurait adressé la même requête au Président de la République du Congo dans une lettre du 10 octobre 2013, qui resta également sans réponse. La source rapporte que celui-ci aurait pourtant, par l’intermédiaire du Ministre de la justice, promis de libérer ces personnes. La source semble même convaincue que le Président aurait signé un ordre de libération.
7.    La source rapporte que les 14 détenus membres et militants du parti sont restés emprisonnés à la maison d’arrêt de Pointe-Noire malgré une telle mesure. La source ajoute que certains d’entre eux sont malades et n’ont pas bénéficié des soins nécessaires.
8.    Dans les pièces soumises au Groupe de travail par la source figure une ordonnance rendue le 23 octobre 2013, par le Tribunal de Grande Instance de Pointe-Noire inculpant 28 personnes, dont les 14 membres du parti susmentionnés, de rébellion et décidant la transmission des pièces au procureur général près de la Cour d’appel de Pointe-Noire.
9.    La source informe que le président du CDRC, M. Boukadia, après avoir porté les faits à l’attention de la France et de l’Union Européenne, aurait, dès le 18 décembre 2013, soumis un dossier contre le Président de la République du Congo, le Garde des Sceaux du Congo et l’État congolais auprès de la Cour Pénale Internationale, et porté plainte devant le Tribunal de Grande Instance de Paris et le Procureur de la République de Paris.  10. Selon les informations reçues, la chambre d’accusation de la Cour d’appel de PointeNoire a rendu un arrêt le 31 mars 2014, à l’encontre des mêmes personnes visées par l’ordonnance du 23 octobre 2013. Cet arrêt prononce leur mise en accusation devant la Cour Criminelle de Pointe-Noire pour atteinte à la sûreté intérieure de l’État (faits prévus par les articles 87 du code pénal, 195 et 198 du code de procédure pénale) et ordonne leur maintien en détention.
11.    Cet acte d’accusation précise que suite aux meetings populaires, le CDRC aurait décidé de l’organisation d’une marche. Deux réunions préparatoires à cette marche se seraient tenues le 20 août 2013. Le 21 août 2013,  le jour de la marche, les militants auraient arboré des pancartes « Gouvernement d’union nationale » et « Carton rouge = démission du gouvernement ». La force publique serait alors intervenue pour faire respecter l’ordre après que des barricades enflammées aient été posées sur les voies, procédant à l’arrestation de ces personnes et à la saisie de matériel à leur domicile respectif. Cette saisie comprenait un tableau affichant les ambitions du parti, à savoir la mention de la
Constitution d’un futur État du Congo Sud. Ces personnes auraient avoué que le but de la marche était bien la mise en place d’un gouvernement d’union nationale, raison pour laquelle la chambre d’accusation aurait décidé de les inculper pour atteinte à la sûreté intérieure de l’État.
12.    Selon la source, un procès aurait eu lieu le 7 avril 2014, devant la Cour Criminelle de Pointe-Noire au cours duquel les 14 personnes susmentionnées étaient assistées par des avocats et des organismes de défense des droits de l’homme, sans qu’aucun jugement au premier degré ne soit jamais intervenu. La source rapporte aussi que le Préfet de PointeNoire aurait été convoqué à la barre pour apporter les preuves de l’atteinte à la sûreté de l’État mais qu’il ne s’était pas présenté.
13.    Selon les informations reçues, un jugement aurait été rendu le 9 avril 2014, mais il a été impossible d’en obtenir une copie. Ce jugement n’aurait pas été publié et, toujours selon la source, les journaux auraient interdiction de le diffuser, même si certains médias ont pu en faire mention. Selon les informations reçues, sur les 28 personnes visées dans l’acte d’accusation, 13 auraient été libérées et les 14 autres, objet de la présente communication, auraient été condamnées à des peines de détention ferme. Les peines seraient les suivantes : 7 ans pour MM. Miakamouna Nzingoula Sylvain, Mabiala Mpandzou Paul Marie et
Tsiakaka Valentin ; 5 ans pour MM. Mbanza Judicaël, Kimangou Joseph, Bibila Gilbert, Baboyi Antoine, Silaho René, Matimouna Mouyecket Euloge, Kialounga Pierre Placide, Tandou Jean Claude Davy et Banangouna Dominique Mesmin ; et 2 ans pour MM. Londhet Moussa Landry et Ngoma Sylvain Privat.
14.    Selon la source, ces 14 personnes auraient finalement été transférées le 18 juillet 2014, de la maison d’arrêt de Pointe-Noire vers Brazzaville dans un lieu inconnu et sans que les raisons d’un tel transfert n’aient été communiquées. Ces personnes seraient depuis lors détenues dans un lieu inconnu jusqu’à ce jour.
15.    La source allègue que ces détentions seraient arbitraires en ce qu’elles résulteraient d’une violation des articles 9, 19 et 20 de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme et 9, 19 et 21 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques relatifs à la liberté d’opinion, d’expression, le droit de réunion et relevant de fait de la catégorie II des catégories applicables par le Groupe de travail.
16.    Selon la source, la détention serait également arbitraire et relèverait de la catégorie
III des catégories applicables par le groupe de travail, les garanties d’un procès équitable n’ayant pas été respectées. Ainsi, l’absence de mandat de dépôt, les délais d’inculpation et de jugement et l’absence de premier degré de juridiction seraient la violation directe des articles 10 de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme et 14 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques.

          Réponse du Gouvernement

17.    Dans une lettre datée du 28 juillet 2014, le Groupe de travail a transmis les allégations ci-dessus au Gouvernement congolais et lui a demandé des informations détaillées sur la situation actuelle des 14 personnes dont il est ici question, ainsi qu’une clarification concernant les bases juridiques justifiant leur mise en détention.
18.    Le Groupe de travail regrette que, jusqu’à ce jour, le Gouvernement n’ait pas répondu aux allégations qui lui ont été transmises ni demandé de prolongation du délai imparti pour soumettre une réponse, conformément aux paragraphes 15 et 16 des Méthodes de travail.
19.    Malgré le défaut de réponse du Gouvernement, le Groupe de travail estime qu’il est en mesure de rendre son avis sur la détention des 14 membres du CDRC, conformément au paragraphe 16 de ses Méthodes de travail, en ne se fondant que sur les informations fournies par la source.

          Discussion

20.    Au prime abord, le Groupe de travail est d’avis que le regroupement de l’ensemble des dossiers concernant Messieurs Mbanza Judicaël, Kimangou Joseph, Miakamouna Nzingoula Sylvain, Bibila Gilbert, Mabiala Mpandzou Paul Marie, Tsiakaka Valentin, Baboyi Antoine, Silaho René, Matimouna Mouyecket Euloge, Kialounga Pierre Placide, Tandou Jean Claude Davy, Ngoma Sylvain Privat, Banangouna Dominique Mesmin, et Londhet Moussa Landry est justifié en raison de l’identité des faits qui ont conduit à leur détention et leur condamnation, telles que rapportées par la source.
21.    L’article 9 de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme dispose que « nul ne peut être arbitrairement arrêté, détenu ni exilé », et interdit donc toute arrestation ou détention arbitraire. Cette interdiction constitue une règle fondamentale du droit international coutumier et est reconnue comme une norme impérative du droit international général, ou jus cogens . Cette même norme est inscrite aussi bien à l’article 9 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques auquel la République du Congo est partie, que dans la Constitution de la République du Congo en date du 20 janvier 2002 dans son article 9 .
22.    En outre, les articles 19 et 20 de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme ainsi que les articles 19 et 21 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques garantissent l’exercice du droit à la liberté d’opinion et d’expression ainsi que la liberté de réunion et d’association pacifiques. La diffusion d’informations et d’opinions politiques par les membres d’un parti est au cœur de ces droits et des restrictions ne peuvent être imposées que dans le respect d’une stricte proportionnalité. Ces restrictions doivent de plus être prévues par la loi.
23.    Le Comité des droits de l’homme apporte, au paragraphe 25 de son Observation générale n°34 (2011) sur la liberté d’opinion et la liberté d’expression, un éclairage sur l’application de la règle qui figure à l’article 19 du Pacte susmentionné. En effet, le Comité affirme que « pour être considérée comme une ‘loi’, une norme doit être libellée avec suffisamment de précision pour permettre à un individu d’adapter son comportement en fonction de la règle et elle doit être accessible pour le public ». Les lois doivent énoncer des règles suffisamment précises pour permettre aux personnes chargées de leur application d’établir quelles formes d’expression sont légitimement restreintes et quelles formes d’expression le sont indûment.
     
24.    Le Comité des droits de l’homme indique aussi, au paragraphe 34 de la même Observation générale, que « les restrictions ne doivent pas avoir une portée trop large » et qu’elles doivent être conformes au principe de proportionnalité. En outre, selon le Comité, un État doit, pour justifier une restriction, démontrer « de manière spécifique et individualisée la nature précise de la menace ainsi que la nécessité et la proportionnalité de la mesure particulière prise, en particulier en établissant un lien direct et immédiat entre l’expression et la menace » .
25.    Pour sa part, le Groupe de travail a déjà eu à apprécier dans sa jurisprudence antérieure la question des infractions pénales définies de manière trop large .
26.    Par ailleurs, le Groupe de travail a indiqué dans sa Délibération n°8 sur la privation de liberté liée à l’utilisation de l’Internet ou résultat de cette utilisation que toute référence vague et générale aux intérêts de sécurité nationale ou d’ordre public non assortie d’explications ou de faits adéquats est insuffisante pour convaincre le Groupe de travail que les restrictions de la liberté d’expression par le biais d’une mesure de privation de liberté étaient nécessaires (E/CN.4/2006/7, para. 43).
27.    Selon la source, l’ordonnance du Tribunal de Grande Instance de Pointe-Noire a inculpé les membres du CDRC de rébellion. Or, la rébellion consiste en une opposition violente à une personne dépositaire de l’autorité publique agissant dans l’exercice légitime de ses fonctions. En l’occurrence, le fait que les membres du CDRC aient brandi des pancartes mentionnant « Gouvernement d’union nationale » ou « Carton rouge = démission du gouvernement » ne saurait correspondre à la définition de la rébellion. Il s’agit du simple exercice du droit à la liberté d’expression. L’arrêt rendu par la Cour d’appel de PointeNoire le 31 mars 2014, précise que les membres du CDRC auraient également incité et excité les habitants des quartiers de Ngoyo et de Mpaka à se rebeller contre l’autorité du chef de l’Etat et auraient soutenu, implicitement, l’idéal de la partition du Congo en entités Nord et Sud. Elle ajoute que certains militants et sympathisants du CDRC auraient constitué des barricades avec des pneumatiques enflammées et des épaves de véhicules. Le Groupe de travail considère que ces faits, s’ils étaient avérés, n’atteignent pas le seuil de violence nécessaire pour être considérés comme des actes de rébellion.
28.    La Cour d’appel de Pointe-Noire serait allée plus loin que l’ordonnance en invoquant une atteinte à la sûreté intérieure de l’État, conformément aux articles 87 du code pénal et aux articles 195 et 198 du code de procédure pénale. La notion d’« atteinte à la sûreté intérieure de l’État » est vague et imprécise. Elle ne permet pas d’établir quels comportements sont légitimement susceptibles d’être restreints. De plus, malgré les tensions existantes au Congo, le Groupe de travail estime que ces faits ne sont pas suffisants pour constituer objectivement une « atteinte à la sûreté intérieure de l’État ». Par ailleurs, la nécessité et la proportionnalité de la détention n’ont pas été démontrées par le Gouvernement et elles ne sauraient être présumées par le Groupe de travail en l’absence de toute preuve rapportée par le Gouvernement, soit directement soit au cours de la procédure judiciaire interne. Le Groupe de travail note que le Préfet de Pointe-Noire, un agent de l’Etat, aurait été convoqué à la barre pour apporter les preuves de l’atteinte à la sûreté de l’Etat, mais qu’il ne serait pas présenté.
29.    Le Groupe de travail conclut donc que la privation de liberté des 14 membres du CDRC est contraire aux articles 9, 19 et 20 de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme ainsi qu’aux articles 9, 19 et 21 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques. Il faut rappeler, une fois encore, que ces normes à la fois coutumières et conventionnelles s’imposent à la République du Congo.
30.    Concernant le droit à un procès équitable, la source a indiqué que les agents de police et de gendarmerie de Pointe-Noire auraient procédé aux arrestations sans mandat tandis que l’ordonnance du Tribunal de Grande Instance de Pointe-Noire inculpant 28 personnes de rébellion, dont les 14 actuellement détenues, n’aurait été rendue que le 23 octobre 2013, c’est-à-dire deux mois après l’arrestation. Le Groupe de travail en déduit une violation de l’article 9 (2) du Pacte international relatif aux droits civils et politiques selon lequel « tout individu arrêté sera informé, au moment de son arrestation, des raisons de cette arrestation et recevra notification, dans le plus court délai, de toute accusation portée contre lui ».
31.    À l’égard des allégations de la source au sujet du délai écoulé entre l’arrestation et le jugement, le Groupe de travail constate qu’un délai de plus de sept mois est contraire aux articles 9 (3) et 14 (3)( c) du Pacte international relatif aux droits civils et politiques qui reconnaissent à tout individu arrêté ou détenu pour une infraction pénale le droit d’être traduit dans le plus court délai devant un juge et d’être jugé dans un délai raisonnable.
32.    La source a également déclaré avoir été privée de son droit au double degré de juridiction selon lequel après un premier jugement, un appel peut être interjeté. Ce principe est implicitement reconnu à l’article 14 (5) du Pacte international relatif aux droits civils et politiques selon lequel « toute personne déclarée coupable d’une infraction a le droit de faire examiner par une juridiction supérieure la déclaration de culpabilité et la condamnation, conformément à la loi ». En l’occurrence, la source déclare que le procès aurait eu lieu le 7 avril 2014, devant la Cour Criminelle de Pointe-Noire, formation spécifique de la Cour d’appel, sans qu’aucun jugement au premier degré ne soit intervenu. Le Groupe de travail en conclut une violation de l’article 14 (5) du Pacte international relatif aux droits civils et politiques.
33.    Le Groupe de travail considère que l’inobservation des normes internationales relatives au droit à un procès équitable est d’une gravité telle qu’elle rend la privation de liberté arbitraire.
34.    De plus, la source a précisé que les 14 détenus auraient été transférés le 18 juillet 2014, de la maison d’arrêt de Pointe-Noire vers Brazzaville dans un lieu inconnu et sans que les raisons d’un tel transfert ne soient communiquées. Le Groupe de travail tient à souligner que, conformément au principe 16 de l’Ensemble des principes pour la protection de toutes les personnes soumises à une forme quelconque de détention ou d’emprisonnement adopté par l’Assemblée générale des Nations Unies dans sa résolution 43/173 du 9 décembre 1988, « la personne détenue ou emprisonnée pourra aviser ou requérir l’autorité compétente d’aviser les membres de sa famille ou, s’il y a lieu, d’autres personnes de son choix (…) de son transfert et du lieu où elle est détenue ».
35.    Ce principe est également énoncé à la règle 44 de l’Ensemble de règles minima pour le traitement des détenus adopté par le premier Congrès des Nations Unies pour la prévention du crime et le traitement des délinquants, tenu à Genève en 1955 et approuvé par le Conseil économique et social dans ses résolutions 663 C (XXIV) du 31 juillet 1957 et 2076 (LXII) du 13 mai 1977. Le Groupe de travail est d’avis que le transfert des prisonniers violent les normes susmentionnées.
36.    D’après les informations rapportées par la source, lors de leur emprisonnement à la maison d’arrêt de Pointe-Noire, certains des 14 détenus auraient été malades et seraient restés sans soin. Toutefois la source n’ayant rapporté aucune preuve d’une telle situation, le
Groupe de travail ne saurait conclure qu’il y a eu une violation des droits des détenus. Mais le Groupe de travail estime qu’il est nécessaire de rappeler à la République du Congo ses obligations en matière de traitement des détenus, conformément aux normes internationales.

          Avis et recommandations

37.    À la lumière de ce qui précède, le Groupe de travail rend l’avis suivant :
La privation de liberté de Messieurs Mbanza Judicaël, Kimangou Joseph, Miakamouna Nzingoula Sylvain, Bibila Gilbert, Mabiala Mpandzou Paul Marie, Tsiakaka Valentin, Baboyi Antoine, Silaho René, Matimouna Mouyecket Euloge, Kialounga Pierre Placide, Tandou Jean Claude Davy, Ngoma Sylvain Privat, Banangouna Dominique Mesmin, et Londhet Moussa Landry est arbitraire ; elle est contraire aux articles 9, 19 et 20 de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme ainsi qu’aux articles 9, 14, 19 et 21 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques. Par conséquent, elle  relève des catégories I, II et III des critères applicables à l’examen des affaires soumises au Groupe de travail.
38.    En conséquence, le Groupe de travail prie le Gouvernement de la République du Congo de procéder sans attendre à la libération de ces personnes susmentionnées et de prendre les mesures nécessaires pour remédier au préjudice matériel et moral subi par ces personnes, en prévoyant une réparation raisonnable et appropriée conformément à l’article 9 (5) du Pacte international relatif aux droits civils et politiques.
39.    Le Groupe de travail rappelle que le Conseil des droits de l’homme a demandé à tous les États de coopérer avec le Groupe de travail, de tenir compte de ses avis et de prendre des mesures appropriées pour remédier à la situation des personnes privées de leur liberté, ainsi que d’informer le Groupe de travail des mesures qu’ils ont prises . En conséquence, le Groupe de travail requiert la coopération pleine et entière de la République du Congo dans la mise en œuvre de cet avis pour effectivement remédier à une violation du droit international.

[Adopté le 19  novembre 2014]
               

     

mercredi 1 octobre 2014

(Congo-Brazzaville) Les électeurs du sud sont morts massacrés


Le résultat du 28 Septemb 2014 vient de le prouver 
« Et Denis SASSOU NGUESSO continue de s’enfoncer »
Par l’Honorable Robert POATY PANGOU

LE SANG ET LES LARMES DES « AUTRES » VIENNENT DE DIRE STOP

Le Peuple du SUD a été TROP gentil.
Le Peuple du SUD a été TROP tolérant.
Oui  le Peuple du SUD a TROP payé par son SANG pour cette tolérance, cette gentillesse.
Mais maintenant cette gentillesse et cette tolérance se sont arrêtées.  

Le Peuple de l’Etat du SUD CONGO attend avec patience et dans le calme ce qui est entrain de se préparer. Ce vaillant Peuple des 5 régions du SUD vient de le prouver.
Ce 28 Septembre 2014 a été la véritable réplique du décret N° 2014-445 signé le 25 Août 2014. Un décret qui vient donc de finaliser la SCISSION entre le NORD et le SUD.

En effet c’est depuis de très longue date, Denis SASSOU NGUESSO sait qu’il doit rester au Pouvoir éternellement.

D’où il avait tout programmé, tout planifié.

A ce sujet, Théophile OBENGA nous suffisamment édifié dans son livre publié par l’Harmattan en 2001  et que je venais d’acquérir chez Mollat à Bordeaux.

Oui, après le massacre des populations du SUD, Denis SASSOU NGUESSO pouvait en toute quiétude et avec précipitation réunir les conditions lui permettant de modification de sa constitution.
Monsieur Mingwa fils de la Bouenza écrivait ceci dans son Article publié le 21/09/2014 :
« Qui mieux que l’homme des masses peut témoigner du courage des congolais. Il sait que le peuple n’a pas peur de lui, mais qu’il est résigné et ne veut plus s’investir dans des projets politiques de leaders de petites vertus et de mauvaise foi ,qu’il a réussi à corrompre et décrédibiliser ».
Monsieur Mingwa cite deux exemples des gens courageux :

Exemple N°1 : Les militants du MCDDI dans le POOL
« En effet, le retour d’exil avorté en avril 2001 de l’ancien premier ministre Bernard Kolelas et les milliers de membres et sympathisants qui avaient décidé d’accueillir le nkumbi nzila du MCDDI en dépit des menaces que laissaient planer le système répressif de Sassou Nguesso qui avait atteint son apogée, montraient déjà que les Congolais n’avaient pas peur ».

Exemple N°2 : Les militants du RDPS dans le KOUILOU
« Que dire du courage des Pontenégrins dont Sassou Nguesso n’oubliera jamais l’humiliation qui lui avait été faite, ainsi qu’à son épouse pendant les obsèques de Thystère Tchicaya en juin 2008 ».
Par ailleurs retenons les deux dates suivantes qui ont trois objectifs bien précis et à atteindre : le 28 Septembre et le 12 Octobre 2014.

Objectif N°1 : Faire valider le corps électoral par une élection.
De ce fait il fait taire tous ceux qui disent que le corps est faux.  Après ce vote, ce corps électoral ne peut plus être traité de faux.

Objectif N°2 : Permettre le renouvellement de son Sénat.

Objectif N°3 : Procéder au changement de sa constitution. Il l’avait prévu de très longue date.
Oui le changement de sa constitution il pourra le faire en réunissant le Parlement en Congrès ou par Référendum dès lors qu’il a fait valider son corps électoral à travers ces élections locales.
J’invite le Peuple de l’Etat du SUD CONGO à rester calme. En effet seul le calme éduque car il fait réfléchir. Un Recensement suivi du Référendum seront organisés dans notre Etat.

Ensuite suivra tout le processus électoral et la mise en place de toutes les Institutions de notre Etat.
Pour ma part, je redis que le temps est arrivé où il faut laisser Denis SASSOU NGUESSO diriger le NORD CONGO. Il a toujours dit qu’il est là pour le Peuple du NORD.

« MPASI ZO NTAMA ZA TUKA »

Fait à Paris le 30 Septembre 2014
Honorable Robert POATY PANGOU

(Congo-Brazzaville) De quelle République UNE et INDIVISIBLE parle-t-on à ceux qui y croient ?

De quelle République UNE et INDIVISIBLE parle-t-on à ceux qui y croient ?

Du génocide des « AUTRES » par le milicien-cobra Sassou dès 1997 ou la République Une et Indivisible qui n’est jamais que la conversion des Territoires Sud Moyen-Congo ?
  1. « Nous ne voulons pas de la démocratie de l’invective. Celle qui se nourrit du sang et des larmes. Il s’agit, vous vous en doutez, du sang et des larmes des autres. Mais, nous n’allons pas recommencer. Le sang et les larmes des autres ont trop coulé dans ce pays. Nous disons : ça suffit ! » (Denis SASSOU, lors de son  Message  sur l’état de la nation le 12/08/2014).
  1. « … Il était question de guerres civiles [...]. Après c’est normalement tout le monde qui gagne avec le parti gagnant, pour bâtir ensemble avec toutes les ethnies, toutes les régions, toute la nation retrouvée [...]. A la fin des hostilités criminelles ce n’est pas l’une des 3 nations belligérantes qui a gagné mais bien le Congo à travers les vainqueurs [...]. Si les choses ne sont pas vues de cette manière, on aboutit à la scission, à la partition» (Pour le Congo – Brazzaville, Réflexions et Proposition, Ed. L’Harmattan, 2001).
  1. « Le Pool ne peut pas se développer avec ce que Sassou a fait là-bas » (Marion Michel Madzimba Ehouango rappelé par M. Boukadia le 25/06/2014 à 08:29 sur Facebook)
-          Qu’a fait la « République Une et Indivisible » lorsque Denis Sassou a mis en prison un bébé de 8 mois et sa maman à la prison de la Gendarmerie KM4 de Pointe-Noire sous le prétexte qu’il s’appelle Modeste Boukadia, devenant ainsi le plus jeune prisonnier au monde ?

-          Qu’a fait la « République Une et Indivisible » lorsque Denis Sassou amputait le sud du Congo de trois quart de million (750 000) personnes qui manquent à l’appel ?

-          Qu’a fait la « République Une et Indivisible » lorsque Denis Sassou tuait et faisait tuer 353 jeunes gens triés pour certains être enfermés vivants dans des containers et jetés dans le fleuve Congo et d’autres jetés vivants dans des trous, aspergés d’essence pour être brûlés vifs ?

-          Qu’a fait la « République Une et Indivisible » pendant que Denis Sassou créait des charniers à Mbanza-Ndounga entre autres ? Qu’a fait la « République Une et Indivisible » pour les 350 familles enterrées à Kimaza au Bas-Congo en RDC ?

-          Que fait la « République Une et Indivisible » lorsque Denis Sassou pratique la politique de discrimination des Congolais en spécifiant qu’il y a « LES AUTRES » au Sud du Congo ? Qu’a fait la « République Une et Indivisible » lorsque Denis Sassou a fait passer le message aux siens que « BAKONGO BA BOMI MARIEN NGOUABI » (Les Kongo ont assassiné le président Marien Ngouabi) ?

-          Que fait la « République Une et Indivisible » lorsque Denis Sassou emprisonne des membres d’un parti politique en les déportant au nord du Congo et en condamnant un chef de parti à 30 ans de travaux forcés pour avoir exigé un gouvernement d’union nationale ?

RIEN.

Cette « République Une et Indivisible » utopique a laissé mourir les « AUTRES », ces Congolais du Sud du Congo, alors qu’elle avait la responsabilité et le devoir d’assurer leur sécurité et leur liberté. En droit, cela veut dire que cette « République Une et Indivisible » n’existe pas et n’a jamais existé. Et pour cause. Il n’est point nécessaire de se torturer l’esprit pour se donner bonne conscience et faire semblant de trouver une unité de façade pour une « République Une et Indivisible » consentante de génocide et de crimes contre l’humanité.

Cet article est écrit pour la mémoire, pour que les jeunes du Sud du Congo à qui l’on fait miroiter que la République est « Une et Indivisible » sachent ce qui s’est réellement passé. Oublier, c’est permettre un nouveau génocide. S’entêter et s’obstiner à croire à cette République « Une et Indivisible », c’est accepter d’être les paillassons des hommes politiques à la botte de Sassou.

Aussi, faut-il remercier un courageux fils du Sud Congo, Jean-Claude MAYIMA-MBEMBA, d’avoir mis en ligne des documents dont le contenu sans équivoque prouve effectivement par les aveux mêmes du quidam Sassou l’intention réelle du génocidaire : Quel autre choix reste-t-il à ceux qu’il repousse comme les “autres” de la partie sud du pays sinon la déclaration de l’Etat du SUD CONGO ?

Quand, dans son « J’assume » édité peu après la Conférence Nationale de 1991, Sassou Denis écrit « Faut-il enjamber d’autres corps pour arriver à la démocratie ? Ma réponse est non ! », poursuivant : « Le mal, je suis donc le seul à l’assumer, et je l’assume, à titre collectif et individuel, au nom de tous les dirigeants de ce pays qui ne sont plus. Moi, j’assume pour nous tous, tout notre passé… ». Cela est fort bien généreux de sa part, mais qui ne voit qu’il s’absout lui-même de ses propres crimes les mettant en balance compensatoire avec les turpitudes anciennes pour s’excuser.
Son « J’assume » est le discours prononcé à la Conférence Nationale de 1991 qui relate ses propres turpitudes passées concernant ses œuvres en sous-main. D’abord contre le Président Alphonse Massamba-Débat en 1968. Ensuite celles de mars 1977 où dans des conditions obscures, le Président Marien Ngouabi est assassiné en s’abritant, dans la foulée, derrière le CMP qu’il venait de mettre en place pour la circonstance avec Joachim Yhombi-Opango qui devient sa marionnette qu’il destitua en 1979. Il s’en suivit le règlement des comptes avec les Kouyou en 1987 suite à la rébellion du capitaine Pierre Anga, anciens alliés de Sassou, parce qu’ils en savaient trop sur son passé. Tout cela avant la guerre contre Lissouba en 1997 et le génocide des Kongo du Sud-Congo.

Certains me diront : « Pourquoi vous n’avez pas fait arrêter Sassou lors de la Conférence Nationale de 1991 ; vous en aviez le pouvoir par la majorité des Conventionnels ? ».

Certains me diront : « Pourquoi vous n’avez pas fait arrêter Sassou lors de la Conférence Nationale de 1991 ; vous en aviez le pouvoir par la majorité des Conventionnels ? ».

Oui, effectivement, cela aurait été possible ou envisageable si les délégués du PCT de la Commission Politique de la CNS avaient fait valoir le droit et non l’appartenance ethnique. Si la République était Une et Indivisible, elle aurait gagné. Il n’aurait pas eu à souffrir de la guerre de 1997 déclenchée par la rébellion nordiste de Sassou contre le pouvoir légitime de Lissouba de juin à octobre 1997, ni du génocide atroce des Kongo de 1998 à 2005. Il est aussi probable que le cobra nous a anesthésiés. Mais surtout nous étions dans un processus idyllique d’absolution, de grand-messe et de pardon.
Pour quelles raisons le 21 mars 1999, Sassou exhorte-t-il les Nordistes à lui confier leurs enfants ? : « Je vous interpelle tous, pour notre survie, notre futur est noir… S’il m’arrivait de mourir à 11 heures, sachez qu’avant 15 heures, on ne parlera plus du nord tout entier. Tous nos villages seront brûlés, tous nos nordistes de Brazzaville comme ceux de Pointe-Noire mourront dans les 3 heures qui suivront ma mort » alors que l’on est 18 mois après l’exil de Bernard Kolélas et Pascal Lissouba si ce n’est par les haines suscitées par les atrocités commises par les milices Cobras de Sassou sur les civils du Pool entre juin et octobre 1997 ? Ce pathétique : « Donnez-moi donc vos enfants, j’ai besoin d’hommes pour assurer votre survie. On ne peut pas toujours compter sur les troupes étrangères, nous devons compter sur nous-mêmes d’abord » montre l’ampleur de sa barbarie sur les civils Kongo de 1997 et que la guerre contre les civils Kongo reprit en mars 1999 sans l’écho international.

D’ailleurs, dans la même exhortation, Sassou se défausse sur ses officiers nordistes de la mort de ses jeunes du nord : « A qui est donc la faute si nos jeunes (nordistes), nos enfants périssent toutes les fois qu’ils vont au service de la République ? Est-ce qu’il manque d’officiers nordistes ici où nous sommes ? Est-ce que vous savez que le nord a le record en effectif d’officiers ? ». Cela montre Sassou dirigeant directement ses milices en assumant une fonction terroriste, et cela à l’encontre de l’Etat-major, laissant présager l’ampleur du génocide de Sassou sur les Kongo de 1998 à 2005, disant encore aux Nordistes : « Je vais maintenant vous dire que la paix à laquelle vous croyez n’est que superficielle, votre paix ressemble au repos d’un prisonnier dans sa prison. La guerre que vous avez gagnée vous a seulement écarté du danger, mais ce danger continue à menacer et aujourd’hui je constate que c’est même pire ». Quelle meilleure démonstration de la part de Sassou qu’il s’agit bien d’une invasion programmée des Nordistes sur les Terres Kongo de la République du Sud Congo, et que le milicien Sassou n’a en aucune façon agi au nom de la République Indivisible.

Cela montre aussi que Sassou a manipulé sa propre jeunesse nordique en fustigeant ses propres milices Cobras les rendant responsables des pillages et des atrocités de 1997 alors que c’est lui-même seul qui les a incités à de tels procédés intolérables : « Des pillages se terminant surtout par des règlements de compte. Le manque de respect généralisé. Je ne pouvais pas laisser évoluer cet esprit de guerre contre nous-mêmes, c’est ainsi que je me suis adressé aux Cobras car c’est d’eux qu’il s’agit. Vous avez entendu partout leurs tergiversations, certains ont même parlé à la radio RFI pour manifester publiquement leur mauvaise foi. Certains ont dit que je ne fais rien pour les jeunes et pour le peuple nordiste confondu, sans distinction des partis ni des tribus. J’ai aussi entendu dire que « Sassou continue à nous faire tuer chez les Tchek et les Nibolek. Que nos enfants sont égarés sous les instructions de Sassou » prouvent que cet égarement était aussi fort bien ressenti au Nord-Congo. Mais, il se défausse par « Je ne pouvais pas laisser évoluer cet esprit de guerre contre nous-mêmes » alors qu’il est le décideur de l’état de guerre du Nord contre les Kongo en n’agissant en aucune façon au nom de la République Une et Invisible.

De quelle République Une et Indivisible, s’agit-il ? Cette République dont il est question est celle convertie au matin à 11h30 du 28 novembre 1958 par un vote de tous les députés du Sud, tous partisans de Fulbert Youlou et Félix Tchicaya, et de tous les députés du Nord, tous MSA sous la bannière de Jacques Opangault. Cette République Une et Indivisible mort-née parce qu’elle ne fut jamais entérinée par les députés du Nord qui boycottèrent l’Assemblée Territoriale de Pointe-Noire l’après-midi de ce 28 novembre afin de ne pas reconnaître la conversion de l’Assemblée Territoriale en Assemblée de la République du Congo. Ce boycott de Jacques Opangault annulant de fait par ce geste murement réfléchi leur reconnaissance de la République Une et Indivisible le matin même afin de s’opposer aux députés youlistes du sud. Et qui plus est, la nuit portant conseil, le lendemain même, ils confirmèrent leur position de la veille, en se réunissant seuls à l’Assemblée Territoriale de Pointe-Noire, en déclarant nulle la décision de la veille prise par la Représentation Nationale du Sud Congo à l’unanimité. Ce qui revenait de fait à annuler leur propre décision du matin en ne reconnaissant pas la République Une et Indivisible. Ce faisant, ils opéraient de fait la scission, n’ayant de cesse que de programmer le génocide du Peuple Kongo du Sud-Congo.

D’autant qu’il est assez remarquable que le MSA de Jacques Opangault avait décidé depuis le 15 octobre 1958 de se ranger sous la bannière de Barthélémy Boganda au Centrafrique dans son projet des Etats Unis latins d’Afrique Centrale des confins libyques à l’Angola y compris Ruanda, en siégeant à Bangui même. C’est le président de Gaulle lui-même qui est venu demander en août 1958 à Fulbert Youlou d’accepter les territoires du Nord Moyen-Congo dans une même entité politique avec les Territoires Sud Moyen-Congo. C’est la raison pour laquelle Sassou s’emploie aujourd’hui encore à payer les salaires des fonctionnaires centrafricains tout en s’impliquant d’autorité dans la gestion politique du Centrafrique, se proclamant médiateur international de la République du Centrafrique de Bangui.

 
En bleu : le projet de la République du Centre-Afrique de Barthélémy Boganda A Nous Tous de comprendre le cobra. C’est Sassou lui-même qui, par sa peur, a paniqué tout le Nord, et continue à le faire en le manipulant. Si le Nord veut s’en sortir, que les Assemblées Territoriales en Sangha, Likouala, Cuvette et Plateaux se déclarent d’abord en Etat officiel du Nord Congo pour combler le vide laissé par le MSA de Jacques Opangault en quittant la République. Ainsi se mettra naturellement en place deux Etats souverains, respectueux des principes républicains. Quitte à cet Etat du Nord Congo d’élire son président ou de maintenir Denis Sassou à la tête de cet Etat. C’est la seule voie pour mettre fin aux gestions ethniques et claniques du pouvoir et aux politiques de « YAKA NOKI-NOKI » et d’éventuel « BAKONGO BA BOMI SASSOU ». Ensuite, que cet Etat Nord Congo fasse, s’il le souhaite, la demande d’adhésion à la République Une et Indivisible du Sud Congo déjà votée par le sud le 28 novembre 1958. Celle-ci, à la condition que la demande soit bien sincère, n’y est pas opposée et son acceptation vaudra pardon. Tout l’avenir potentiel est dans ce résumé historique incontestable et que chacun doit avoir à l’esprit.

Quand Sassou dit encore dans son exhorte du 21 mars 1999 : « des troupes tombant dans les embuscades des ninjas et des cocoyes », il ne s’agit pas de troupes au sens de l’armée du Congo, mais de milices armées, celles des Cobras de Sassou portant les couleurs du Nord de la Léfini, contre les milices armées dites Ninjas de Bernard Kolélas défendant les Kongo du Pool et celles dites Cocoyes de Pascal Lissouba. Ce qui prouve bien que le premier sécessionniste est de fait le milicien Sassou, nordiste, conquérant le Sud Congo par sa milice. Et cet aveu naïf : « Certains ont dit que je ne fais rien pour les jeunes et pour le peuple nordiste confondu, sans distinction des partis ni des tribus » montre comment in fine toute sa démarche était bien seulement pour le « peuple nordiste confondu » !

Dit-il d’emblée : « Je sais que vous n’avez pas oublié ce que vous avez vécu en 1997 par les bombardements de Lissouba. Vous savez ce que j’ai fait pour terminer cette tragédie, cette barbarie, ces pertes humaines que personne ici ne peut évaluer. Vous avez marché sur des corps. D’aucuns diront que Sassou a terminé la guerre, mais moi je dis que c’est d’abord la détermination du peuple nordiste de vouloir, je dis bien, vouloir finir ces malheurs infligés par Lissouba… Beaucoup de jeunes sont venus du nord se joindre aux jeunes brazzavillois nordistes et lutter à mes côtés ». Cela montre indéniablement comment dans l’optique de Sassou, Lissouba est considéré comme l’adversaire national en tant que représentant l’Etat du Sud Congo et originaire du Niari en lui attribuant « les bombardements » des milices Cobras de Sassou par les milices Cocoyes de Lissouba comme si ces milices représentaient les armées du Nord Congo et Sud Congo, et la victoire de l’une sur l’autre à considérer comme la victoire inexorable d’un Etat sur l’autre en l’occurrence le Nord sur le Sud.

Tout cela corrobore bien le conseiller de Sassou, Théophile Obenga, que nous avons déjà mis en exergue dans « L’Esprit Libre », qui écrivait en 2001, la date parle d’elle-même : « … Il était question de guerres civiles [...]. Après c’est normalement tout le monde qui gagne avec le parti gagnant, pour bâtir ensemble avec toutes les ethnies, toutes les régions, toute la nation retrouvée [...]. A la fin des hostilités criminelles ce n’est pas l’une des 3 nations belligérantes qui a gagné mais bien le Congo à travers les vainqueurs [...]. Si les choses ne sont pas vues de cette manière, on aboutit à la scission, à la partition…» tout en soulignant mieux encore que Monsieur Obenga fait allusion « à la fin des hostilités criminelles » s’agissant du génocide de 1999, ce qui, par un certain côté, le dédouane par sa sincérité reconnaissant les crimes de Sassou.

Reporter la responsabilité sur le « peuple nordiste de vouloir, je dis bien, vouloir finir ces malheurs infligés par Lissouba » alors qu’il s’agit d’affrontement personnel entre Sassou le nordiste en rébellion contre Lissouba le sudiste, montre sa manipulation, considérant Lissouba comme un ennemi ne faisant pas partie de la même nation. De fait, les Kongo Sud-Congo font une seule et même nation, mais pas le Nord-Congo, incitant la curatelle blanche à fondre le nord dans le sud homogène et plus peuplé. Ce qui en droit revient à ce fait que le Nord Moyen-Congo n’a jamais accepté la République et qu’il nous faut faire un arrêt sur image en revenant à la journée des dupes de 1958.

Dans son « J’assume » le milicien Sassou constate : « Certains ont payé de leur sang nos erreurs, d’autres ont succombé pour avoir pris des armes contre la République. Certains de ces épisodes demeurés obscurs, ont fait l’objet de témoignages publics qui donnent un éclairage neuf. D’autres ont fait l’objet de procès que seuls les éléments nouveaux pourraient remettre en question ». Mais « nos erreurs »écrit par un nordiste ne concernent que Sassou, et ceux du nord dont il est le représentant. Veut-il par-là s’excuser auprès des Kouyou de la Cuvette reconnaissant que parmi les siens « d’autres ont succombé pour avoir pris des armes contre la République » ?

Dont acte de reconnaître que les siens ont pris les armes contre la République, celle du Sud Congo !
« La connaissance de l’histoire rend de simples particuliers dignes du commandement… Et par les éloges qu’elle décerne à ceux morts pour la patrie, elle rend les citoyens plus ardents à la défendre et par la menace d’un opprobre éternel, elle détourne les méchants de leurs mauvais desseins » dixit Diodore de Sicile qui, à Rome voilà à plus de deux mille ans, savait ce qu’il en était et de quoi parler !

Paris le 29 septembre 2014, capitale de la République Libre du Sud-Congo

Modeste BOUKADIA
Président du Cercle des Démocrates et Républicains du Congo
Condamné à TRENTE (30) ANS de travaux forcés
Pour crime d’être démocrate et d’exigence de bonne gouvernance.

(Congo-Brazzaville) Télévision : Appel à Michael Peters et aux Actionnaires d'Euronews


Message aux souteneurs (proxénètes) d'un génocidaire, un criminel contre l'humanité

Nous appelons Monsieur Michael PETERS, Président du Directoire d’Euronews SA, ainsi que tous les actionnaires de la chaîne de télévision internationale d’information en continue EURONEWS (voir la liste des actionnaires ci-dessous)à tirertoutes les conséquences suite à l’affaire dite « Elie SMITH », du nom de ce grand journaliste bilingue d'origine camerounaise aux qualités professionnelles reconnues, qui a été expulsé le vendredi 26 septembre du Congo (Brazzaville), manu militari, en  lui interdisant d'emporter tout effet personnel, sur décision émanant des services du directeur général de la police,Jean-FrançoisNDENGUET(ce Général proche de Jean-Dominique OKEMBA et qui est mis en cause dans l’affaire des 353 Disparus du Beach, un crime contre l’humanité), après avoir subi l’intrusion à son domicile de cinq inconnus armés le mercredi 10 septembre à une heure du matin et au cours de laquelle sa sœur a été victime d’une agression sexuelle intolérable.

Classé à la 82e place, sur 180 pays, dans le classement mondial 2014 de la liberté de la presse établi par Reports Sans Frontières (RSF), le Congo est aujourd’hui  incontestablement l’un des pires exemples sur le continent dans la mise en œuvre de ses engagements internationaux en matière de liberté d’expression.

Il n’existe pas de chaîne de télévision à Brazzaville qui ne soit pas sous le contrôle total du pouvoir. Les seules chaînes de télévision privées autorisées sont au nombre de trois et appartiennent respectivement à Maurice N’GUESSO (frère aîné de Denis SASSOU N’GUESSO), Claudia SASSOU N’GUESSO (fille de Denis SASSOU N’GUESSO) et Norbert DABIRA (un Général proche de Denis SASSOU N’GUESSO et qui est également mis en cause dans l’affaire des 353 Disparus du Beach, un crime contre l’humanité). Quant à TÉLÉ-CONGO, la télévision nationale du Congo, elle n’est rien d’autre qu’un simple instrument au service de la propagande nationale de Denis SASSOU N’GUESSO.

C’est dire à quel point le Congo est le pays de la pensée unique par excellence, où seul ce que pense, dit ou fait Denis SASSOU N’GUESSO doit être diffusé dans les chaînes de télévision et il ne doit surtout pas y avoir des voix dissonantes. Le degré d’obscurantisme est tel que le pouvoir n’hésite pas à assassiner les journalistes jugés incontrôlables. C’est fut le cas notamment de Bruno OSSEBI JACQUET, journaliste franco-congolais, brûlé vif dans sa maison avec sa femme et leurs trois enfants. Son épouse et leurs trois enfants sont morts dans l'incendie et lui sera finalement achevé dans son lit d'hôpital, à l'hôpital militaire de Brazzaville, la veille de son évacuation sanitaire prévue vers la France.

En principe, chaque fois qu’il y a mort d’hommes, mais surtout dans les conditions telles que décrites ci-dessus, il y a matière à enquête pour que les auteurs de ces crimes soient punis... pourtant aucune enquête n’a jamais été ouverte. Ce fut, d’un avis largement partagé, un assassinat crapuleux commandité par Denis SASSOU N’GUESSO lui-même, simplement parce que Bruno OSSEBI JACQUET était en possession de documents sensibles qui auraient pu compromettre l’admission du Congo à l’initiative Pays Pauvre Très Endetté (PPTE).

C’est la preuve indéniable, s’il en fallait encore, de la nature dictatoriale et anti-démocratique du pouvoir de Denis SASSOU N’GUESSO et ce n’est pas par hasard que les observateurs les plus avisés de la vie politique congolaise qualifient le Congo comme étant la Corée du Nord de l’Afrique. Mais, de tout cela, Monsieur Michael PETERS n’a eu cure et a permis la création de la future chaîne d’information AFRICANEWS dont le siège sera basé à Brazzaville (CONGO) et qui découle d’un curieux et étrange partenariat entre EURONEWS et TÉLÉ-CONGO, sous l’égide du vieux dictateur sanguinaire congolais Denis SASSOU N’GUESSO.

Michael PETERS ferait-il donc partie du petit club très fermé de ces journalistes corrompus, à savoir :

Jean-Paul PIGASSE, François SOUDAN, Patrick WAJSMAN, Pierre-Etienne MOUGEOTTE,
Emile H. MALET, Vincent HERVOUËT, Guillaume DURAND, Olivier GALZI,  Christine OCKRENT, Denise Laurence Djengué EPOTÉ, qui se sont liés d’amitié avec ce vieux dictateur sanguinaire congolais ? Il ne serait d’ailleurs pas étonnant que le futur directeur de la chaîne d’information AFRICANEWS figure parmi eux.

Compte tenu du caractère anti-démocratique du pouvoir de Denis SASSOU N’GUESSO et des pressions qui sont exercées continuellement sur les journalistes et les acteurs des médias en général ou toute autre personne dans ce pays parce qu'ils exercent leur droit à la liberté d'opinion et d'expression en ligne et hors ligne, il ne fait aucun doute que cette future chaîne d’information AFRICANEWS ne sera pas en mesure de travailler avec le grand professionnalisme requis, sans craindre qu’elle ne se transforme en un simple instrument au service de la propagande internationale de ce vieux dictateur sanguinaire, et ses journalistes ne seront pas non plus en mesure de faire leur travail de façon indépendante, sans être soumis à des pressions et sans craindre des violences ou des persécutions.

Nous demandons donc à tous les actionnaires de la chaîne de télévision internationale d’information en continue EURONEWS d’exercer leur droit de véto afin de préserver l’image de marque de leur chaîne et d’exiger à Michael PETERS de prendre des mesures concrètes pour empêcher le lancement, fixé à l’été 2015, de la chaîne d’information AFRICANEWS.

Bienvenu MABILEMONO

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VOICI LA LISTE DES ACTIONNAIRES D’EURONEWS


Anciens actionnairesParmi les actionnaires fondateurs d'Euronews (SECEMIE) ne font pas partie de ceux d’Euronews SA les chaînes suivantes :

Nouveaux actionnaires•  Česká televizeSociété suisse de radiodiffusion et télévision Établissement national de télévision Televiziunea Română Établissement de la radiodiffusion-télévision tunisienne Compagnie nationale de télévision ukrainienne Public Broadcasting Services TV4 Raidió Teilifís Éireann Société nationale de radiodiffusion et de télévision RTR Türkiye Radyo Televizyon Kurumu       Radiotelevizija Slovenija 
Collectivités territoriales actionnairesGrand LyonDépartement du RhôneRégion Rhône-Alpes 
Les actionnaires les plus importants en parts au capital sont :
  •  France Télévisions (23,93 %)
  •  Rai (21,54 %),             RTR (15,98 %).   TRT (14,81 %)
  • SSR (9,15 %)
  • SNRT (6 %)16

mardi 30 septembre 2014

En expulsant des Journalistes, le Congo-Brazzaville est-il une démocratie ?


 
Après l’expulsion des journalistes Sadio Kanté Morel correspondante de l’agence Reuters, née au Congo, jouissant du droit du sol le 23 septembre et Elie Smith de MNT.V pourtant proche du pouvoir le 26 septembre 2014, pour des motifs relevant de l’époque du communisme, il y a lieu de se poser la question : le Congo-Brazzaville est-il réellement une démocratie et existe-t-il dans ce pays des contre-pouvoirs ? 
  A la question de savoir si le Congo-Brazzaville est une démocratie, nous savons qu’à la base d’une démocratie, se trouve la constitution. C’est la constitution qui dicte les lois fondamentales régissant l’organisation des institutions politiques d’un Etat. Son contenu permet de savoir si le régime est une démocratie ou une dictature.  En démocratie, le pouvoir est divisé. Il y a le pouvoir exécutif qui dirige le pays, le pouvoir législatif qui approuve les lois, les amendes, contrôle ou sanctionne l’action du gouvernement. Il y a le pouvoir judiciaire qui juge ceux qui enfreignent les lois et un quatrième pouvoir, qui n’est pas institutionnel, mais important ce sont la presse et les médias.

Les fondements d’une démocratie sont réunis dès l’instant où les pouvoirs ; exécutif, législatif et judiciaire, sont détenus par des personnes différentes, capables de se contredire et de limiter le pouvoir de chacune envers l’autre. Or, au Congo-Brazzaville, c’est un même individu, avec des ramifications, qui détient tous ces pouvoirs, en primant son intérêt propre sur l’intérêt général. La nature d’un tel régime, peut-elle être une démocratie ?

Les Congolais réclament une démocratie moderne, où se développerait la culture du débat contradictoire, l’intégrité des dirigeants politiques et le vote libre des citoyens. En cas de défaillance du système, les contre- pouvoirs comme la presse et les médias pourraient corriger les choses. Or, la corruption, pourtant réprimée par le code pénal règne partout, les intérêts privés et les privilèges passent avant le bien public. Le culte de l’argent facile et ses effets pervers avec l’apparition de l’individualisme, offre au peuple congolais vivant dans la pauvreté et la misère, un spectacle navrant. L’image du Congo-Brazzaville en Afrique et dans le monde s’en trouve largement dégradée.
Etant donné que tous les pouvoirs sont aux mains d’un seul individu au Congo-Brazzaville, le quatrième pouvoir est celui qui aurait pu empêcher le peuple congolais de tomber dans l’esclavage du pouvoir absolu. Il aurait produit les conditions d’une compétition loyale entre les partis politiques. Il aurait créé le débat nécessaire au bon fonctionnement de la société. Sans le journalisme, il y a un risque de dégradation de l’Etat. Le journalisme a pour rôle d’encadrer l’exercice du pouvoir.

Au Congo-Brazzaville, le pouvoir exécutif qui concentre tous les pouvoirs, veut manipuler l’opinion publique et contrôler la politique éditoriale de la presse et des médias privés.
Or, par rapport aux autres pouvoirs, les médias peuvent apporter une certaine supériorité. Ils sont le biais par lequel le pouvoir doit passer, s’il veut se faire entendre. Le politique utilise les médias s’il veut toucher l’opinion. Cela veut dire, qu’il est obligé d’ajuster son discours aux règles de l’information. Le politique est contraint de se soumettre aux règles des médias et au contrôle de l’opinion. Comme le journaliste est parfois le procureur des maux de la société, souvent un avocat des victimes et défenseur des opprimés, cela ne plait pas au pouvoir exécutif congolais, d’où les mesures d’expulsion indignes, prise à l’endroit de journalistes qui exerçaient leur métier dans les règles de l’art.

La fin du dernier mandat du président de la République étant proche, les velléités de changement de la constitution pour le maintenir au pouvoir ont transformé le climat et l’agenda politique en fournaise. Dans cette atmosphère proche de l’enfer, le pouvoir accumule des  fautes graves, qui obscurcissent davantage l’avenir du pays.

Ce pouvoir est-il fondé sur des principes démocratiques et n’a-t-il  vraiment rien à se reprocher ?...
                                                                                                 Appolinaire NGOLONGOLO
                                                                                                        Journaliste, écrivain

vendredi 26 septembre 2014

(Congo-Brazzaville) L'esprit libre : construire le Sud Congo

L’esprit libre : construire le Sud Congo

  « L’histoire est toujours le fil conducteur du futur. Celui qui l’ignore est contraint de la revivre. La puissance d’un dictateur ou d’un preneur d’otages s’arrête à la peur qu’il imprime. Nous avons vaincu cette peur depuis les meetings populaires de Brazzaville du 11 mai 2013 et de Pointe-Noire le 29 juin 2013.»

Aux Nôtres…L’Etat du Sud Congo est créé au Nom de tous les nôtres assassinés et aussi de tous les nôtres pris en otage par le régime Sassou et au Nom de la paix pour protéger notre Peuple.
21/08/2013 – 21/08/2014 :
- Au bébé de 8 mois et à sa maman, le plus jeune prisonnier au monde, incarcéré pour crime de porter le même nom que celui du président du CDRC.
- Aux 14 membres du CDRC privés de leur liberté citoyenne pris en otage par l’autocrate Denis Sassou et disséminés dans les geôles du Nord Congo pour avoir exigé la mise en place d’un gouvernement d’union nationale et brandi des banderoles au cours d’un meeting populaire autorisé « Carton rouge = démission du gouvernement ».
Il s’agit de :
- Sylvain MIAKAMONA NZINGOULA, Paul Marie MABIALA MPANDZOU et Valentin TSIAKAKA condamnés à SEPT (7) ANS de détention ferme.
- Judicaël MBANZA, Joseph KIMANGOU, Gilbert BIBILA, Antoine MABOYI, René SILAHO, Eloge MATSIMOUNA MOUYEKET, Pierre Placide KIALOUNGOU, Jean Claude TANDOU, Mesmin BANAGOUNA condamnés à CINQ (5) ANS de détention ferme.
- Landry LONDE MOUSSA et Sylvain Privat NGOMA condamnés à DEUX (2) ANS de détention ferme.
- Aux 14 autres membres du CDRC libérés après 8 mois d’emprisonnement.
- A l’ensemble des familles des membres du CDRC incarcérés qui subissent la privation de leur parent au nom de rien sans avoir la possibilité d’aller leur rendre visite.
- Au « trois quart (750 000) de million de personnes qui manquent à l’appel »
- Aux 353 jeunes gens du dossier "disparus du Beach" qui ont été triés pour leur origine Kongo ; certains enfermés vivants dans des containers et jetés dans le fleuve Congo, d’autres jetés dans des fosses, aspergés d’essence puis brûlés vifs.
- Aux 350 familles enterrées à Kimaza au Bas-Congo en RDC.
Pour toutes ces victimes parce qu’ils sont nés Kongo du Sud Congo, il n’y a eu ni indignation ni condamnation des soi-disant opposants et des Congolais du Nord. Ce silence s’identifie à une approbation.

Rien n’est plus difficile qu’une séparationL’Europe dans sa conquête des nouveaux territoires avait pensé, imaginé, préconisé pendant la Conférence de Berlin de novembre 1884 à février 1885 qu’il fallait pour le Bien des Peuples d’Afrique, constituer des Entités Régionales moyennant des contrats dépassant les limites ancestrales de nos royaumes autochtones. Pour le Congo, il fallait réunir au Peuple Kongo du royaume Kongo restreint depuis la rive droite du fleuve Congo jusqu’à l’Océan, les divers Peuples habitant au-delà de l’Alima. Cela bien avant l’arrivée des Européens. Qui n’aurait pas vu cela d’un bon œil puisque c’était pour le bien de tous sans discrimination ?
C’est ainsi que nos Pères-Fondateurs scellèrent le pacte de la République du Congo Une et Indivisible le 28 Novembre 1958 où chaque individu serait un concitoyen à part entière sans discrimination aucune. L’indivision supposant le respect réciproque.
Entre MSA/UDDIA. Entre Mbochi/Kongo qui se transforme en conflit avec une dizaine de morts et de blessés, cette difficulté de s’entendre entre Mbochi et Kongo est la conséquence immédiate du schisme congénital de la fondation de la République du Congo le 28 novembre 1958 « qui pousse le leader du MSA à soutenir Barthélemy Boganda dans le projet de "République du Centre-Afrique" où serait annexé le nord du Congo. Un projet de consultation par voie référendaire des populations du nord du Moyen-Congo (actuelles régions de la Cuvette, de la Sangha et de la Likouala) avait été envisagée en 1959 pour savoir si elles se maintiendraient ou non au sein de la République du Congo, dans ses limites territoriales confirmées par la Loi-cadre de 1956. Ce projet n’avait pas été conduit à son terme, malgré la préparation par le président de l’Assemblée législative, Christian Jayle, d’un texte dans ce sens. Aussi fallait-il, pour l’abbé Fulbert Youlou, construire un cadre politique capable de générer un certain type de gestion politique fondée sur l’efficacité, et une forme de consensus, qu’il obtiendra d’ailleurs à partir de sa réconciliation avec Jacques Opangault. » (Achille Kissita. Congo : trois décennies pour une démocratie introuvable, Ed. SED, Brazzaville, Congo, 1993).
Rien n’est plus difficile qu’une séparation surtout lorsqu’on a cru pouvoir sceller une merveilleuse histoire en commun dans une République Une et Indivisible en présence de la France qui affichait officiellement sa volonté de nous apporter ses lumières et son progrès. Ainsi le dit le Général de Gaulle, Président de la Communauté Française, dans son Message à l’Abbé Fulbert Youlou, Premier ministre du Gouvernement provisoire du Congo « En complet accord et en pleine amitié avec la République Française, la République du Congo accède à la souveraineté Internationale ce 15 Août 1960. Brazzaville, ville pour toujours illustre dans le monde des peuples libres, hier haut lieu de la France combattante, aujourd’hui centre de développement de tout un peuple, devient la capitale d’un Etat Indépendant. Unis au sein de la communauté, la République Française et la République du Congo poursuivront fraternellement leur vœu. C’est mon vœu le plus ardent. Vive le Congo. Vive la France. » (Lettre du Général de Gaulle à l’Abbé Fulbert Youlou au sujet de l’Indépendance du Congo, 15 août 1960. DAM, Quai d’Orsay-REF/323 QONT 10).
De ce vœu ardent, il nous reste de précieux, bien malgré elle, sa langue devenue aussi l’une des nôtres, si bien adaptée à véhiculer les connaissances et le progrès quels qu’ils soient.
Mais l’assurance de ce vœu n’évacue pas les tensions malgré la réconciliation entre Jacques Opangault et Fulbert Youlou puisque Denis Sassou mènera une guerre contre les civils des régions du Sud Congo en 1998 pour « venger son frère tué dans le conflit de 1959 » dira-t-il. Il ira jusqu’à exiger de l’archevêque de Brazzaville de lui présenter des excuses pour qu’il arrête la guerre contre le Pool et les autres régions du Sud.

Théophile OBENGA, initiateur de la scission, de la partition du Congo« … Il était question de guerres civiles [...]. Après c’est normalement tout le monde qui gagne avec le parti gagnant, pour bâtir ensemble avec toutes les ethnies, toutes les régions, toute la nation retrouvée [...]. A la fin des hostilités criminelles ce n’est pas l’une des 3 nations belligérantes qui a gagné mais bien le Congo à travers les vainqueurs [...]. Si les choses ne sont pas vues de cette manière, on aboutit à la scission, à la partition… » (Théophile Obenga, Pour le Congo – Brazzaville, Réflexions et Proposition, Ed. L’Harmattan, 2001).

CQFD.
Question pertinente : que Monsieur OBENGA dise qui sont ces trois nations belligérantes dans une République considérée a priori Une et Indivisible ? Et qu’elle est celle ou celles qu’il considère parmi les vainqueurs lesquels se sont rendus génocidaires des Kongo ?
Depuis, la République qu’on croyait Une et Indivisible s’est « nourrit du sang et des larmes. Il s’agit, vous vous en doutez, du sang et des larmes des autres. Le sang et les larmes des autres qui ont trop coulé. » La discrimination a pris le pas sur la concitoyenneté. C’est ainsi qu’il faut interpréter l’implication sous toutes les formes de Denis Sassou dans le jeu centrafricain. Créer la République du Centre-Afrique en incluant le Nord Congo. La volonté de modification de la Constitution du 20 Janvier 2002 obéit à l’impératif d’avoir la mainmise sur les devises du Sud Congo dont il a besoin pour finaliser la création de la République du Centre-Afrique en facilitant successivement l’arrivée au pouvoir de François Bozizé puis de Michel Djotodia à la condition d’être à son service. D’où la création d’une Banque Centrale à Oyo qui serait la capitale de cette Nouvelle République du Centre-Afrique. C’est ce que dit en substance François Bozizé sur RFI « on confie la médiation au Pompier-pyromane. » La création de l’Etat du Sud Congo est venue contrecarrer son dessein. C’est la raison pour laquelle Denis Christel Sassou, dans sa vidéo projetée lors d’un meeting en salle, traite les Sud Congolais de « vipères qui divisent le pays » et son père Denis Sassou dans son Message du 12 août devant son Parlement réuni en congrès qui acclame fiévreusement, s’adresse aux signataires de la requête qui ont déclaré la création de l’Etat du Sud Congo en ces termes « Evitons d’enfermer le Congo dans le piège des égoïsmes. Plaçons les intérêts supérieurs du peuple et de la nation au-dessus de tout. »
Peut-on le condamner d’avoir rompu l’unité et l’indivision du Congo pour préserver les siens « des autres » ? Quelle réponse adéquate doit-on apporter à la rupture sibylline de cette indivision sous un tel prétexte aussi fallacieux ? Peut-on condamner les signataires de la requête de déclaration de l’Etat du Sud Congo, seul rempart pour la survie des populations du Sud, de vouloir échapper au génocide ? Vouloir préserver l’essentiel, le droit à la vie pour assurer notre sécurité en tant que les « autres » serait-il un crime ? Doit-on comprendre que les Congolais qui tiennent mordicus au semblant d’une République Une et Indivisible avec sa fausse paix et sa sécurité introuvable cautionnent le génocide commis par Denis Sassou ?

Analyse du Message de Denis SassouDepuis le coup d’Etat du 5 juin 1997 qui lui a permis de reprendre le pouvoir, Denis Sassou a toujours œuvré pour la réalisation de l’Etat du Nord Congo avec l’appui des Plateaux pour la promesse de constituer le Grand Nord. La guerre de 1998 contre les civils avait pour but d’éliminer tous les cadres du Sud Congo pour accélérer la rupture de l’unité et l’indivision, sacrifiant la concitoyenneté au profit de la discrimination.
L’analyse approfondie du Message sur l’état de la soi-disant Nation prononcé par Denis Sassou devant son Parlement réuni en congrès le mardi 12 août 2014, contrairement à ce qu’il pourrait paraître, n’est pas un chapelet de répétitions, comme radoter sur les mêmes promesses, les mêmes réalisations. Bien au contraire, le Message est un discours riche de vérités. Ce Message montre bien les avancées des réalisations. Le plus important est de savoir situer où ces avancées et ces réalisations extraordinaires ont été faites. Si on remplace le Congo par le Nord Congo dans tous ses discours, alors L’Espérance, La Nouvelle Espérance, Le Chemin d’Avenir, et le Message du 12 août 2014, devant le parlement réuni en congrès du PCT, sur l’état de la Nation (Nord Congo) mettent en exergue les étapes accomplies pour L’Emergence 2025 de l’Etat du Nord Congo.
De l’invective et « des autres »
« Nous ne voulons pas de la démocratie de l’invective. Celle qui se nourrit du sang et des larmes. Il s’agit, vous vous en doutez, du sang et des larmes des autres. Mais, nous n’allons pas recommencer. Le sang et les larmes des autres ont trop coulé dans ce pays. Nous disons : ça suffit ! » (Message de Denis Sassou le 12/08/2014)
Mais qui l’invective, ceux qui font état du génocide des Kongo du Sud Congo, ceux qui font état des disparus du Beach dans les conditions atroces que l’on connaît ? L’Invective étant par définition une suite de paroles injurieuses contre quelqu’un. Où est donc l’injure à partir du moment où la personne qui l’énonce est à la plus haute fonction d’un système ayant conduit à un génocide programmé des populations du Sud Congo en vertu de la Politique Grand Nord de Denis Sassou pour faire main-basse sur l’ensemble du Sud Congo ?
De la confiance
S’agissant de la « confiance dans l’avenir et des sacrifices consentis par tous », dont fait état Denis Sassou dans son Message du 12 août 2014 devant son Parlement, ces propos impliquent, par le « consensus par tous », que tous ses compatriotes à partir de la rive gauche de la Léfini, puisqu’il qualifie ceux de la rive droite des « autres », étaient alors d’accord, ce que nous ne croyons pas, afin de pratiquer le génocide des trois quart de million de Kongo qui manquent à l’appel. C’est l’objet réel de la guerre contre les civils au Sud Congo entre 1997 et 2005 dont fait état Théophile Obenga.
Ces propos marquent, dans l’esprit de Denis Sassou, sa volonté de génocide du Sud Congo en impliquant les siens, car le « par tous » ne peut impliquer le peuple Kongo lui-même, de la Léfini à l’Océan.
Quelle audace à se prévaloir de « ses choix politiques » et de la confiance en eux « par tous », y compris ceux à qui s’appliquait sa « Politique Grand Nord » par son génocide systématique, de sa Guerre contre les Civils, pendant la « transition » 1997 à 2002. Est-ce à dire implicitement maintenant que le « travail » est fait par le génocide de trois quart de million de Kongo, que ceux du Nord doivent avoir « confiance en l’avenir tant les horizons paraissent ouverts et les perspectives prometteuses » ? Tous ces propos sont implicitement caractéristiques de la psychologie profonde de celui qui les prononce devant un tel parterre de la Représentation Nationale aussi contestable soit-elle, non pas par les Hommes, mais par l’adoubement autocratique.
Et quel affront, de la part du génocidaire lui-même à venir dire : « Quel lourd tribut collectivement payé afin que s’ouvre à nous (nord Congo) la voie du renouveau et de la cohésion nationale ». Comment la victime peut aimer de plein gré son bourreau ? Encore un aveu se comprenant bien, en se positionnant du point de vue Grand Nord. Au mieux, ce vœu de « cohésion nationale » ne concerne que ceux du Grand Nord où multiples Peuples coexistent par la force des armes, non par la volonté du cœur, car au sud, de la Léfini à l’Océan, la cohésion nationale est de fait étant tous des Kongo. Ce que comprennent tout à fait tous nos partenaires pour la pérennité du commerce.
D’où l’on déduit encore de ses propos la scission de Monsieur Sassou, sa volonté de construire l’ex-République du Congo en ayant attribué 99% du commandement aux ressortissants du nord et confisqué le produit de la totalité des richesses du sud, pour établir sur le sud une colonisation Mbochi noire substituée à une colonisation blanche. D’où les expressions du type dans les manuels scolaires édités ayant cours au Congo : Oko montre la mer à Taty. Oko, un ressortissant du Nord où il n’y a ni mer ni océan, se permet de montrer à Taty l’océan Atlantique, alors que Taty, ressortissant du Sud a toujours vécu en présence de l’océan. D’où aussi sa partition de l’ex-République imputable à la politique Grand Nord avec crimes avérés de Monsieur Sassou contre l’Humanité par le génocide massif des Kongo.
De la vérité génocidaire à ne pas oublier et à restituer
Monsieur Sassou entend des voix : il faut être bien jeune pour dire, ou faire dire, que « le Congo a toujours été tel qu’il est aujourd’hui » alors que c’est Lui sciemment qui l’a détruit. La vérité est simple, et l’on ne devrait jamais cesser de la restituer : c’est sa Guerre contre les Civils opérée en 1997 contre le Président Lissouba puis, dans le cadre de sa politique « Grand Nord » pendant la transition 1997-2002 pratiquée avec ardeur, folie meurtrière et un génocide de masse contre les Kongo, la cause, lequel implore « sa réconciliation nationale », un génocide qu’il vient qualifier de « tragédie de 1997 » ingénument, après avoir fait détruire et rendu « meurtri et exsangue » le Sud Congo.
C’est cette vérité génocidaire que les Congolais du Sud Congo ne doivent jamais oublier et ne cesseront de restituer, et non pas comme il le dit : la « vérité que l’on (Vous Nord Congo) ne devrait jamais cesser de restituer », car la vérité officielle du point de vue Nord Congo n’est faite que d’omissions et de négationnisme.

Aussi, le Message du 12 août 2014 se traduit aisément du point de vue Nord Congo, partisan que Denis Sassou a toujours été du Nord Congo jamais dans la soi-disant République Une et Indivisible : « redonner confiance et espoir au (Nord) Congo afin qu’il (Nord Congo) redevînt maître de son destin. C’est ce que nous avons fait. Ensemble (Nous, Nord Congo). Grâce à l’effort national (Nord Congo) que nous avons conduit sans relâche, avec patience et abnégation, nous (Nord Congo) avons réuni les conditions les plus favorables du développement de notre pays (Nord Congo ayant asservi le Sud avec commandement à 99% et capture de ses devises) ».
C’est ce que le Peuple Congolais du Sud Congo vous reproche, « avoir substitué la noire à la blanche » et la raison pour laquelle Nous, Congolais du Sud Congo, avons toujours pris votre « Chemin d’Avenir » proclamé en 2009 pour un marché de dupe. Votre ambition affichée « de transformer le Congo, de le moderniser, de l’industrialiser en vue de le conduire avec assurance à la prospérité » n’étant pris que du point de vue Nord Congo en gardant les devises.
De quelle paix, parle-t-on ?
De quelle paix parle-t-il : « La paix est durablement établie. Le spectre de la violence est à jamais éloigné ». N’est-ce pas là le cri de victoire de trop qui montre que la Guerre contre les civils Kongo du Sud Congo était bel et bien entre le Nord et le Sud ? Et de poursuivre en clamant : « Les institutions politiques remplissent convenablement leur office conformément à leurs missions ». De quelles missions secrètes s’agit-il, d’asservir les Kongo du Sud Congo en dirigeant et confisquant tout pour le Nord ? N’est-ce pas reconnaître que toute Institution Politique au Sud est de fait asservie ? On comprend sa congratulation : « nous ne pouvons pas nous empêcher de dire que de grandes avancées ont été accomplies dans l’approche de nos objectifs », tout cela d’un point de vue nordiste destiné à maintenir sa gouvernance sur le Sud.
Prise d’otages politiques entre Etat Nord Congo et Sud Congo
Avec audace risible, l’affirmation autocratique « Notre démocratie s’affermit chaque jour ». De quelle démocratie, celle qui s’avère précaire avec sa prise d’otages politiques qu’il a capturés le 21 août 2013 à Pointe-Noire et jugés pour atteinte à la sûreté de l’Etat le 8 avril 2014 pour demande de démission du gouvernement et instauration d’un gouvernement d’Union Nationale, chef d’accusation connu le 31 mars 2014 avec un jugement du 8 avril 2014 libérant la moitié (14) des accusés, condamnant l’autre moitié (14) autres à de lourdes peines de prison ? Quant à moi-même, condamné par contumace à trente ans (30) de travaux forcés, équivalant dans l’esprit de l’Autocrate à un bannissement à vie de fait pour m’éloigner et me neutraliser. Lui qui vient d’auréoler feu le Président Nelson Mandela contre la colonisation blanche, surtout, en particulier contre le génocide blanc en Afrique du Sud, alors qu’il est lui-même l’auteur d’un génocide opéré par la colonisation Nord Congo sur les Kongo.
Aussi, par ce texte, je tiens à interpeller la Communauté Internationale pour qu’elle se porte garante de la sécurité des Hommes emprisonnés à Pointe-Noire depuis le 21 août 2013, dispersés le 17 juillet 2014 par Monsieur Sassou dans les geôles du Nord Congo par groupe de deux ou trois de qui nous n’avons depuis plus aucune nouvelle. Les Autorités Internationales, tenues informées au jour le jour, suivent la situation, s’agissant d’une prise d’otages politiques entre les Etats Nord Congo et Sud Congo.
 Identité sémantique et Relativité politiqueIl est temps d’éclaircir une question d’Identité Sémantique et de Relativité Politique. Par un effet relatif, dire qu’il existe une entité dite Sud Congo implique de facto la reconnaissance de l’existence d’autres entités telles Nord Congo, Ouest Congo, Est Congo, sans être exhaustif, en ajoutant tous les qualificatifs en suffixe ou en préfixe possibles et imaginables, ayant toutes en commun la même racine moderne Congo. Il est très important de faire très attention à cette sémantique qui peut se retourner, car ceux au nord (rive gauche) de la Léfini ne sont pas en droit de porter l’ethnonyme ancestral de Kongo n’étant que Congo, mais seulement que dans le cadre de la République Unie de l’ex-Congo Brazzaville.
Seule l’ex-République Unie du Congo Brazzaville pouvait le faire par un effet même de la République où ceux du Sud concédaient la consonance de l’ethnonyme Kongo en gage de bonne volonté à leur participation associative à la République naissante des Indépendances sous la forme écrite Congo, ayant même consonance que celle de Kongo, mais sans concession de leur ethnonyme Kongo.
D’où la subtilité qui est le fondement même de la différentiation entre Kongo, étant un ethnonyme ancestral, inaliénable et incessible, et le vocable moderne Congo ayant même consonance, n’ayant en fait jamais concédé que la consonance, où Congo est l’usufruit de la consonance Kongo, et Kongo la nue-propriété de l’ethnonyme Kongo.
D’où la subtilité à désigner la République du Sud Congo issue du partage contraint de la République Unie du Congo Brazzaville où les Kongo du Sud Congo apportaient la consonance de Congo à la République sans concession de leur ethnonyme Kongo, d’une part, et d’autre part, le qualificatif Brazzaville, ville Kongo du Sud Congo, siège de la capitale de la République Unie du Congo Brazzaville, pour la différencier de la République Démocratique du Congo, qui est aussi partiellement Kongo vers le Sud.
Disons que, dans le cadre de l’ex-République Unie du Congo Brazzaville, la création de l’Etat du Sud Congo, vue de l’ancienne République dans le cadre moderne Congo, équivaut à la création de l’Etat Sud Kongo, vu des Pays d’ethnonyme ancien Kongo, lequel Etat Sud Kongo alias Sud Congo pour le différencier des autres Kongo des pays amis d’Angola, du Cameroun, du Gabon et de Kinshasa, mais cela vu relativement dans le cadre ancestral de l’aire géographique des Kongo.
Aussi, dans ce poème du Sud Congo = Sud Kongo, il apparaît préférable de garder comme écriture l’ethnonyme Kongo qui fait référence à tous les Kongo ayant l’avantage d’être prononcé Congo dans le cadre du Sud Congo. L’écriture ou l’entendement Kongo/Congo est une diversité qui avait besoin d’être précisée :

Kongo, ô Kongo,
Mon beau Pays tant vénéreras,
Sang pétri de nos Ancêtres,
Ma belle Patrie tant aimeras.
Kongo, ô Kongo,
A ton si Grand Cœur Africa,
A ton Étoile faite de splendeur,
De Nos Ancêtres, guide, restera.
Kongo, ô Kongo,
Sang de tes enfants coulera,
Contre Nous de la tyrannie,
Mais Nkutu Mballa renaîtra.
Kongo, ô Kongo,
Pour ceux jamais ne reverrons,
Larmes d’Ambre, Pleurs Kalunga,
Maux et Malheurs encore souffrons.
Kongo, ô Kongo,
Debout, Enfants de la Patrie,
Soleil Nouveau resplendira,
En avant Kongo, avec Lambi.
Kongo, ô Kongo,
Altruisme de nos Pères, soyons,
Libres et Solidaires, serons,
Kongo et Progrès, bâtissons.
Sous le Drapeau.

Revenons au Message du 12 août 2014Peut-on se glorifier d’un système en déficit ?
Pour revenir à ce discours d’intendance Nord Congo de Monsieur Sassou prononcé devant la dite Représentation Nationale le 12 août 2014, le préambule montre d’énormes insuffisances des connaissances financières internationales. Pour un chef d’Etat, il est impossible de se glorifier, ni d’un système en déficit, ni d’un système en excédent qui appelle nécessairement l’inflation. Et même si partout un système n’est sain par définition que s’il s’équilibre. Mais il n’est pas nécessaire de demander à un général d’avoir des principes profonds sur sa solde, et surtout sur la provenance des moyens financiers qui permettent ses rétributions. Et quant à dire que « la condition sociale s’améliore », d’où vient-on avec un revenu à moins d’un dollar par jour pour plus de la moitié de nos compatriotes, Nord et Sud ?
Il n’est pas non plus nécessaire de souligner qu’entre rentrées et sorties, il existe une infinité de points d’équilibre !
Donc, cette litanie sur les réalisations faites ou en cours n’influe en rien sur la qualité de vie de l’immense majorité des concitoyens. Tous les objectifs des entreprises ont pour but essentiel de vendre en externe sans se soucier du revenu dépensé au Pays. C’est un bât blessant, s’agissant de « communistes disant se soucier du Peuple ». Quand bien même une production se fera au Sud, les devises acquises iront au Nord. Et comme le revenu essentiel provient des ressources pétrolières lesquelles sont exprimées en devises, toute dite croissance ne provient que du marché international. Donc, une croissance exogène aléatoire s’opposant à une croissance endogène, car il est plus aisé pour les tenants du système de toucher une rente plutôt que de créer !
Peut-on encore croire à Denis Sassou ?
Qui peut croire Monsieur Sassou quand il minaude, disant vouloir « une démocratie apaisée, fraternelle, où chaque citoyen exprime librement ses opinions » ; quand Monsieur Sassou dit d’un ton patelin : « Nous ne voulons pas de la démocratie de l’invective. Celle qui se nourrit du sang et des larmes. Il s’agit, vous vous en doutez, du sang et des larmes des autres. Mais, nous n’allons pas recommencer. Le sang et les larmes des autres ont trop coulé dans ce pays. Nous disons : ça suffit ! » ? Qui se nourrit « du sang et des larmes des autres » si ce ne sont ceux qui ont opéré le génocide des Congolais du Sud en tant que Kongo ? Et comment recevoir cette qualification des « autres » si ce n’est pas faire référence aux Kongo, ce qui laisse supposer que Monsieur Sassou les considère de fait comme des étrangers, ce qu’ils sont effectivement vu de son point de vue du Nord Congo !
Evidemment, à vouloir nier la vérité et faire disparaître les témoignages accablants, il s’agit pour lui de gagner du temps à défaut d’en répondre devant l’Eternité. Aussi, chacun comprendra, dans ces conditions, que la solution sage est celle d’aller dans le sens de Monsieur Sassou qui n’a pas hésité à sacrifier la République du Congo par un partage de fait, ne suivant pas l’objectif du Président Marien Ngouabi en 1972 qui assignait au PCT l’objectif d’une République Unie, ce qui supposait de fait un équilibre entre le Sud Congo et le Nord Congo.
 L’esprit libre, construire l’avenir, notre futur autrementAussi pour se prémunir d’un nouveau génocide des Congolais du Sud, les Kongo, par l’Etat nordiste de fait siégeant à Oyo, la solution la plus sage pour tous est celle que nous avons préconisée : la création de l’Etat du Sud Congo effectuée par la remise de la requête d’Indépendance aux Nations Unies le 30 avril 2014 qui est irréversible.
Charge aux Citoyens du Nord d’élire, voire de conserver leur Président par la modification de la Constitution du 20 Janvier 2002 comme le veut Monsieur Sassou ; ce qui lui laisse la possibilité d’échapper aux poursuites internationales en ayant l’immunité présidentielle. Il faut être clair sur cette procédure : le Peuple du Sud Congo (Kouilou, Niari, Bouenza, Lékoumou et Pool) ne doit pas être impliqué dans ce référendum de modification de la Constitution. Le seul référendum où notre Peuple du Sud Congo sera impliqué est celui de l’Autodétermination organisé par les Nations Unies lorsque seront nommés l’Administrateur Judiciaire et le Gouvernement Provisoire de l’Etat du Sud Congo. Tout cela pour libérer enfin les consciences du Sud Congo de cette ère et pour recréer la confiance des Peuples entre eux, et l’esprit libre construire l’avenir, notre futur autrement.

Modeste BOUKADIA
Président du Cercle des Démocrates et Républicains du Congo
Condamné à TRENTE (30) ANS de travaux forcés
Pour crime d’être démocratie et d’exigence de bonne gouvernance.
Paris, le 25 août 2014 – 09:09