mercredi 31 décembre 2025
dimanche 28 décembre 2025
Qand la médiocrité devient un mode de gouvernance : aveux, népotisme et faillite morale au sommet de l'Etat congolais
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Pierre Ngolo a-t-il pété les plombs ?
Les propos attribués à Pierre Ngolo, membre influent du Parti congolais du travail (PCT) et président du Sénat, rapportés par Basango Ya Sassouland, constituent bien plus qu’un simple dérapage verbal. En déclarant que « le problème est que nos camarades placent les plus idiots de leurs enfants dans les institutions de la République », Pierre Ngolo ne fait pas que choquer par la crudité de ses mots : il livre, presque malgré lui, une radiographie fidèle de l’état de la gouvernance en République du Congo.
Cette phrase, d’une violence symbolique rare, agit comme un aveu collectif. Elle révèle ce que le peuple congolais dénonce depuis des décennies : la confiscation de l’État par une élite politique qui confond pouvoir public et patrimoine privé, République et héritage familial, institutions et récompenses claniques. Lorsqu’un président du Sénat en arrive à reconnaître publiquement que des personnes incompétentes occupent des postes clés, c’est que le mal est profond, structurel et désormais assumé.
Le népotisme érigé en principe de gouvernement
Au Congo, le népotisme n’est ni une anomalie ni une dérive occasionnelle. Il est devenu un principe de fonctionnement du système politique. Les nominations ne répondent plus à une logique de compétence, de parcours administratif ou de vision stratégique, mais à une mécanique de loyauté familiale et politique. Être fils, gendre, beau-fils, neveu ou cousin devient un critère de sélection plus déterminant que l’expérience ou le savoir-faire.
Les institutions de la République — mairies, ministères, entreprises publiques, agences d’État, assemblées — sont progressivement transformées en espaces de reproduction sociale d’une oligarchie fermée.
Cette logique a vidé l’administration de sa substance et transformé l’État en un appareil lourd, inefficace et largement discrédité.
Les propos de Pierre Ngolo sont d’autant plus graves qu’ils proviennent d’un homme qui incarne l’une des plus hautes institutions du pays.
En reconnaissant implicitement que des personnes incompétentes sont volontairement placées aux commandes, il pose une question centrale : comment gouverner un pays lorsque ceux qui le dirigent sont choisis non pour servir la nation, mais pour préserver des équilibres familiaux et claniques ?
Une vérité connue du peuple, mais tue au sommet
Ce constat n’est pas nouveau. Il y a plusieurs années déjà, le général Emmanuel Ngouélondélé Mongo, ancien directeur de la Sécurité d’État et ex-vice-président du Rassemblement pour la démocratie et la République (RDR), avait tenu des propos qui avaient profondément marqué l’opinion. Dans une interview devenue emblématique, il qualifiait son propre fils, Hugues Ngouélondélé, de « tête de mule » et regrettait ouvertement que ce soit précisément ce fils que le président de la République avait choisi pour nommer maire de Brazzaville.
Cette déclaration, rarissime dans un système fondé sur l’omerta, avait fissuré le discours officiel. Elle révélait non seulement l’absence de critères objectifs dans les nominations, mais aussi le malaise interne d’une élite consciente des dégâts qu’elle provoque, tout en continuant à y participer.
Cependant, bien avant cette confession publique, les Congolais avaient déjà compris. Dès l’annonce de la nomination de Hugues Ngouélondélé à la tête de la mairie de Brazzaville, l’opinion nationale n’a jamais cru à une décision fondée sur la méritocratie. Très vite, une lecture politique s’est imposée : cette nomination ne devait rien à un parcours exemplaire ou à des compétences exceptionnelles, mais tout à un lien personnel décisif — celui de beau-fils du président de la République.
Cette perception populaire est essentielle. Elle démontre que le peuple congolais n’est ni naïf ni passif. Il sait lire entre les lignes, identifier les logiques cachées du pouvoir et distinguer les nominations républicaines des promotions familiales. Lorsque même le père du nommé exprime publiquement ses doutes, cela ne fait que confirmer une évidence déjà largement intégrée dans la conscience collective.
La destruction silencieuse de la méritocratie
L’un des effets les plus destructeurs de ce système est l’élimination progressive de toute culture de la méritocratie. Des milliers de Congolais compétents, formés au pays ou à l’étranger, se retrouvent marginalisés, découragés ou contraints à l’exil, simplement parce qu’ils ne disposent pas des bons réseaux familiaux.
Cette situation alimente un profond sentiment d’injustice sociale. Elle envoie un message dévastateur à la jeunesse : le travail, l’effort et l’excellence ne garantissent rien ; seul le lien avec le pouvoir ouvre les portes. Dans un tel contexte, l’État cesse d’être un moteur d’élévation collective pour devenir un facteur de frustration et de désillusion.
Les institutions, privées de compétences réelles, deviennent inefficaces. Les décisions sont mal préparées, les politiques publiques mal exécutées, les ressources mal gérées. La mauvaise gouvernance n’est plus une exception : elle devient la norme.
Un peuple désabusé face à une République vidée de sens
Cette gouvernance par l’incompétence a des conséquences directes sur la vie quotidienne des Congolais : services publics défaillants, infrastructures délabrées, chômage massif, pauvreté persistante malgré les richesses naturelles du pays. À mesure que les institutions se vident de leur crédibilité, la confiance entre l’État et les citoyens se rompt.
La République, dans son sens le plus noble, repose sur un principe fondamental : l’égalité des citoyens devant les charges publiques. Or, ce principe est systématiquement violé lorsque l’accès aux responsabilités dépend du nom que l’on porte ou de la famille que l’on épouse. L’État cesse alors d’être un arbitre impartial pour devenir un instrument au service d’un groupe restreint.
Des aveux qui appellent un sursaut national
Les propos de Pierre Ngolo, tout comme ceux du général Ngouélondélé Mongo, devraient provoquer un véritable électrochoc national. Ils confirment, de l’intérieur même du système, ce que l’opposition, la société civile et la diaspora congolaise dénoncent depuis des décennies : la crise congolaise est avant tout une crise de gouvernance, de responsabilité et de valeurs républicaines.
La question centrale n’est donc pas de savoir si ces déclarations sont choquantes, mais pourquoi ceux qui les formulent continuent de soutenir un système qu’ils reconnaissent eux-mêmes comme nocif. Tant que le Congo restera prisonnier d’une logique clanique, où l’État est confondu avec une propriété privée et les fonctions publiques avec des dots familiales, aucune réforme sérieuse ne pourra voir le jour.
Repenser l’État pour sauver la République
Ces aveux publics doivent être interprétés comme un appel — volontaire ou non — à repenser profondément l’État congolais. Restaurer la méritocratie, réhabiliter les institutions, séparer clairement la sphère familiale de la sphère publique : telles sont les conditions minimales pour reconstruire une République digne de ce nom.
Sans cette rupture, les institutions continueront d’être occupées non par les meilleurs serviteurs de la nation, mais par des héritiers protégés, parfois même désavoués par leurs propres pères, au mépris du peuple congolais et de l’idée même de République.
En définitive, ces paroles venues du sommet ne sont pas anodines. Elles sont le symptôme d’un système à bout de souffle, qui se trahit lui-même par ses propres aveux. Reste à savoir si le peuple congolais acceptera encore longtemps que son avenir soit sacrifié sur l’autel du népotisme et de la médiocrité érigés en mode de gouvernance.
Serge Armand Zanzala, Écrivain, chercheur, citoyen engagé, Directeur de La Société Littéraire, Initiateur du projet Kongo Ya Sika
jeudi 25 décembre 2025
Le préfacier et le cireur des pompes
Lis des ratures
Le khalife d'Oyo, le fils de « Mama Mouébara », qui dirige le Congo-Brazzaville depuis plus de quarante ans d'une main de fer dans un gant d'acier, a-t-il le bilan honteux ?
L'ineffable Claude Ernest Ndala l'avait dit : « Pour faire la politique au Congo-Brazzaville, il faut avoir les couilles bien suspendues ».
Denis Sassou Nguesso, n'a plus assez d'énergie et d'arguments pour confier la défense de son bilan quinquennal à son Premier Ministre Anatole Collinet Makosso qui souhaite conserver son beefsteak ministériel ?
Entre Denis Sassou Nguesso et Anatole Collinet Makosso, c'est : « Je te tiens par la barbichette, tu me tiens par la barbichette ». A l'heure du bilan, Denis Sassou Nguesso se défausse, incapable de s'adresser aux populations du Congo-Brazzaville droit dans les yeux, populations privées de salaires, de pensions de retraite, de bourses, d'eau, d'électricité, de soins médicaux, d'éducation, de routes...
Le livre bilan de Denis Sassou Nguesso préfacé par Denis Sassou Nguesso a été présenté le 22 décembre 2025 « En toute transparence, le bilan du quinquennat (2021-2026) », devant les deux chambres réunis par le Premier Ministre Anatole Collinet Makosso qui en est l'auteur, en dehors de toute tradition parlementaire.
L'exercice politico-littéraire d'Anatole Collinet Makosso avec une préface de Denis Sassou Nguesso faisant l'apologie des actions « concrètes » de Denis Sassou Nguesso a tourné au ridicule. Le plaidoyer pro domo (Pour sa propre cause, pour défendre ses propres intérêts) devrait être déroulé devant les populations du Congo-Brazzaville et non à travers une préface d'un ouvrage rédigé par autrui.
Une préface est un texte d'introduction rédigé par l'auteur ou par quelqu'un d'autre pour présenter le livre, expliquer sa motivation, son processus d'écriture ou répondre à des critiques, préparant ainsi le lecteur au contenu qui suit. L'opération d'auto-congratulation entre Sassou et Makosso a viré au fiasco. Le bilan élogieux du PCT est une pilule difficile à faire avaler même si Gilbert Ondongo (qui avait ouvert le bal de l'auto-satisfaction) a invité les militants du PCT de ne pas rougir de son bilan catastrophique.
Dans leurs nouveaux habits, Denis Sassou Nguesso et Anatole Collinet Makosso, le préfacier et le courtisan, ont fait voler en éclats tous les codes littéraires. Noël Kodia Ramata, Bédel Baouna et Liss Kihindou, rompus à la magie de l'écritude et des genres littéraires, doivent rire sous cap.
Benjamin BILOMBOT BITADYS
mercredi 24 décembre 2025
Message de voeux du président du CDRC au peuple congolais
"À l’occasion des fêtes de Noël et du Nouvel An, le Président du CDRC adresse un message d’espérance à l’ensemble du peuple congolais, sans distinction."
Mes chères compatriotes, mes chers compatriotes,
À l’occasion des fêtes de Noël et du Nouvel An, je tiens à adresser à toutes les Congolaises et à tous les Congolais, sans distinction d’opinion ni d’appartenance politique, sur l’ensemble de notre territoire national, mes vœux sincères de bonheur, d’excellente santé et de longévité.
Puisse l’avenir nous permettre, enfin, de jouir collectivement des richesses de notre Nation, dans la paix de l’âme, la sérénité des cœurs et la dignité retrouvée.
Bonnes fêtes à vous toutes et à vous tous.
Modeste Boukadia
Président du CDRC – Une Nation Pour Tous
24 décembre 2025
Quel choix entre la ToPeSA et le PCT ?
"Après 57 années de domination du PCT, dont 42 sous l’autorité de Denis Sassou Nguesso, le Congo traverse l’une des crises les plus graves de son histoire. Crise sociale, économique, morale et institutionnelle. Face à un système qui gouverne contre le peuple par la peur, l’endettement et l’humiliation, une alternative claire s’impose : la TPSA / ToPeSA, pour la restauration de l’État, l’unité nationale et la dignité du peuple congolais."
Quel choix entre la ToPeSA et le PCT ?
Un président ne
fait pas cela.
Un franc-maçon ne fait pas cela.
Un président
protège son peuple, il ne le terrorise pas.
Un franc-maçon nourrit le peuple, l’élève et le libère ; il ne l’enchaîne pas.
Deux choix clairs pour la Nation
- La TPSA / ToPeSA est avec le Peuple
- Le PCT est contre le Peuple
Il n’existe pas de troisième voie lorsque l’État est confisqué et que le peuple est maintenu dans la peur et la misère.
57 ans de pouvoir du PCT : un bilan accablant
Le bilan de 57 années de pouvoir du PCT, dont 42 années sous Denis Sassou Nguesso, est sans appel.
Le Congo a été méthodiquement affaibli par une gouvernance contre le peuple, fondée sur :
- la répression politique ;
- les exécutions sommaires et extrajudiciaires ;
- la violation systématique des droits humains ;
- l’endettement massif sans bénéfice pour la population.
Une crise sociale et économique devenue structurelle
Les conséquences sont aujourd’hui visibles et vécues par l’ensemble du peuple congolais :
- crise sociale, économique et morale sans précédent ;
- manifestations et grèves répétées ;
- arriérés de salaires accumulés sur plusieurs années ;
- pensions de retraite impayées ;
- bourses étudiantes suspendues pendant de longues périodes.
Aveu officiel d’une faillite économique
« Notre pays traverse une réelle situation de crise. Payer les salaires tous les mois relève d’une véritable acrobatie. Faire face à nos obligations internationales est un vrai casse-tête. Financer notre avenir — j’insiste, l’avenir de nos enfants — est un casse-tête qui ne peut se résoudre que par une prise de conscience. » — Ministre des Finances
Cet aveu public confirme l’échec profond du système PCT.
Le clan-PCT : confiscation du pouvoir et des richesses
Pourquoi soutenir encore pour cinq ans un pouvoir qui gouverne contre le peuple, au profit d’un cercle restreint communément appelé le clan-PCT ?
Ce clan, dirigé par Denis Sassou Nguesso, comprend notamment – liste non exhaustive – :
- Isidore Mvouba
- Anatole Collinet Makosso
- Thierry Moungalla
- Florent Tsiba
- Pascal Tsaty Mabiala
- Pierre Ngollo
- Pierre Moussa
- Pierre Mabiala
Pendant que le peuple s’appauvrit, ce clan accapare l’État et les ressources nationales.
Président, franc-maçon : une trahison des principes
Est-ce ainsi
qu’agit un président ?
Est-ce ainsi qu’agit un franc-maçon ?
Un président ne
dépouille jamais son peuple.
Un franc-maçon ne réduit jamais un peuple en esclavage.
La TPSA / ToPeSA : le choix du peuple
La TPSA / ToPeSA est du côté du peuple.
Elle propose la restauration de l’État, condition essentielle :
- de l’unité nationale ;
- de la justice sociale ;
- du redressement économique ;
- de la dignité collective.
Une fracture morale insoutenable
Pendant que le peuple peine à acheter une portion de manioc et un morceau de poulet congelé pour les fêtes, le clan-PCT festoie dans l’indécence, jetant les restes dans les poubelles.
Cette fracture
morale n’est plus supportable.
Elle appelle une rupture politique claire et responsable.
Chacun doit faire son choix, en son âme et conscience, sans préjugés, sans manipulation, sans peur.
La TPSA /
ToPeSA fait clairement le choix du peuple.
Elle propose la restauration de l’État, socle indispensable de l’unité
nationale, de la justice sociale et du redressement durable du Congo.
Cette restauration permettra au Congo de renouer avec une diplomatie crédible, ambitieuse et respectueuse, fondée sur des partenariats équilibrés avec l’Union européenne, les États-Unis, la Russie, la Chine, Israël, l’Arabie saoudite, ainsi qu’avec les pays frères d’Afrique.
Elle vise également à réaffirmer la vocation naturelle du Congo comme pays de transit stratégique en Afrique centrale, en reconstruisant des relations solides et apaisées avec la République démocratique du Congo, État frère avec lequel nous partageons des liens ancestraux, forgés dès les origines de nos indépendances par les présidents Joseph Kasa-Vubu et Fulbert Youlou, ainsi que par le Premier ministre Moïse Tshombé.
C’est par cette vision nationale, ouverte sur le monde et enracinée dans notre histoire commune, que le Congo pourra retrouver sa place, sa dignité et son rôle stratégique au cœur de l’Afrique centrale.
Modeste
Boukadia
Président du CDRC – Une Nation Pour Tous
Le 24 décembre 2025
L'impératif de la TPSA / ToPeSA
"Quand la dignité devient une urgence politique
Alors que la question de la sortie de crise politique au Congo devient de plus en plus pressante, ce texte interpelle les responsabilités nationales et internationales face à l’impasse actuelle. Il rappelle que la violence, la division et l’incertitude ne sont pas une fatalité, et que seule l’unité du peuple congolais, autour d’une transition politique structurée comme la TPSA / ToPeSA, peut ouvrir la voie à la restauration de l’État, à la dignité nationale et à un avenir commun."
Lors d’échanges diplomatiques marquants, le président Donald Trump a estimé qu’il serait sage, pour certains dirigeants contestés, de quitter le pouvoir dans la dignité plutôt que d’attendre une issue plus brutale. Cette position a notamment été évoquée à propos du président vénézuélien Nicolás Maduro.
Dans ce même esprit, lors de la cérémonie de la résurrection de Notre-Dame de Paris, le président Donald Trump avait invité le président Emmanuel Macron à favoriser une sortie digne de Denis Sassou Nguesso, avant que l’histoire ne s’en charge de manière moins honorable. Cette séquence pose une question simple et centrale : jusqu’à quand la France laissera-t-elle le Congo dans l’incertitude politique actuelle ?
Plus que jamais, toutes les régions et tous les groupes ethniques du Congo, sans aucune exception — y compris le groupe Mbossi —, sont concernés par la situation actuelle. Tous ont subi, à des degrés divers, la même violence du système PCT. Personne n’a été épargné. La répression, l’arbitraire, l’humiliation et la peur ont frappé indistinctement.
Ce qui brise l’unité nationale n’est ni un peuple ni une communauté, mais un système. Un système incarné par Denis Sassou Nguesso, responsable de la violence politique exercée à travers le PCT et ses instruments, notamment la DGSP.
Face à cette réalité, l’heure n’est ni à la résignation ni à la division. L’unité nationale est une nécessité historique.
C’est pourquoi j’en appelle à toutes les Congolaises et à tous les Congolais :
Tous ensemble, allons vers la TPSA / ToPeSA, voie de la restauration de l’État, socle indispensable de l’Union nationale et de la réconciliation avec notre avenir.
Dans cet esprit de responsabilité et d’espérance, je vous souhaite à toutes et à tous de très belles fêtes de Noël et de fin d’année.
Modeste Boukadia
Président du CDRC – Une Nation pour Tous
Le 23 décembre 2025
Lire la suite ici : https://cdrc-cg.com/2025/12/23/limperatif-de-la-tpsa-topesa/
Interview de Modeste Boukadia, président du CDRC (quatrième et dernière partie)
Penser l’après-Sassou : entre diaspora, rapport de force et transition
Au cœur de cette quatrième et dernière partie de l’interview de Modeste Boukadia, président du C.D.R.C., se trouve une question qui, depuis des années, fait couler beaucoup d’encre et de salive : celle de la légitimité et de l’efficacité de l’action politique menée depuis la diaspora. S’y ajoutent les mécanismes de structuration d’un mouvement politique évoluant sous contrainte répressive, ainsi que le projet ToPeSA, pensé comme un instrument de refondation de l’État et de préparation méthodique de l’après-Sassou. Loin des discours émotionnels, des slogans creux ou des promesses électoralistes, Modeste Boukadia développe une vision politique fondée sur la conscientisation citoyenne, la construction d’un rapport de force durable et l’anticipation responsable de la transition. Cette ultime séquence offre ainsi une lecture lucide des voies possibles de la rupture politique au Congo, en redonnant au peuple congolais un rôle central : celui d’acteur conscient, organisé et déterminé de son propre destin, dans un monde globalisé où les décisions qui impactent le Congo se prennent aussi hors du territoire national.
Question: Comment faites-vous votre politique en étant basé à l’extérieur du Congo ?
Réponse : Il faut d’abord rappeler une vérité simple : la politique ne s’arrête pas aux frontières géographiques, surtout dans un monde globalisé où les décisions qui impactent le Congo se prennent aussi hors du Congo. Notre action depuis l’extérieur repose sur trois piliers :
- Structuration politique : organisation, réflexion stratégique, élaboration de propositions concrètes comme le ToPeSA, qui vise la restauration de l’État et la refondation des institutions ;
- Consultation et échanges en vue de convergence d’analyse et d’action des autres acteurs politiques et associatifs congolais
Le travail d’influence : interpellation des partenaires internationaux, des médias, des organisations de défense des droits humains, afin de rompre le silence et l’indifférence ;
- Préparation de l’alternative : penser le Congo de demain, former les cadres, anticiper les politiques publiques, pour que le changement ne soit pas improvisé.
Être à l’extérieur n’est donc pas une fuite ni un manque de courage. C’est un choix stratégique imposé par un contexte politique répressif qui, finalement, nous permet de nouer de solides relations avec les partenaires notamment dans le cadre des nouveaux enjeux géopolitiques et géostratégiques avec le retour du Leadership des Etats-Unis qui influence la politique mondiale. De nouveaux rapports de force se sont créés et chacun veut être présent en Afrique d’une manière ou d’une autre. Aussi, quoiqu’imposée par le système politique de Brazzaville, notre présence en Europe et sur les autres continents est un atout car nous pouvons dialoguer et expliquer notre vision du Congo et de l‘Afrique auprès de nos partenaires.
Question: Quels mécanismes utilisez-vous pour rester en contact avec vos militants et suivre la situation politique dans le pays ?
Réponse: Après les poursuites et incarcérations auxquelles les membres du CDRC, moi-même compris, avions été l’objet, nous avons pris le soin de mettre en place une organisation décentralisée et résiliente, adaptée à un contexte de surveillance et de répression.
Concrètement cela se traduit par :
- - des cellules locales autonomes, capables de fonctionner sans exposition inutile ;
- - des canaux de communication sécurisés, pour protéger les militants ;
- - un système de remontée d’informations venant du terrain : situation sociale, politique, sécuritaire ;
- - des réunions régulières à distance pour coordonner les actions et harmoniser les positions.
Cette organisation permet à la fois la continuité politique et la protection des femmes et des hommes engagés sur le terrain.
Question : Comment assurez-vous que votre action hors du territoire ait un impact concret sur le terrain et sur les Congolais ?
Réponse : L’impact ne se mesure pas uniquement par la présence physique, mais par les effets produits.
Notre action a un impact concret à plusieurs niveaux :
- Sur les consciences : en brisant la résignation et en redonnant un cadre d’analyse politique aux Congolais et en échangeant avec ceux de nos compatriotes à l’intérieur du pays. Je peux vous assurer par ailleurs que, eux, adhèrent à la nécessité de ToPeSA pour sauver ce qui doit l’être sur l’étendue de notre pays ;
- sur l’organisation citoyenne : en structurant une mobilisation qui ne dépend pas d’un homme mais d’une vision collective comme l’attestent les réunions que nos membres tiennent dans toute l’étendue du pays ;
- Sur le rapport de force : en documentant les dérives du régime, en exposant les fraudes, en mettant une pression morale, politique et internationale.
Je souligne encore une fois que le ToPeSA n’est pas un slogan ni une agitation extérieure. C’est un socle stratégique destiné à préparer la restauration de l’État, à créer les conditions d’un investissement public efficace, et à offrir des solutions concrètes à la crise sociale, économique et politique que traverse notre pays le Congo.
Notre objectif n’est pas de faire de la politique de témoignage, mais de préparer un changement réel, durable et maîtrisé.
Question : 1. En dehors des élections, quelle est l’autre voie que le ToPeSA propose pour créer une rupture politique au Congo, c’est-à-dire faire partir Denis Sassou Nguesso ?
Réponse : Il faut d’abord être honnête avec notre peuple : Denis Sassou Nguesso ne partira pas par les urnes telles qu’elles existent aujourd’hui. Croire le contraire, c’est entretenir une illusion qui nous a déjà coûté des décennies d’errances stratégiques et des vies humaines.
L’alternative que propose le ToPeSA est celle d’une rupture politique par la restauration de l’État, à travers un processus de transition fondé sur la légitimité populaire et la pression citoyenne organisée.
Cette rupture ne passe ni par un putsch, ni par une insurrection aveugle, mais par :
- - la conscientisation des Congolais sur l’avenir de leurs enfants et leurs petits-enfants
- - la perte progressive de la légitimité interne du régime ;
- -la délégitimation externe, par la mise à nu de ses pratiques ;
- -la construction d’un rapport de force national, social, économique et politique.
Quand un pouvoir n’a plus de légitimité, plus de crédibilité et plus de capacité à gouverner, il devient insoutenable, même pour ses soutiens. C’est pourquoi nous agissons au niveau de nos partenaires à plusieurs niveaux.
Question: Comment mobilisez-vous les citoyens autour de ces alternatives et quel rôle peuvent-ils jouer concrètement ?
Réponse: La mobilisation que nous prônons n’est pas émotionnelle, elle est consciente et structurée. Concrètement, les citoyens ont trois rôles essentiels :
- - S’approprier la compréhension du problème, en sortant du débat ethnique et des querelles de personnes ;
- - S’organiser localement, dans les quartiers, les milieux professionnels, les syndicats, les associations, la diaspora ;
- - Agir de manière coordonnée, pacifique mais déterminée.
Le citoyen n’est pas seulement appelé à voter tous les cinq ans.
Son rôle est plus large, central et consisterait à :
- - refuser la normalisation de l’inacceptable ;
- - documenter les injustices ;
- - soutenir les actions collectives ;
- - participer à la construction de solutions alternatives.
C’est cette masse critique organisée qui rend possible la rupture.
Question: Quelles sont les stratégies du ToPeSA pour influencer le changement politique sans dépendre exclusivement des scrutins électoraux ?
Réponse : Notre stratégie repose sur plusieurs leviers complémentaires :
- - Le levier intellectuel et pédagogique : expliquer, former, déconstruire la propagande et redonner aux Congolais les outils de compréhension politique, ce rôle est celui de tous, sachants, formateurs, juristes, intellectuels, libres-penseurs, etcetera ;
- - Le levier social : mettre au centre les questions vitales — salaires, pensions, santé, éducation — pour montrer que le problème est systémique ;
- - Le levier institutionnel : préparer l’architecture de l’État de demain, pour prouver que nous ne sommes pas dans la contestation stérile mais dans la proposition ;
- - Le levier diasporique et international : utiliser la liberté d’expression à l’extérieur pour faire pression, alerter et briser le mur du silence en utilisant au mieux les réseaux sociaux ;
- - Le levier citoyen : encourager des formes de résistance pacifique, coordonnées et responsables.
Le ToPeSA ne cherche pas le pouvoir pour le pouvoir. Il prépare avec courage l’après-Sassou, pour éviter que son départ ne débouche sur le chaos, que de son coup d’État devenu permanent, s’en succède un autre, que la vengeance ne caractérise la finalité des luttes pour lesquelles nombreux éminents congolais ont été sacrifiés.
La rupture politique ne viendra donc pas d’un bulletin de vote isolé. Elle viendra d’un peuple conscient, organisé et déterminé, capable d’imposer une transition historique. Le ToPeSA est un outil. Le peuple congolais en est la force.
Serge Armand Zanzala, Écrivain, chercheur, citoyen engagé, Directeur de La Société Littéraire, Initiateur du projet Kongo Ya Sika
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