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mardi 24 décembre 2013

Tchad 2013 : la réhabilitation impossible d'un dictateur notoire

Tchad 2013 : la réhabilitation impossible d’un dictateur notoire

deby
Le Collectif de Solidarité avec les Luttes Sociales et Politiques en Afrique se mobilise depuis 2009 à Paris dans le sens d’un soutien aux démocrates africains et dans le sens d’une réforme profonde de la politique française. Il constitue un espace de réflexion collective de plaidoyer et d’échanges entre partis politiques et associations, de France et d’Afrique. Aussi, le dossier d’information « Tchad 2013 : la réhabilitation impossible d’un dictateur notoire » s’attache à décrire à la fois les caractéristiques de la dictature tchadienne, et la relation entre les Etats français et tchadien.
Depuis l’arrivée d’Idriss Déby au pouvoir, le Tchad a connu de nombreuses rébellions. De nombreux massacres ont été commis par l’armée tchadienne et en particulier par la Garde républicaine. De nombreux faits datant d’avant la Cour Pénale Internationale attendent toujours vérité et justice, d’autant plus que le démarrage du procès Habré accentue l’enjeu spécifique tchadien dans la construction d’une justice internationale en Afrique.
Idriss Déby est accusé d’ingérence et de déstabilisation dans les pays voisins, en particulier en Libye, au Soudan et en Centrafrique. L’islam tchadien s’est radicalisé pendant son règne. Le régime semble incapable de se réformer et d’évoluer vers l’Etat de droit. La répression des opposants et des journalistes continue, et le régime tchadien s’est fait remarqué en raison des « disparitions forcées ». Depuis 2003, l’argent du pétrole a aggravé la corruption et les tensions. La démocratie n’a pas réussi à se mettre en place.
Idriss Déby a été mis en place en 1990 par l’armée française, installée au Tchad depuis 1986 et le début de l’opération Epervier. Le soutien français n’a jamais cessé, et est allée, en 2013, suite à la guerre au Mali, jusqu’à une tentative diplomatique de réhabilitation. Plus globalement en Afrique, la politique française, très influencée en 2013 par l’armée française, vise à construire « la paix et la sécurité » sans aucune considération pour la nature des régimes. L’alliance avec le pire dictateur des anciennes colonies françaises, le tchadien, entraine une relance de la Françafrique autour du réseau de dictateurs « amis de la France ».
Au regard de ce bilan, la politique française en Afrique et au Tchad nécessite une réforme rapide : un arrêt du soutien diplomatique et militaire aux dictateurs, et en priorité à Idriss Déby, un soutien actif aux démocrates africains, un retrait adapté des troupes françaises du Tchad, des garanties concernant la lutte contre la corruption des fonctionnaires français au Tchad, la vérité et la transparence sur l’ensemble des crimes observés par des fonctionnaires français au Tchad entre 1982 et 2013.
Dossier d’information réalisé dans le cadre du Collectif de Solidarité avec les Luttes Sociales et Politiques en Afrique,

SOURCE : http://electionsafrique.org/Tchad-2013-la-rehabilitation.html

 

dimanche 24 novembre 2013

[Afrique/Françafrique/France/Congo-Brazzaville] La paix en Afrique ne doit pas se décider à l'Elysée avec des dictateurs !

[Afrique/Françafrique/France/Congo-Brazzaville] La paix en Afrique ne doit pas se décider à l'Elysée avec des dictateurs !


AFRIQUEA l’initiative de François Hollande, un Sommet de l’Elysée sur la paix et la sécurité en Afrique aura lieu à Paris les 6-7 décembre. Il s’agit du premier Sommet France-Afrique organisé sous François Hollande, qui, a convoqué lui même ce sommet, choisi son thème et décidé de l’organiser à Paris, dans un lieu aussi symbolique que l’Elysée.
Comme ses prédécesseurs, le Président français parait ainsi considérer le continent africain comme une zone qui ne doit pas échapper à l’influence de la France.
Dans la tradition des Sommets France-Afrique, la plupart des dictateurs africains du « pré-carré » francophone seront présents. Parmi eux, le tchadien Idriss Déby, au pouvoir depuis 1990, Paul Biya (Cameroun, depuis 1982), Denis Sassou Nguesso (Congo-B, depuis 1979), Blaise Compaoré (Burkina Faso, depuis 1987), sans oublier les héritiers des régime Bongo et Eyadéma au Gabon et au Togo et le président djiboutien Oumar Guelleh. Tous ont en commun de bénéficier du soutien diplomatique, économique (via l’aide publique) et militaire ou policier de la France. Tous ont été reçus au moins une fois à l’Elysée depuis l’élection de François Hollande. Tous soutiennent la France dans ses nombreuses interventions militaires menées sur le continent africain, où elle dispose toujours de bases militaires et de forces pré-positionnées. En échange du soutien à ces interventions, comme celle menée récemment au Mali, c’est le silence de la France sur les exactions commises qui est attendu. Les démocrates tchadiens, togolais et djiboutiens ont ainsi subi dans leur chair en 2013 les conséquences diplomatiques du soutien de leurs chefs d’Etat à l’opération Serval .
Les dictateurs de la Françafrique sont auteurs de nombreuses violations des droits de l’Homme documentés par un grand nombre de rapports émanant d’ONG et organisations internationales. Le soutien de la France à des dictateurs, les ventes d’armes et les nombreuses interventions militaires menées par la France sur le continent africain pour les soutenir (comme au Tchad en 2008) n’ont en rien amélioré la sécurité et les conditions de vie de leurs populations. La situation actuelle en Centrafrique, où la France a installé et/soutenu tous les dictateurs qui se sont succédés est une des illustrations des conséquences de cette funeste politique. Et lorsque la France prétend intervenir au nom des droits de l’Homme et dans un cadre multilatéral, comme elle l’a fait en Côte d’Ivoire, en Libye ou au Mali, c’est toujours avec des motivations ambiguës, liées à ses intérêts géostratégiques.
Considérant qu’un sommet sur la paix et la sécurité en Afrique ne doit pas se tenir à l’initiative et sur le sol d’une ex-puissance coloniale caractérisée par son ingérence sur le continent et en présence de dictateurs qui y ruinent tout espoir de paix, nous, associations et citoyen-ne-s français-e-s et africain-e-s réclamons LIRE LA SUITE DE L’ARTICLE
Diffusé le 14 novembre 2013, par l’ONG SURVIE