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lundi 19 novembre 2012

[ONU/CPI] Justice internationale : Des intellectuels africains dénoncent la partialité de la CPI

En prélude à la « conférence internationale » qui se tiendra à Addis-Abeba, les 04 et 05 décembre 2012 prochain sur le thème : « Afrique / CPI : Bilan et perspectives, 10 ans après le statut de Rome », des intellectuels de divers horizons ont organisé une rencontre, le mardi 06 novembre  2012 dernier, à la Maison de l’Afrique (Harmattan), autour du thème : « Où va la CPI ? Entre omissions significatives et deux poids deux mesures ». Et en présence du Directeur des « Editions L’Harmattan », M. Denis Pryen. Source :  « Le Nouveau Courrier - 10/11/2012 ».



Carte d'Afrique. 

Selon le Pr Malick Ndiaye (Sociologue à l’Université Cheick Anta Diop de Dakar), « l’Afrique ne doit plus être maintenue dans le statut dans lequel des institutions internationales l’ont confinée ». « L’Afrique est dans les institutions internationales. Mais toutes les décisions lui sont quasiment imposées et les pressions vont s’accentuant dans ce contexte de globalisation », a fait savoir le Professeur Malick Ndiaye. Le journaliste Léonard Guédé Pépé, plus connu sous l’appellation de James Cenach qui a disséqué le thème : « Où va la CPI ? Entre omissions significatives et deux poids deux mesures », a montré les incohérences du « Bureau du Procureur (BDP) » de la « CPI », dans le traitement des renseignements qui lui sont communiqués par les sources dignes de foi, aux fins d’ouverture d’une enquête.
Malgré les indications précises de la « Chambre préliminaire » dans sa décision du 03 octobre 2011, explique Léonard Guédé, le Procureur n’a pas encore cru nécessaire de mettre en cause la responsabilité de M. Guillaume Soro dans la crise postélectorale. Après avoir expliqué la partialité de la « CPI » quant à sa saisine, le conférencier a insisté sur la nécessité pour les Africains d’agir pour qu’ils ne subissent plus l’histoire, mais qu’ils se donnent les moyens de participer aux décisions sur les questions universelles que le monde entier partage. « La + CPI + fait des omissions significatives et la justice est à géométrie variable, avec le + deux poids deux mesures + et une justice orientée vers l’Afrique », estime Malick Ndiaye.
Les intellectuels  africains ont pour la plupart déploré le manque de vision qui a entraîné les Ivoiriens dans le piège de la « CPI ». Puisqu’il n’y a aujourd’hui qu’un camp qui est visé malgré les graves exactions avérées et violations des droits de l’homme par le pouvoir en place à Abidjan. « Comment se sortir de l’impasse actuelle et aller vers une réconciliation », était la principale préoccupation des participants. Dont la plupart a soutenu que la paix n’est pas possible en Côte d’Ivoire sans Laurent Gbagbo. Pour les intellectuels africains et européens, au-delà de la question de la détention de Laurent Gbagbo et l’impunité qui règne en Côte d’Ivoire, se pose une vraie question de disfonctionnement tant au niveau de la justice ivoirienne que celle supposée internationale (la « CPI »). Ils se sont toutefois réjouis des positions de la nouvelle présidente de la commission de l’« UA » qui donnent espoir.

lundi 7 mars 2011

Côte d'Ivoire : la logique de l'absurde" ?

Côte d’Ivoire : la logique de « l’absurde » ?Par Pierre Sané
Le scénario du pire, l’intervention armée de l’extérieur, ayant semble-t-il été écarté, voici que se déploie sans peur des contradictions la stratégie de l’absurde. On nous promet un « étouffement économique et financier » de la Côte d’Ivoire : interdiction d’exportation du cacao, interdiction faite aux banques de « coopérer » avec le régime de Laurent Gbagbo, interdiction de paiement des salaires des fonctionnaires et des soldats, gel des avoirs d’individus et de sociétés nationales et privées, restrictions de déplacements, autant d’actions à la légalité pour le moins douteuse. Avec le déroulé de cette stratégie aux intentions clairement néfastes pour l’ensemble du pays et de ses habitants, il est légitime de se demander si cet acharnement résulte du seul contentieux électoral du scrutin présidentiel du 28 novembre 2010. Car si tel était le cas, on attendrait tout simplement la fin de la mission de l’Union africaine dont les recommandations sont supposées être contraignantes. Aux yeux du gouvernement français, « grand ordonnateur » de cette campagne acharnée de sanctions, quelle importance, au fond, que Laurent Gbagbo ou Alassane Ouattara soit le vainqueur du scrutin ? Mais pour Nicolas Sarkozy, qui en a fait une affaire personnelle… qui sait ? Résultat : la diplomatie française en Afrique continue à être piégée par la confusion entre intérêts personnels, réseaux et logique d’Etat.

Les sanctions prises par les pays européens, le Canada et les Etats-Unis visant des individus et des sociétés ivoiriennes (et même les accréditations d’ambassadeurs) s’écrouleront, c’est là mon intime conviction, dès les premiers recours juridiques. Car ces sanctions sont fondées sur le refus de reconnaître le président soit disant « élu » et de se mettre à son service ; or n’importe quel juge guidé par son « âme et conscience » demandera avant toute chose à examiner la Constitution ivoirienne avant de trancher. Et comme cette Constitution n’a jamais été suspendue par aucune des résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies, elle sera la seule source en droit pour le juge.

A part les mesures prises par la trentaine de pays évoqués ci-dessus, les seules autres actions à l’encontre de la Côte d’Ivoire et des habitants du pays viennent des sept autres pays de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) et d’Alassane Ouattara lui-même.

Le retrait de la signature internationale au niveau de la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) a eu comme conséquence la suspension des mécanismes de compensation interbancaire et éventuellement la fermeture provisoire de plusieurs banques, empêchant l’accès des clients à leurs comptes bancaires. Nous risquons sous peu d’être confrontés à des violations sérieuses des droits de l’homme qui relèveront de la responsabilité de ces banques si leurs clients n’arrivent pas à soigner des parents malades, alimenter proprement leurs enfants, payer des salaires dans le respect du droit du travail. Il serait judicieux que organisations non gouvernementales et avocats se mobilisent activement et sans tarder pour documenter avec précision tous les cas individuels de violations de droits humains à des fins de poursuites ultérieures devant les juridictions nationales, régionales ou internationales.

L’interdiction temporaire annoncée par Alassane Ouattara de l’exportation de fèves de cacao va quant à elle faire surtout l’affaire des spéculateurs qui ont acheté à terme et qui vont profiter de la flambée des cours. Notamment la société Armajaro du trader Anthony Ward qui a acquis, en juillet 2010, 240 000 de tonnes de cacao soit 20 % de la production ivoirienne et 15 % des stocks mondiaux. Cette société a investi 1 milliard de dollars et en tirera un profit substantiel rien qu’à la suite de cette décision d’Alassane Ouattara dont le beau-fils, Loïc Folloroux, 35 ans, n’est autre que le directeur Afrique d’Anthony Ward (1). Pure coïncidence, il va sans dire. Quant aux producteurs et aux commerçants ivoiriens... qui s’en soucie ? L’objectif est plutôt de les « étouffer » !

Etouffer consiste à faire perdre la respiration par asphyxie, en d’autres termes à tuer. Mais qui va-t-on tuer ? Laurent Gbagbo ou la Côte d’Ivoire ? Qui sera le tueur ? Et pourquoi ? N’y a-t-il pas d’autres alternatives ? Ou s’agit-il d’imposer coûte que coûte Alassane Ouattara quel que soit par ailleurs le résultat sincère du scrutin ? Et cela sans attendre les conclusions de la mission de l’Union africaine.

Supposons une minute qu’après vérification Alassane Ouattara n’ait pas gagné les élections ? Cela relèverait-il du domaine de l’impossible ou carrément de la divagation? D’où vient cette certitude inébranlable concernant la victoire d’Alassane Ouattara ? De la proclamation des résultats par le Président de la Commission électorale indépendante (CEI) ? On sait qu’il n’y avait pas consensus au sein d’une CEI qui était par ailleurs forclose. De la certification par le Représentant spécial du secrétaire général des Nations unies ? Sa précipitation et le non-respect des procédures ont malheureusement entaché sa certification. D’où un doute légitime dans l’esprit de beaucoup. Tant qu’un doute nous habite, un seul doute, il serait ignominieux de laisser un pays frère se faire « étouffer ».

La certitude inébranlable en l’infaillibilité des arbitres, qui plus est arbitres auxiliaires, et donc en la victoire au sortir des urnes d’Alassane Ouattara (ou de Laurent Gbagbo d’ailleurs) est une proposition indubitablement absurde et, pis encore, dangereuse, voire suicidaire puisqu’elle maintient les deux protagonistes dans des positions maximalistes.

Est absurde ce qui n’est pas acceptable par la raison et par le bon sens : la stratégie de l’étouffement financier est absurde parce que si Alassane Ouattara arrive avec le soutien de la France à étouffer (tuer) la Côte d’Ivoire, il n’aura rien à gouverner si ce n’est un champ de ruines. En outre, à supposer que Laurent Gbagbo ait pris en otage la Côte d’Ivoire, tuer un otage qu’on veut libérer ne fait pas du prétendu preneur d’otage l’assassin. L’assassin est bien celui qui aura tué (étouffé) avec préméditation et impéritie. Ensuite, si Alassane Ouattara n’y parvient pas et que le pays réussit à survivre à la tentative d’asphyxie, aucun Ivoirien ne voudra alors le voir arriver au pouvoir. Jamais ! Car on a beau se dire que tout est permis à qui veut arriver au pouvoir, il est des actions que l’on ne doit pas entreprendre contre son pays et ses concitoyens. Je me souviens de ce que me confiait Me Abdoulaye Wade au Sénégal au lendemain des élections de 1993 qu’il était convaincu d’avoir remportées, après que le Conseil constitutionnel ait proclamé son adversaire vainqueur : « Je ne franchirai jamais les grilles du Palais en marchant sur les cadavres des Sénégalais ».

Est absurde ce qui n’est pas conforme aux lois de la cohérence et de la logique rationnelles : la stratégie de l’étouffement est absurde parce que les sanctions ne feront pas la différence entre les producteurs de cacao pro-Ouattara et ceux qui s’opposent à lui. Pareil pour les fonctionnaires privés de salaires. Ne préfèreront-ils pas tous un recomptage des votes ou une nouvelle élection à un étouffement ? Qui plus est, ces banques qui auront fermé vont perdre la confiance de leurs clients quelle que soit par ailleurs l’issue du contentieux électoral.

Absurde aussi parce que les millions de Sénégalais, Maliens, Nigérians, Burkinabè, etc. qui vivent en Côte d’Ivoire vont souffrir de ces sanctions. Peut-être même vont-ils être obligés de quitter leur terre d’adoption. Il est facile de prédire pour qui ils vont voter lors de prochaines échéances électorales dans leurs propres pays si les décisions prises par leurs chefs d’Etat respectifs venaient à asphyxier le poumon économique de l’Afrique de l’Ouest.

Absurde, quand tu nous tiens !
Laurent Gbagbo est accusé d’être un usurpateur et pour le faire partir on veut asphyxier le pays. Or il affirme détenir des preuves sur les irrégularités qui ont entaché le scrutin. Saddam Hussein affirmait ne pas détenir d’armes de destruction massive. On lui a dit « prouve-le », ce qui est absurde car la charge de la preuve incombe toujours aux accusateurs. Laurent Gbagbo dit qu’il a des preuves de fraudes qui ont dénaturé le verdict final ; on lui dit littéralement « on s’en fiche » et, comble d’absurdité, on s’apprête à étouffer son pays alors qu’il suffirait de vérifier si ces preuves sont tangibles ou pas.

Et le jaillissement de l’absurde ne s’arrête pas là.
La sanction, c’est ce qui normalement frappe le délinquant mais encore faut-il qu’on nous dise quelle loi a été enfreinte. Il y a un simple contentieux électoral et le Conseil constitutionnel du pays s’est prononcé et a investi Laurent Gbagbo. La communauté internationale n’ayant aucune compétence pour désigner un Président en Côte d’Ivoire pas plus qu’au Gabon (2), Alassane Ouattara est donc en fait un Président « autoproclamé », ayant lui-même sollicité vainement l’investiture du Conseil constitutionnel, et ce faisant, il continue de violer la loi ivoirienne depuis trois mois. Mais c’est Laurent Gbagbo qui se fait sanctionner !

Et qui plus est, c’est lui qui se ferait spolier en acceptant le recomptage des voix puisqu’il est déjà le Président investi par la plus haute instance juridictionnelle qui soit !

Mais que voulez-vous, c’est décidément à un véritable déferlement d’absurdités auquel nous assistons en Côte d’Ivoire.

Toute cette absurdité m’horripile et me laisse perplexe.
Ce qu’on oublie complaisamment c’est que la moitié de l’électorat a voté pour Laurent Gbagbo. Et qui sait ce que ferait l’électorat PDCI si les élections étaient à refaire aujourd’hui, échaudé qu’il est par la découverte de la réalité de l’axe RDR-rebelles. D’autant plus que chaque fois que le chef politique des rebelles ouvre la bouche, il fait perdre à Alassane Ouattara de sa crédibilité. Ne se rend-il donc pas compte que les chefs d’Etat africains sont « allergiques » aux rebelles ? Je mets d’ailleurs au défi la communauté internationale d’exiger de nouvelles élections entre Laurent Gbagbo et Alassane Ouattara pour solder enfin le contentieux électoral et mettre fin à ce « festival de l’absurde » !

Sauf si l’objectif délibéré était de conduire le pays à la guerre, guerre civile cette fois, afin de justifier l’intervention extérieure ! A ce moment-là, ce qui paraît absurde aujourd’hui sera logique et rationnel demain.

Pathétique de cynisme et de myopie !
En attendant, il est évident que ce qui se joue en Côte d’Ivoire aujourd’hui est d’une importance capitale pour le devenir de nos enfants en Afrique et donc nous interpelle tous. A nous de savoir relever le défi à l’entame du deuxième cinquantenaire de nos indépendances.

Pierre Sané, ancien Secrétaire général d’Amnesty International et ancien Sous-directeur général de l’UNESCO, est président d’Imagine Africa[i]
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(1)     Voir Jeune Afrique du 11 août 2010 : « Main basse sur le cacao »
(2)     Candidat malheureux à l’élection présidentielle gabonaise du 30 août 2009, André Maba Obame, s’étant estimé spolié par la Cour constitutionnelle, s’est autoproclamé Président de la République le 25 janvier 2011 et a demandé la reconnaissance de l‘ONU, avant de prendre refuge dans les locaux du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) à Libreville du 25 janvier au 27 février 2011.

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"La force brutale et aveugle livre celui qui l'exerce à d'imparables faiblesses" (E. Glissant, P. Chamoiseau).

mercredi 2 mars 2011

L’IRREVERSIBILITE DE L'OPTION SÉCESSIONISTE EN AFRIQUE :
LE CAS DU CONGO-BRAZAZAVILLE
par Daniel Nkouta




Le premier principe sur les droits des peuples proclamé en Droit international pendant le XVIIIe siècle, tendait à justifier et donner une force légale à la colonisation de terres initialement occupées par des peuples indigènes qui, dans la plupart des cas n’ont pas disposé d'organisation étatique ou de système de propriété organisé, fut le principe de terra nullius. Le philosophe suisse et théoricien du Droit international Emer de Vattel, construisant entre autres sa philosophie sur celle de Christian Wolff, lui-même disciple de Gottfried Wilhelm Leibniz, a proposé que soit considérée terra nullius la terre non cultivée par les habitants indigènes. Cette terre n'étant pas cultivée, elle n'était pas considérée comme utilisée à bon escient. Ceux qui ont fait l'effort de la cultiver ont par conséquent le droit de propriété sur elle.

Ce principe barbare de terra nullius fut invoqué pour justifier la colonisation de l'Australie par les Britanniques et l'expropriation des terres aborigènes. Les Aborigènes en effet ne cultivaient pas la terre, mais leur culture et leur identité étaient et sont inextricablement liées à leurs terres ancestrales. Ce n'est qu'en 1992 que la Haute Cour d'Australie invalida rétroactivement cet argument, et proclama que l'Australie n'avait jamais été terra nullius. Lorsqu’advint  le courant de la décolonisation, il s’est avéré nécessaire en Droit international de trouver et d’organiser l’application des principes qui allaient permettre de gérer au mieux l’accession à l’indépendance des nouveaux Etats ainsi crées. Il s’est agit surtout de résoudre la question de la délimitation de nouvelles frontières d’Etats à la souveraineté nouvelle dont il fallait assurer la stabilité.

Les Etats d’Amérique latine vont alors, dans leurs déclarations d’indépendance s’inspirer d’un principe du Droit romain « uti possidetis, ita possideatis » qui signifiait qu’un interdit du Prêteur prohibait toute atteinte au statu quo immobilier autrement dit :  « comme tu as possédé, tu continueras à posséder». Cette règle de Droit privé a été ensuite transposée en Droit international public pour régir la délimitation des frontières qui signifie alors: «En cas de substitution de la souveraineté du fait de la décolonisation, les frontières établies  par la puissance coloniale s’imposent au nouvel Etat au moment du transfert territorial ». En d’autres termes, ce principe d’une manière générale consiste à fixer les frontières en fonction des anciennes limites administratives internes à un État préexistant dont les États nouveaux accédant à l’indépendance sont issus. En cas d’accession à l’indépendance, la nouvelle structure étatique va se fondre internationalement dans les frontières internes qu’elle possédait dans le cadre de l’Etat préexistant. Ce fondant sur ce principe, les Etats s’autorisent alors à contester et à réclamer un territoire qui a été acquis par la guerre. Le principe fut ainsi historiquement utilisé pour légitimer les conquêtes territoriales, par exemple l'annexion de l'Alsace-Lorraine par l'Empire allemand en 1871.

Ce principe de l’uti possidetis juris ita possideatis  longtemps considéré comme une règle coutumière d’application régionale, et présumé être la solution idoine pour le maintien de la paix, sera adopté par cette fameuse nébuleuse, instrument au service des puissances occidentales dénommée par abus de langage : la Communauté internationale comme règle de transmission aux nouveaux Etats issus de la décolonisation en Afrique enfermés mécaniquement à l’intérieur des frontières tracées au pantographe des intérêts coloniaux, qui manifestement ignoraient toute logique ou réalité socio-culturelle.

Au sortir de la première guerre mondiale se pose la question relative à la protection des minorités nationales, autrement dit des populations que les puissances vainqueurs ne veulent pas, pour des raisons stratégiques ou ne peuvent pas, objectivement, faire bénéficier du principe des nationalités compris en tant que droit de toute communauté ethno-culturelle ou peuple au sens pur du terme, à créer son propre État ou à se rattacher à celui de sa nation-mère. Le droit des minorités se définissant en termes de droit à une protection, celle essentiellement de l’individu minoritaire, protection cantonnée à l’intérieur d’un État politique et territorial.

Dans le souci de fonder et d’asseoir juridiquement le processus de la décolonisation, le Droit des plus forts dénommé Droit international proclame un nouveau principe, celui du droit des peuples à l’autodétermination consacré en Droit international après la seconde guerre mondiale, et transformé par la pratique en droit exclusif à l’accession à l’indépendance et à la création d’un État souverain. Ce nouveau principe fondamental du Droit international signifie pourtant le droit de chaque peuple de choisir librement son statut collectif.  Le processus de la décolonisation cependant impose au principe du droit des peuples à l’autodétermination, le contenu exclusif du droit à l’indépendance, interdisant son application aux minorités nationales, autrement, cela équivaudrait à reconnaître à celles-ci un droit de sécession, contraire à un autre principe fondamental que consacre en parallèle le Droit international contemporain, qui est le respect de l’intégrité territoriale et de l’unité politique des États.

Il faut dire que ce beau principe du droit à l’autodétermination que consacre le Droit international qui pourrait paraître comme une litote, dans la mesure où il signifie le droit de chaque peuple de choisir librement son statut collectif, se révèle être en réalité un gag dont useront mal à propos les nouveaux Etats africains issus des indépendances. Sans avoir défini avec exactitude la notion de « peuple ou de nation» le droit de chaque peuple de choisir librement son statut collectif s’est in fine révélé être une utopie.

Le principe de l’uti possidetis juris s’oppose à tout nouveau démembrement du territoire ou modification des frontières désormais sous garantie internationale par la force, s’agissant d’entités souveraines nouvellement créées. Une fois l’indépendance acquise, c’est le nouvel  État qui incarne la souveraineté du « peuple » comprenant la totalité de la population vivant sur le territoire considéré, indistinctement, faisant litière d’énormes différences socioculturelles souvent antagoniques. Le droit à l’autodétermination fonde désormais le seul droit souverain de l’État à « choisir et développer librement son système politique, social, économique et culturel » d’une part et, d’autre part, de participer sur pied d’égalité aux relations internationales (sic.).

Si le processus de la décolonisation impose l'interprétation unique du droit des peuples à l'autodétermination au sens de l'indépendance, il n'en reste pas moins que, initialement, le Droit international le conçoit en tant que principe à contenu pluriel. Reprenant les termes d'une résolution de  1960 de l’Assemblée Générale des Nations unies, la Déclaration relative aux principes du Droit international contenue dans la Résolution 1541 (XV), du 15 décembre 1960 énonce que « la création d’un État souverain et indépendant, mais aussi la libre association ou l’intégration avec un État indépendant ou l’acquisition de tout autre statut politique librement décidé par un peuple, constituent pour ce peuple des moyens d’exercer son droit à disposer de lui-même ».

La sécession de l’Erythrée en 1993, celle du Sud Soudan aujourd’hui, sont un exemple qui dément l’interprétation jusqu’ici faite du principe de l'autodétermination applicable au seul sens des indépendances face aux puissances coloniales, à moins de considérer que les puissances occidentales qui, il faut l’avouer, gouvernent sans partage la fameuse Communauté internationale, aient délibérément choisi de faire une entorse au principe pour préserver leurs intérêts à la fois économiques et politiques car, sans leur soutien, le scrutin sécessionniste du Soudant n’aurait jamais eu lieu. Ce faisant, le précédent est là, les mêmes causes entraînant les mêmes effets, la question soudanaise  pose désormais la question de la recherche d’une nouvelle solution globale au problème de la conciliation des principes fondamentaux du Droit international susvisés, eu égard à la problématique de la cohabitation harmonieuse des différents peuples à l’intérieur des frontières héritées de la colonisation. La question soudanaise démontre, que si la sécession est attentatoire à l’intégrité territoriale et à l’unité politique proclamée au moment des indépendances, il faut dire que le principe de l’intangibilité ou de l’inaltérabilité des frontières se heurte au sacro-saint principe du droit de chaque peuple de choisir librement son statut collectif. Le peuple non  sens générique, mais au sens réel du vocable : peuple mboshis, peuple téké, peule koongo etc.

La Communauté internationale comme l’Union Africaine qui a validé en 2005 à Addis-Abeba l’accord qui a conduit aujourd’hui à ce référendum, ne disposent désormais d’aucun argument juridiquement encore moins moralement recevable, pour s’opposer à toute volonté de tel ou tel peuple enfermé dans les frontières legs de la colonisation, de revendiquer son droit à l’autodétermination autrement dit à la sécession, sans se rendre coupable de la politique de deux poids deux mesures. Les fondateurs de l’Organisation de l’Unité Africaine (OUA) à l’époque, plus préoccupés de préserver leur pouvoir personnel, plutôt que d’opter, comme l’avait demandé la Conférence panafricaine d’Accra en 1958, pour une refonte "des frontières tracées par les puissances coloniales", choisirent une solution dite de sagesse à savoir appliquer la règle de l’uti possidetis juris : ils ont accédé à l’indépendance dans le cadre des frontières internes des Empires coloniaux. Aujourd’hui, les conséquences de ce choix hasardeux et déstructurant interpellent l’Afrique. La marche vers la sécession qui menace nos Etats est irréversible et louable parce que raisonnable.

Les Sud-Soudanais ont voté à 98,83% en faveur de la sécession, selon les résultats définitifs officiels rendus publics par la commission référendaire. Cette annonce était une simple formalité puisque les résultats préliminaires complets publiés le 30 janvier avaient déjà indiqué que 98,83% des Sud-Soudanais avaient voté pour l'indépendance de leur région, appelé ainsi à devenir en juillet un nouvel Etat.

 Le référendum s'est traduit par une victoire écrasante  98,83% du "oui" à l'indépendance du Sud-Soudan, qui va en conséquence faire sécession du Nord en juillet prochain. Près de quatre millions d'électeurs s'étaient inscrits pour ce scrutin historique, dont environ 3,8 millions au Sud-Soudan, selon les chiffres de la Commission référendaire. Les Sud-Soudanais vivant au Sud, mais aussi dans la partie Nord du pays et à l'étranger, avaient le droit de participer à ce scrutin. Le Comté de Juba, l’option de la sécession a reçu 211.018 votes, et l'unité 3.650 », a révélé Timon Wani le Président de l'antenne locale de la Commission référendaire, Timon Wani, dans l'Etat du Bahr al-Ghazal Occidental, 153.839 électeurs sur 162.594 (94,6%) inscrits ont choisi la « sécession », et dans l'Etat de Lakes, siège de l'ancienne capitale sudiste Rumbek pendant la guerre civile, 298.216 votants sur 298.443 (99,9%) ont fait de même, selon des résultats obtenus par l'AFP auprès des commissions référendaires locales. Dans l'Etat pétrolier d'Unité, plus de 471.000 personnes sur 472.000 votes comptés ont préféré la sécession, alors que dans l'Etat voisin du Bahr al-Ghazal Nord, 264.473 sur 265.450 (99,6%) ont opté pour la sécession selon des résultats obtenus auprès des Commissions locales.

Une panoplie de raisons qui ont poussé à cette option, en tête desquelles figure la négligence du Gouvernement nordiste de Khartoum pour le Sud, faisant ainsi  des ressortissants du Sud des citoyens de second degré. Les mêmes causes provocant les mêmes effets, les ingrédients se mettent en place peu à peu mais sûrement au Congo-Brazzaville qui pourra connaître la révolution des palmiers à l’instar de celle de jasmin en Tunisie, ou celle des vagues du Nil en Egypte.

Le référendum d’autodétermination du Sud Soudan n’est pas un quid unicum loin s’en faut. La réflexion qui consiste pour les populations du Sud de notre pays, le Congo-Brazzaville de savoir si oui ou non elles vont poursuivre la cohabitation avec les ressortissants de la partie septentrionale, est désormais un sujet de débat au quotidien, suite à l’exacerbation de la mboshisation de l’Etat dans tous ses compartiments, politique qui a mis le pays en proie aux conflits identitaires depuis notamment le retour de Sassou au Pouvoir. Du Kouilou au Pool-koongo, du Niari à la Bouenza en passant par la Lékoumou, la même question récurrente est: Faut-il écouter l’ethnicisme ? Et pour les Koongo, faut-il réhabiliter les anciens royaumes ou continuer à promouvoir la doctrine de l’intangibilité des frontières héritées de la colonisation ?

La production pétrolière du Congo avoisinera les 127 millions de barils en 2011, a indiqué récemment avec arrogance Gilbert Ondongo le Ministre des Finances de Sassou lors d'une présentation du budget 2011 à l'Assemblée nationale à Brazzaville. Le budget de l'Etat exercice 2011 a été élaboré sur la base des principales hypothèses suivantes: une production pétrolière nationale estimée à environ 127 millions de barils; un prix baril du pétrole, le Brent, estimé à environ 80 dollars, a-t-il déclaré. Les recettes pétrolières en 2011 seront de 2.223 milliards de FCFA (3,39 milliards d'euros), soit une variation de 36 milliards de FCFA (55 millions d'euros, en comparaison à 2010, a-t-il ajouté. Le budget d'Etat du Congo en 2011 avait été arrêté en Conseil des Ministres le 1er octobre à plus de 3.000 milliards de F CFA (plus de 4,5 milliards d'euros) en augmentation de 6,12% par rapport au budget de 2010.  Selon lez Ministre le Gouvernement table sur un taux de croissance de 11,5% pour ce budget.

Au Congo, le budget est financé à 85%, selon la Banque mondiale, par le pétrole, première ressource du pays à qui les institutions financières exigent souvent une gestion "transparente" du secteur. Le pays dispute au Gabon la quatrième place des pays producteurs du pétrole au sud du Sahara. Fin 2010, sa production journalière devrait atteindre 300.000 barils, avait-on estimé après l'entrée en action du champ de Moho Bilondo exploité par le Groupe français Total. Et pourtant, malgré cette abondance, le Congo est jusqu'à considéré comme un des pays les plus endettés au monde par tête d'habitant, la majorité (70%) des 3,6 millions de Congolais vivent en dessous du seuil de pauvreté, selon les statistiques officiellement reconnues. Ecole en ruine, des Hôpitaux en piteux état où les malades se disputent un seul lit à trois parfois quatre, l’armée et la police en dépérissement au profit de la milice privée de TSAMBITCHO, l’infrastructure routière inexistante, et à propos, le Maire central de la Commune de Pointe-Noire, Monsieur Roland BOUITI-VIAUDO, grand chantre du pouvoir qui avait récemment, à l’occasion du fameux cinquantenaire de notre pseudo-indépendance, inondé la ville océane de banderoles où l’on pouvait lire : AVEC SASSOU-NGUESSO, LA POLITIQUE DE LA MUNICIPALISATION ACCELEREE EST UNE REALITE, a été, il y a quelques semaines pris en flagrant délit de mensonge, rattrapé par les faits, à l’occasion des pluies qui ont bloqué la circulation dans la Commune, achevant de détruire ce qui était jusque là des ruines routières, le Maire habituellement prolixe a du éviter la presse refusant de répondre aux questions des journalistes.

Pour le Sud du pays en tout cas, exclusif pourvoyeur de l’économie prise en otage par les Mboshis, cela devient révoltant de visiter chaque jour les recoins d'un édifice qui est à la fois le panthéon du tribalisme et la basilique de la folie de ceux qui n’apportent à ce pays que la culture de la médiocrité et de la kleptomanie. Sassou et son PCT devraient déjà envisager immédiatement de convoquer un autre mais un vrai forum à l’instar de la Conférence Nationale Souveraine, à l’occasion duquel sera examinée une seule question :

DEVRIONS-NOUS POURSUIVRE CETTE COHABITATION SUICIDAIRE ENTRE LE SUD ET LE NORD DANS CETTE REPUBLIQUE MORIBONDE ?

Alexandre Honoré MPAKA, un autre grand chantre du pouvoir des autres, a eu la stupide idée de convoquer récemment une réunion des représentants des Partis au Kouilou. L’objet de la réunion avait été curieusement, de demander à ces représentants, d’inviter leurs militants à aller se faire recenser dans le cadre de l’identification des abonnés à la téléphonie mobile. Une fois présents, ces représentant des Partis de l’opposition, se sont entendu dire, qu’ils devaient signifier à leurs militants que le Congo n’est ni la Tunisie, ni l’Egypte, que ce qui s’est passé dans ces pays, n’aura jamais lieu ici. Il faut dire que le marxisme a véritablement placé des œillères chez ces dignitaires du PCT qui traîne depuis le kyste de la cécité politique. Les menaces staliniennes propres à l’Etat policier instauré dans le pays par le PCT, ne sauront nous empêcher de revendiquer nos droits, l’insurrection contre le régime tyrannique est un droit constitutionnel.

mardi 22 février 2011

[Côte d'Ivoire] Interview : Me Koffigoh (UA) dit ses vérités sur la crise post-électorale

Côte d’Ivoire [Interview] : Me Koffigoh (UA) dit ses vérités sur la crise post-électorale


  (AfriSCOOP Exclusif) — Alors que s’amorcent les missions de bons offices confiées par l’Ua à un panel de cinq présidents africains, Me Joseph Kokou Koffigoh (chef de la Mission d’observation de l’Ua au cours de la présidentielle ivoirienne) nous livre en exclusivité sa lecture de l’évolution de l’actualité en Côte d’Ivoire. Me Koffigoh fut Premier ministre au Togo.

AfriSCOOP : L’Ua a mis en place un panel de 5 présidents pour plancher sur la crise ivoirienne, avec à terme des « propositions contraignantes » pour les camps Ado et Gbagbo. En quoi l’action de ce panel ne sera pas un bis repetita ?

Koffigoh : La décision de l’Union Africaine de mandater cinq (5) présidents au chevet de la Côte d’Ivoire est bonne, à condition que les chefs d’Etat se rendent à Abidjan sans parti pris, c’est-à-dire avec le souci de proposer des solutions acceptables pour les protagonistes. Je ne comprends pas trop le terme « propositions contraignantes » dans un tel cas de figure. La contrainte aurait dû jouer depuis huit ans pour faire plier la rébellion, au lieu de la complaisance dont on a fait preuve en déroulant le tapis rouge à ceux qui ont pris les armes contre leur propre pays, au mépris des résolutions, pactes et protocoles de l’Union Africaine et de la CEDEAO.

L’Ua ne se contredit-elle pas en mettant sur pied ce panel tout en « reconnaissant la victoire d’Ado » lors du second tour de la présidentielle du 28 novembre 2010 ?

La contradiction est flagrante. L’Union Africaine, par ce biais, a dressé un obstacle sur son propre chemin pour la résolution de la crise en établissant, comme une évidence, « la victoire » d’Alassane Dramane Ouattara. La démarche la plus sage eût été d’évaluer la crise post électorale aussi bien au regard des faits allégués par les deux parties, qu’à la lumière du droit constitutionnel ivoirien. L’Union Africaine se comporte comme un juge qui aurait déjà rendu son verdict avant le procès. Et là, il y a problème.

Vous avez été chef de la Mission d’observation de l’Ua en Côte d’Ivoire, dans le cadre de cette présidentielle. Sur cette base, quelle proposition de sortie durable de crise mettrez-vous sur la table ?

La déclaration des observateurs de l’Union Africaine a été adoptée à l’unanimité des délégués. Elle recommande que les contestations éventuelles des résultats soient soumises aux instances prévues à cet effet. En l’occurrence, c’est le Conseil Constitutionnel qui est chargé du contentieux électoral en dernier ressort. Laurent Gbagbo s’est adressé au Conseil de même qu’Alassane Dramane Ouattara. Ce dernier a saisi le Conseil pour la validation du serment qu’il a prêté par écrit, le Conseil l’a déclaré irrecevable : voilà pour le droit. Mais comme il y a problème, il faut simultanément agir sur tous les protagonistes pour trouver un accord et sortir le pays de l’impasse. Jusqu’à présent, les pressions ont été unilatérales et faites en violation de la souveraineté de la Côte d’Ivoire. M. Gbagbo a proposé une évaluation du processus. Je ne crois pas que cela soit si difficile à admettre ou à faire.

Sur « Radio Nana Fm » (une station togolaise), vous avez laissé entendre que le Conseil constitutionnel aurait pu aider à solutionner le différend électoral ivoirien, s’il avait ordonné la reprise du vote dans les zones géographiques sujettes à de vives contestations…

En effet, c’était une option, mais le Conseil (constitutionnel) a décidé autrement. On ne peut pas exclure l’hypothèse que la haute juridiction ivoirienne ait été outrée par la précipitation du représentant de l’ONU qui a rejeté par avance le pouvoir du Conseil, en violation de la souveraineté de la Côte d’Ivoire. Ne trouvez-vous pas bizarre qu’on aille jusqu’à sanctionner de l’extérieur un haut magistrat africain qui a rendu un jugement en son âme et conscience ?

Beaucoup de vos compatriotes gardent, dans le cadre de cette présidentielle ivoirienne, l’image de votre présence à la prestation de serment de Laurent Gbagbo. M. le Premier ministre, en pleine polémique, était-ce la position la plus sage à adopter, même si votre Mission d’observation était finie ?

La Mission d’observation était terminée. Le contentieux électoral vidé, et la Constitution ivoirienne ne prévoit qu’un bref délai pour la prestation de serment. J’étais invité à la cérémonie. Je ne pouvais pas cautionner ceux qui ont fait le choix de déstabiliser la Côte d’Ivoire en remettant en cause une décision souveraine prise par le Conseil constitutionnel d’un Etat indépendant.

Est-ce le Koffigoh panafricain et nationaliste qui a assisté à la prestation de serment sus-citée ou le Koffigoh ami de la famille Gbagbo ?

Les deux.

Lorsqu’on parcourt attentivement divers rapports produites par diverses Missions autour de cette présidentielle, on se rend compte que les deux camps ont été coupables d’irrégularités. N’est-il pas possible de réorganiser un nouveau second tour, en dépit du « non » catégorique de l’Ue à cette perspective ?

Pourquoi pas ? Seulement, cette perspective n’est envisageable que si le désarmement de la rébellion et la réunification du pays deviennent effectifs. Les mêmes causes produisant les mêmes effets, si on réorganise les élections dans les mêmes conditions de pagaille dans les zones sous contrôle des rebelles, on aura les mêmes résultats contestés. C’est dire qu’il y a encore du chemin à faire. Mais, on peut et on doit commencer s’il y a de la bonne volonté de part et d’autre.

Pourquoi le recomptage des voix proposé par certains observateurs de cette crise ne reçoit pas l’approbation des deux parties ?

En fait, le simple recomptage ne résout pas le problème. Prenons par exemple une région entière ou un candidat n’a eu que « zéro voix » et où donc le bourrage d’urnes est avéré. Va-t-on attribuer les « bons résultats » au bénéficiaire de cette forfaiture ? Si l’on considère le problème de la Côte d’Ivoire du point de vue strictement électoral, le panel de chefs d’Etat n’aura finalement qu’à se pencher sur le contentieux dans les zones où les élections ont été frauduleuses et refaire le travail déjà fait par le Conseil constitutionnel. A ma connaissance, les partisans de Gbagbo ne s’opposent pas au recomptage. Mais la crise va au-delà de la simple question électorale. On oublie qu’il y a une armée loyaliste qui a eu à affronter la rébellion.

Le Fpi rappelle souvent qu’il n’a exercé que 02 ans sur son premier quinquennat, avant le putsch manqué de 2002. Au regard du très bon score réalisé par M. Gbagbo lors du premier tour de cette présidentielle, son éventuel retrait du pouvoir ne préparerait-il pas la voie à son retour démocratique et triomphal dans les urnes en 2015 ?

Un président de la République doit quitter le pouvoir s’il est régulièrement battu aux élections ; L. Gbagbo l’aurait fait s’il avait été régulièrement battu. Ce qui n’est pas le cas. La même question peut être posée à son adversaire. Puisque celui-ci reconnaît la légitimité du Conseil Constitutionnel, au point de lui adresser son « serment » pour validation. Ne devrait-il pas s’incliner devant la décision confirmative dudit Conseil, quant à la victoire de son adversaire ?

Chaque fois qu’on évoque cette perspective (du retrait du Fpi), les pros Gbagbo répondent qu’ils ne font pas confiance à leurs adversaires politiques. Qu’est-ce qui peut donc encore réunir les Ivoiriens, quand on se rend compte que la crainte envers l’étranger ressurgit dans ce grand pays composé de diverses nationalités ouest-africaines ?

La question des étrangers existe dans de nombreux pays, y compris la France. La Côte d’Ivoire n’est pas un cas isolé : sous le régime du parti unique, la Côte d’Ivoire de Félix Houphouët-Boigny a réussi à recouvrir de vernis tous ces problèmes. Dès l’annonce de sa mort, le vernis a éclaté ; d’où le concept de l’ivoirité introduit par le Président Bédié pour écarter Alassane Dramane Ouattara, son allié d’aujourd’hui. La question maintenant réglée sur papier, il reste à la régler dans les cœurs. C’est pour cela qu’il faut de la patience pour que l’intégration se fasse complètement.

Thabo Mbeki, premier médiateur de l’Ua dans la crise ivoirienne, recommande dans son rapport définitif, qu’on « persuade Ado et Gbagbo » d’accepter la voie du dialogue. Ado et Gbagbo sont-ils radicalement opposés pour de bon ou c’est plutôt leurs entourages respectifs qui ne veulent pas de la paix en Côte d’Ivoire ?

Ce que vous dites a fait l’objet d’une discussion entre Thabo Mbéki et moi-même, lors de son passage à Abidjan, au lendemain de la prestation de serment de Laurent Gbagbo. Le Président Mbeki m’a dit que M. Gbagbo était prêt à discuter, mais qu’Alassane Ouattara était intransigeant, parce qu’il était soutenu par la communauté internationale. Voilà le problème. Si la pression était exercée sur les deux parties, au lieu de la situation qu’on connaît, le dialogue pourrait s’instaurer et aboutir à une sortie de crise. Je ne pense donc pas qu’il y ait une question d’entourage. C’est la communauté internationale qui a aggravé la crise.

Un certain nombre d’Africains soutiennent vaille que vaille L. Gbagbo, à cause de la fronde qu’il oppose à l’Occident en ce moment. L’eau, le téléphone, l’électricité, le Port d’Abidjan sont des secteurs qui demeurent dans les mains de multinationales françaises en Côte d’Ivoire. Le nationalisme de M. Gbagbo n’est-il donc qu’un vain mot ?

Etre nationaliste ne veut pas dire se couper du reste du monde. Les Ivoiriens sont prêts à coopérer avec tout le monde, mais connaissant bien L. Gbagbo, je peux dire qu’il ne demande qu’une chose : c’est qu’on respecte l’Africain comme étant un être majeur capable de décider de son destin.

Propos recueillis à Lomé par Edem Gadegbeku, © AfriSCOOP

SOURCE : http://www.afriscoop.net/journal/spip.php?article3065

dimanche 20 février 2011

[CÔTE D'IVOIRE] RAPPORT DES OBSERVATEURS DE L'UNION AFRICAINE SUR L'ELECTION PRESIDENTIELLE DU 28 NOVEMBRE 2010

RAPPORT DE L'EX-PREMIER MINISTRE, M. JOSEPH KOKOU KOFFIGHO, CHEF DE LA MISSION DES OBSERVATEURS DE L'UNION AFRICAINE À L'ÉLECTION PRÉSIDENTIELLE IVOIRIENNE DU 28 NOVEMBRE 2010.




Voici le rapport de l'ex-premier ministre (de transition) du Togo, Mr Kokou Koffigoh, Chef de la « Mission des Observateurs de l’Union Africaine » en Cote d’Ivoire, qui fait des révélations extrêmement graves, sur la « conduite du scrutin », les « assassinats », les « arrestations », « emprisonnements », « vols », « pillages », « fraudes massives » dans la région du nord du pays.

L'ex premier ministre togolais pendant la transition du 27 août 1991 au 27 avril 1994, M. Joseph Kokou Koffigho était le chef des observateurs de l'« Union Africaine » à l'élection présientielle de Côte d'ivoire du 28 novembre 2010.

Monsieur Koffigoh parle, dans ce rapport qui fait froid au dos, de femmes dénudées par les rebelles et les partisans de Monsieur Ouattara le jour des élections, de superviseurs chassés des bureaux de vote, et des blocages pour empêcher les scrutateurs de Gbagbo d’accéder aux régions du nord. Monsieur Koffigoh affirme que deux de ses propres observateurs ont été arrêtés et retenus, et que c’est grâce à l’intervention de l’« ONUCI » qu’ils ont pu avoir la vie sauve. Son rapport est soutenu par des « constats d’huissier », des « vidéos », des « photos des victimes » etc...

QUESTION : Pourquoi l'« Union Africaine », sachant bien que ses Observateurs étaient sur le terrain, n’a t-elle pas attendu le rapport de son chef de mission, avant d’appeler au départ de l’un des candidats ? Sur quelle base donc, si ce n’est sur le rapport de ses propres observateurs, l’« UA » s’est elle basée pour proclamer la victoire de l’un sur l’autre, et s’apprête maintenant à déclencher la guerre ?

Télécharger le rapport des observateurs de l'« Union Africaine » en cliquant ci-dessous :
http://www.ivorian.net/Communiques/Rapport_du%20Chef_de_la_mission_des_observateurs_de_l_UA.pdf


NOTE :
Nous pensons que si nous pouvons espérer être toujours aujourd'hui dans un monde de justice, d'équité, de respect des règles, des institutions et des procédures démocratiques, les chefs d'État constituant le panel de négociation et de médiation de l'« Union Africaine » devait se fonder d'abord sur ce rapport des observateurs de l'« Union Africaine » comme première matière pouvant conduire à la découverte de la vérité sur le scrutin.

vendredi 18 février 2011

MAIS OU EST DONC ALASSANE DRAMANE OUATTARA ?

MAIS OU EST DONC ALASSANE DRAMANE OUATTARA ?
par DANIEL NKOUTA

La situation postélectorale qui prévaut en Côte d’Ivoire semble, pour tout observateur politique vigilant, indiquer que l’initiative enthousiaste prise par le Président français Nicolas SARKOZY contre l’intraitable BETE Laurent GBAGBO, ce qui est un pléonasme, l’Ivoirien vrai, a finalement basculé la France dans un bourbier d’où elle ne pourra sortir qu’en y laissant l’essentiel de ses plumes. Et comme si cette maladresse politico-diplomatique ne suffisait pas comme auto-sentence, voilà que depuis quelque temps, la rumeur persistante de la mort à Paris d’Alassane Dramane OUATTARA place la France dans une situation plus qu’inconfortable tant sur le plan interne à la France que sous l’angle international.

Pour mieux comprendre ce qui a pu se passer, il faut tenter de regarder les évènements sur le rétroviseur  des relations françafricaines. En effet, secret de polichinelle, aux lendemains des indépendances, la France dans ses anciennes colonies sous la houlette du Président-Général Charles de Gaulle sorti dernier de l’Ecole Saint-Cyr soi dit en passant, a mis en place des Gouverneurs locaux censés s'assurer que les ressources naturelles et géopolitiques de ces pays bénéficieraient toujours à l'ancienne puissance coloniale. Lorsque ces Etats eurent la  possibilité d'élire démocratiquement leur représentant comme au Togo ou en République Centrafricaine, ceux-ci  furent renversés ou assassinés avec l'aide de l'Armée française, dont les seules victoires ont acquise en Afrique noire : le cas de Sylvanus OLYMPIO au Togo, qui envisageait de quitter la zone Franc, Abel GOUMBA à la suite de Barthélémy BOGANDA en Centrafrique, Mehdi BEN BARKA au Maroc, enlevé en plein Paris par les Services secrets français puis assassiné avec disparition du corps, Outel BONO au Tchad, Ruben UM NYOMBE et Félix MOUNIE au Cameroun.

Avec le savoir-faire de FOCCART, des pions au service de la France, le seul pays         aumonde qui a eu un Maréchal traitre à la patrie, furent portés à la tête de ces nouveaux pseudo Etats indépendants dont bon nombre sont issus des Services secrets français ou de l'Armée française. L’on peut sans risque de se tromper citer EYADEMA, Omar BONGO, SASSOU-NGUESSO, Idris DEBY, Bédel BOKASSA. Ces kleptocrates dictateurs mandatés par la France ont obtenu avec le temps, pour ceux qui ont réussi à se maintenir, une certaine autorité et autonomie au regard de la France et sont régulièrement réélus grâce à des élections présidentielles truquées sous le guidage de leurs parrains français, quelque fois, tel est le cas du Congo avec SASSOU devenu SASSOU-NGUESSO, sous le couvert d’un vocabulaire trompeur marxiste.  C'est ce qu’il est convenu d’appeler des ''Gouverneurs à peau noire'' pour reprendre l'expression de François-Xavier VERCHAVE, qui ont fait de nos pays des véritables excroissances de la France dirigées conjointement par Jacques FOCCART, le Parti Gaulliste, puis le Parti Socialiste et la Société Elf.Un exemple qui résume toute la situation sans qu’aucun commentaire ne soit nécessaire : le 15 juillet 1960, un mois avant que le GABON n’accède à son autonomie ou indépendance pour utiliser le vocable consacré par abus de langage, Michel DEBRE Premier Ministre français écrivant à Léon MBA ordonne :
« On vous donne l’indépendance à condition que l’État, une fois indépendant, s’engage à respecter les accords de coopération. L’un ne va pas sans l’autre. »

Le ton était donné, comme pour sceller durablement leurs relations futures, pour le meilleur et pour le pire. On comprend pourquoi la France s’insurge contre Laurent GBAGBO qui refuse l’intégration dans le système. Pour perpétuer le système justement, la France veillera au grain. Au GABON  l’aggravation de l’état de santé de Léon MBA qui croulait sous le poids d’un cancer contre lequel hélas la françafrique ne pouvait rien, hospitalisé à Paris en août 1966, Léon MBA y meurt. La nouvelle du décès sera gardée secrète par les Services secrets français pendant des longs mois puis, suite à un bricolage constitutionnel, Albert Bernard BONGO qui deviendra plus tard El Adj Omar BONGO une pure création néocoloniale, sera mis en place à la tête du GABON par Jacques FOCCART, juste après avoir annoncé la mort de Léon MBA qui serait alors survenue à Paris en 19667. Il fallait pour la France assurer le relai militaire français dans la guerre du Biafra qui fera 1 à 2 millions de morts. Dès lors la France peut accélérer ses livraisons d'armes au Biafra via Libreville avec le soutien de Félix HOUPHOUËT-BOIGNY. Mais le Président nigérian actuel simple intérimaire d’ailleurs, a la mémoire courte.

En 2009, toujours au GABON sous-préfecture de la France, après avoir soi-disant suspendu ses fonctions le 6 mai à Libreville suite au décès de son épouse qui l’avait affligé, le plus ancien Chef d’Etat africain, 73 ans, dont 42 au pouvoir, est, dira-t-on, le 21 mai admis à Barcelone dans une Clinique espagnole pour un simple bilan de santé selon Libreville, mais dans un état grave, soigné pour un cancer, selon d’autres sources. C’est à bord d’un avion médicalisé que le Président gabonais aurait gagné l’Espagne.
Le lundi 08 juin 2009 Fraternité Matin annonce que le Président gabonais, Omar BONGO ONDIMBA est mort des suites d’un cancer dans une Clinique de Barcelone, nouvelle qui sera immédiatement démentie par le Gouvernement gabonais, puis, devant la révélation de l’information par le Gouvernement espagnol, la nouvelle est finalement rendue officiellement publique. Avant cette annonce, l’actuelle Président Ali BONGO s’est rendu dans la plus totale discrétion à Paris pour prendre les ordres, après avoir fermé les frontières.

En Côte d’Ivoire, là aussi, la mort de Félix HOUPHOUËT-BOIGNY aura mis du temps pour être rendue publique par les autorités françaises, avec la complicité du même Alassane Dramane OUATTARA qui, en violation de la Constitution qui prescrivait qu’en cas d’absence du Président, l’intérim serait assuré par le Président de la République, a tenté d’user de sa qualité de Premier Ministre pour usurper le pouvoir, avant de se voir chasser par le PDCI.

Aujourd’hui, des sources insistantes et concordantes proches de l’Hôpital militaire parisien du Val de Grâce font état de la mort d’Alassane Dramane OUATTARA, des suites d’un mal pernicieux qui l’avait déjà fait s’effondrer devant tous à une date très récente au Golf Hôtel. Son évacuation sanitaire pour la France avait alors été décidée.

Depuis,  on assiste à une avalanche de messages de confirmation de sa mort qui inondent la   rédaction de certains organes de presse. Ces sources situent l’arrivée de OUATTARA à Paris au 08 janvier 2011 par vol privé SWK 4834. Le jet privé affrété pour son évacuation sanitaire aurait atterri à l’Aéroport militaire de Villacoublay. A son bord, le couple OUATTARA, le couple BEDIE, le Général PALENFO et d’autres personnalités de l’entourage de OUATTARA. Suite à ses complications de santé consécutives à un mal pernicieux qui le rongeait au niveau de la poitrine, il serait entré dans un coma profond pour ensuite tirer sa révérence.

A la suite de certaines indications en ma possession, j’ai personnellement, dans un premier temps, pensé à la thèse d’une diversion avec sa mort, pour distraire les Ivoiriens et l’opinion internationale, pendant que se préparait l’attaque de la Côte d’Ivoire pour enlever Laurent GBAGBO, entre le 19 et le 23 janvier 2011 car, Air France avait curieusement annulé ses vols en partance et en provenance d’Abidjan à ces dates.  J’ai exprimé cette inquiétude en ligne sur un site internet.

Mais aujourd’hui, de nombreux éléments successifs tendent à corroborer la mort de OUATTARA, car comment autrement comprendre le fait que la mission de la médiation de l’Union Africaine conduite par le Premier Ministre Kényan, Raila ODINGA, pourtant acquis à la cause de OUATTARA, après s’être entretenue avec Laurent GBAGBO, n’a pu rencontrer Alassane Dramane OUATTARA, et cette mission aura finalement été reportée par deux fois  sans jamais plus avoir lieu, jusque dernier sommet des Chefs d’Etat ? Mystère pour mystère, plus troublant est tout de même le fait que les Experts commis par le panel des cinq Chefs d’Etat de l’Union Africaine pour faire le point sur cette crise, qui viennent de séjourner à Abidjan, n’ont pu eux aussi rencontrer Alassane Dramane OUATTARA. Ils se sont contentés de Guillaume SORO. Alors, où est actuellement Alassane Drame OUATTARA ? L’Afrique progressiste défie le Gouvernement français, l’ONUCI, l’Union Européenne et Jean PING le gabono-coréen cousin germain de Ban Ki MOON et de CHOI le trio coréen patenté pour réussir la sécession de la Côte d’Ivoire à l’instar de la Corée,  à nous le présenter vivant. Nous attendons qu’il prenne parole en public.

AH ! Omar BONGO ONDIMBA ! après avoir cannibalisé les richesses gabonaises, il a fallu que tu empoisonnes le continent tout entier en nous léguant des gabonais aux yeux bridés. Et comment des Chefs d’Etat sérieux ont-ils pu admettre de placer à la tête de la Communauté internationale, un personnage comme Ban Ki MOON, issu d’un pseudo Etat la Corée du Sud , cette fiction produit des puissances occidentales ?

Pour refaire une brève incursion dans l’appréciation de cette crise postélectorale, faisant litière des mes considérations politiques en faveur de Laurent GBAGBO dont je n’ai pas à me cacher, au contraire, je dirais en tant que juriste, que dans une procédure, un Avocat, au même titre que le Ministère public qui plaide à charge, défend avant tout là règle de Droit. Les arguments à charge et à décharge s'affrontent et c'est au terme de cette joute oratoire que peut émerger la décision. C'est pour cette raison qu'un Avocat commis d'office par exemple, doit et peut défendre un violeur multirécidiviste car, défendre n'est pas innocenter bien sûr, sans être en contradiction avec la morale du Droit.

On a beau ne pas avoir la moindre sympathie pour Laurent GBAGBO, la logique juridique voudrait simplement que l’on constate que le Conseil Constitution a tranché. L’homme a beau être perçu comme un tyran, seul le peuple ivoirien est moralement et juridiquement  habilité à lui couper la tête. Ni l'ONU, ni la France, ni les USA ni la CEDEAO ni l’UA, ni UEMEOA n'ont à appuyer la prétendue légitimité de OUATTARA par une présence militaire sur le territoire ivoirien, sans se rendre coupable d’ingérence dans la politique interne d’un Etat souverain. Le Droit a sa morale que la morale ignore. Ce qui se passe en Côte d’Ivoire pose le problème du respect de la souveraineté de ce pays voire des pays au Sud du Sahara.

Enfin, ce qui est terriblement affligeant dans cet abattage médiatique orchestré par les puissances occidentales pour préserver leurs intérêts contre la pénétration en Afrique par la Chine, c’est la subite cécité fasse à ce fait pertinent. Depuis bientôt deux mois, tous les appels à lé désobéissance civile, à la grève, au soulèvement lancés par OUATTARA sont demeurés lettre morte. En revanche, nous voyons chaque jour à la Télévision d’Etat, la succession des Chefs traditionnels de Côte d'Ivoire du Nord au Sud de l’Est à l’Ouest en passant par le Centre monter au créneau pour dénoncer les exactions commises par les rebelles de SORO fiancés par OUATTARA  pendant et après les élections. La base électorale et la jeunesse du PDCI dont le chef BEDIE est volontairement réfugié avec OUATTARA, l’Armée, la Police, La Gendarmerie, toutes les institutions paramilitaires, les Préfets, les Associations d’intellectuels de juristes comme celle des Avocats, celle de défense des droits de l'homme, celle des femmes, les associations des étrangers en Côte d’Ivoire, les Syndicats, les Confessions religieuses tous, chaque jour qui passe depuis, défilent pour exprimer leur allégeance à Laurent GBAGBO et à la Constitution du pays.

Dans un tel contexte où Alassane Dramane OUATTARA apparaît véritablement comme un Président virtuel manquant de support concret dans la population ; il paraît tout de même peu crédible d’espérer qu’il a battu Laurent GBGABO à la Présidentielle.

Un meeting tenu au Nord par un chef rebelle dans la zone sous le contrôle des rebelles de Guillaume SORO, filmé et diffusé par la Télévision depuis quelques jours, apporte la preuve que c’est Alassane Dramane OUATTARA qui a fiancé les rebelles qui ont désolé le pays. Cela ressort clairement de l’aveu de ce chef rebelle. Ignorant tous ces faits, l’on continue à présenter Laurent GBAGBO comme celui par qui le malheur est arrivé.