La France creuse-t-elle sa propre tombe en Afrique ?

La France creuse-t-elle sa propre tombe en Afrique ?
Pendant que Paris s’interroge sur son avenir africain, le Congo, lui, a déjà tranché. Le 15 mars 2026, par une abstention massive, le peuple congolais a signifié son congé à un pouvoir que 70 % des Congolais jugent otage de la France. Entre les saillies méprisantes de Jean-Paul Pigasse et le rachat de la dette congolaise par son neveu Matthieu Pigasse, la Françafrique continue d’écrire, à elle seule, le roman de son propre naufrage. Face à ce vide, une seule réponse structurée existe : ToPeSA, la voix et la voie du Congo nouveau.
70 % de la population congolaise est aujourd’hui contre la politique de la France au Congo. Faut-il s’en étonner ?
Le journal La Croix nous apprend qu’en Côte d’Ivoire, l’ancien ministre de Laurent Gbagbo devenu conseiller du patronat russe, Ahoua Don Mello, pilote la création d’un parti souverainiste soutenu par Moscou, précisant qu’un parti pro-russe en gestation veut capitaliser sur le rejet de la France dans la région. Une information que l’on peut également lire relayée sur la page Facebook de notre compatriote Hervé Mahicka, où un internaute commentait : « Ça s’arrange pas, l’Afrique… » Retour de manivelle après le départ manu militari de Laurent Gbagbo ? Ou simple conséquence d’un désamour qui s’étend désormais à tout le continent, porté par une guerre informationnelle qui ne fait que s’intensifier contre Paris ?
L’Afrique d’aujourd’hui n’est plus celle des années 1960. La jeunesse africaine actuelle n’a connu ni enseignants ni prêtres français pour façonner sa vision du monde en lien avec la culture française. Elle n’a donc aucune dette morale, aucune reconnaissance à l’endroit de la France. On ne lui présente que les mauvais souvenirs laissés dans la conscience africaine par des régimes que Paris a choisi de soutenir, au prix de laisser cette même jeunesse sur le bas-côté de la route du développement et de l’accès à la connaissance. C’est ce qui ressort de nos échanges constants avec cette jeunesse.
Au Congo, comme je l’ai déjà souligné et exposé au Quai d’Orsay à maintes reprises, les déclarations de Denis Sassou Nguesso — « Ce que je fais, c’est la France qui me le demande » — ont ouvert la porte à un divorce désormais consommé entre la France et la jeunesse congolaise.
Le 15 mars 2026, le peuple congolais a donné congé à Denis Sassou Nguesso par une abstention massive, et ce malgré l’opération « maintien au pouvoir » à laquelle se sont précipités Claude Chirac, Jean-Louis Borloo, Jacques Godfrain, Bruno Le Roux, Michel Terrot, Michel Roussin et François Loncle. Cette mobilisation, pilotée depuis la France, en dit long sur qui tire réellement les ficelles. Après l’échec, Paris a qualifié cette abstention massive de « fiasco ». C’est précisément ce double langage qui alimente et renforce le sentiment anti-français : 70 % des Congolais sont aujourd’hui hostiles à la France, et même une partie de ceux qui sont au pouvoir estiment que les échecs de gouvernance de Denis Sassou Nguesso s’expliquent par une prise en otage par la France. Faut-il y voir la conséquence logique de « Ce que je fais, c’est la France qui me le demande » ?
À ce sentiment populaire s’ajoutent les saillies de certains relais français de ce système. Jean-Paul Pigasse, figure médiatique proche du pouvoir congolais, n’a pas hésité à affirmer que « le peuple congolais est docile et ne descendra jamais dans la rue pour manifester ». Plus grave encore, ces propos qu’il a lui-même tenus sur la chaîne LCI en 2005 — « On pouvait s’en sortir avec au moins 2 000 morts » — résument à eux seuls le mépris d’une certaine France pour la vie congolaise. Une déclaration publique, sur une chaîne nationale française, qui se suffit à elle-même. Que dire, enfin, du rachat d’une partie de la dette du Congo par son neveu, Matthieu Pigasse ? Comment ne pas y voir la continuité d’un système où les mêmes réseaux profitent, en silence, de la dette d’un pays qu’ils prétendent par ailleurs incapable de se gouverner seul ?
Aujourd’hui, dans un pays pétrolier comme le Congo, la pauvreté est telle que les gens ont du mal à payer une baguette de pain de 120 g — dont le poids officiel est de 180 g, mais qui, compte tenu des taxes, varie de 80 à 120 g — au prix de 100 CFA, soit 0,15 €.
Dans ces conditions, comment cette jeunesse pourrait-elle ne pas se tourner vers d’autres puissances, peu importe les conséquences ?
Au lieu de répéter « Ça s’arrange pas, l’Afrique », il faudrait peut-être s’interroger sur la vision réelle de la politique française sur le continent, et se demander qui, au bout du compte, a le plus à perdre. J’ai souvent posé la question : quelle plus-value l’investissement dans la formation de jeunes a-t-il réellement apporté ?
La Russie soutient tous ceux qui soutiennent sa vision en Afrique. La France, elle, continue de soutenir des régimes autoritaires qui rejettent une jeunesse devenue majoritaire et qui tiendra, demain, la destinée du continent entre ses mains. Dès lors, faut-il s’étonner qu’elle traverse le Rubicon pour aller voir si l’herbe n’est pas plus verte ailleurs ? Après tout, se dit-elle, quelle différence ?
L’Afrique, l’Asie et l’Amérique latine sont les continents de demain. Pour exister dans le nouvel ordre mondial que dessinent les États-Unis, la Russie, la Chine et Israël, il devient urgent de se ressaisir. L’Afrique est déjà engagée dans cette dynamique.
Le Congo, avec ToPeSA, s’inscrit dans cette perspective : pas de rupture stérile, mais une refondation souveraine fondée sur la décolonisation mentale, l’État de droit, la réconciliation nationale et le développement souverain. L’Afrique centrale suivra-t-elle ce sillage, ou prendra-t-elle la voie déjà tracée par les pays de l’AES ?
La réponse, pour une part, se trouve encore à Paris. Mais elle se trouve aussi, et surtout, dans la capacité des Congolais à se rassembler autour d’une alternative crédible. Car ToPeSA n’est pas une simple tribune d’analyse : c’est un projet politique structuré, qui place la sécurité, la dignité et le mieux-être des Congolaises et des Congolais au cœur de son action, et qui entend rétablir, sur des bases saines et respectueuses, des relations diplomatiques équilibrées avec tous les États partenaires.
Notre conviction reste entière : c’est par la main tendue, et non par le poing levé, que le Congo se relèvera, car la peur a une date d’expiration.
ToPeSA, la voix et la voie du Congo nouveau.
Modeste Boukadia
Président du CDRC – Une Nation Pour Tous
Initiateur de ToPeSA
Le 25 juin 2026 – Mis en ligne : 13h26
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire